Tag Archives: Versailles

Le bon point de la semaine #2

16 Mai

par Aurore.

Mal-aimée par Kate Barry « L’écorcée » : Mal-aimée, c’est une toute jeune marque, le fruit d’un duo franco-suisse, Marius Borgeaud et Léonie Hostettler. Je les ai découverts à la Fashion Week, Printemps/Eté 2011. Dans un salon privé du Crillon, ils ont présenté leur collection, j’ai pris des photos, grâce auxquelles je suis rentrée en contact avec ces deux talents. Aujourd’hui, Mal Aimée a bien grandi, maintenant ils habillent la nouvelle miss Météo de Canal +, Lana Del Rey et Charlotte Gainsbourg. Vous devez le savoir, Charlotte Gainsbourg a deux sœurs (mais méfiance, les patronymes sont trompeurs), Kate Barry est l’une d’elle. Cette photographe a craqué pour la marque et elle en a tiré une vidéo : toujours dans l’esprit arty/branchouille, les poses sont simples, les plans sont coupés, le montage est nerveux ! L’originalité et la subtilité des pièces transparaissent bien sur le corps en mouvement de la belle Alexandra Bansch. D’autant plus que le son, « La forêt » de Lescop, me semble être une autre bonne découverte. Beaucoup de choses à retenir pour ce premier bon point de la semaine, mais les croisements interdisciplinaires, qu’est-ce que vous voulez, c’est ma came !

Ariane Page Russell : Cette semaine, j’ai aussi découvert une artiste américaine qui utilise son propre corps comme matière première. Elle souffre d’une mini pathologie (que des gens très bien ont, et toc!) la dermographie : une hypersensibilité de la peau qui lui permet de dessiner dessus et créer des petits reliefs. C’est éphémère, et indolore. Rigolo, quoi !

source : YKW.fr

En bref, Versailles fait encore parler de lui grâce à un buzz tout frais, à voir ici. Bon, et pour ceux qui ne sont vraiment au courant de rien, je vous rappelle que le Festival de Cannes commence aujourd’hui. Pour sa 65ème édition, c’est Marilyn qui fait l’affiche. Cette saison, la maitresse de cérémonie est la douce Bérénice Bejo (The Artist, pour les incultes), que vous pourrez découvrir dès ce soir dans la cérémonie d’inauguration. En suivra la projection du film d’ouverture qu’il ne faut absolument pas laisser passer : Moonrise Kingdom, le dernier opus de Wes Anderson (dont la fabuleuse Famille Tenenbaum hante encore nos esprits) réunit un casting hors pair qui nous fait baver depuis plusieurs mois déjà ! A noter aussi la sortie du dernier Audiard, De rouille et d’os qui s’annonce bien lourd et plombant, Audiard quoi. Mon dernier conseil ira au film de clôture : Cosmopolis, de Cronenberg (History of Violence, A dangerous method) où le vampire puceau de Twilight sort enfin les crocs ! (pour les fans pur sang de Twilight (s’il y en a), je sais qu’Edward n’est pas puceau, mais bon il le mériterait franchement)

Bien sûr, on ne finit pas ce mercredi sans savoir que Jean Roch (prêtre en chef des soirées cannoises, entre autres) fête son retour dans la musique (grâce à une campagne de pub gigantesque, donc inversement proportionnelle à la qualité de son œuvre ). Une bien belle relève donc après l’annonce du départ en retraite de David Guetta. Ironie, quand tu nous tiens.

Source : Madmoizelle, Youknowweb, Purple

Publicités

Le planning #1

7 Nov

Une sélection d’expositions à ne pas rater sur Paris et ailleurs, en Novembre et Décembre (en plus de toutes celles dont on vous fait un compte rendu bien sûr !)

La cité interdite au Louvre, jusqu’au 09 Janvier 2012 – Musée du Louvre, Paris.

Le musée monde, J.M.G. Le Clézio invité au Louvre, jusqu’au 6 Février 2012 – Musée du Louvre, Paris.

Marteen Baas, les curiosités d’un designer, jusqu’au 12 Février 2012 – Musée des Arts Décoratifs, Paris.

Goudemalion, Jean-Paul Goude une rétrospective, jusqu’au 18 Mars 2012 – Musée des Arts Décoratifs, Paris.

Beauté, morale et volupté dans l’Angleterre d’Oscar Wilde, jusqu’au 15 Janvier 2012 – Musée d’Orsay, Paris.

Maori, jusqu’au 22 Janvier 2012 – Musée du Quai Branly, Paris.

Elles changent l’Inde, jusqu’au 8 Janvier 2012 – Musée du Petit Palais, Paris.

Boris Vian, jusqu’au 15 Janvier 2012 – BnF, site François Mittérand, galerie François Ier, Paris.

Paul Klee, polyphonies, jusqu’au 11 Décembre 2011 – cité de la Musique, Paris.

Edvard Munch, l’œil moderne, jusqu’au 09 Janvier 2012 – Centre Pompidou, Paris.

Yayoi  Kusama rétrospective, jusqu’au 09 Janvier 2012 – Centre Pompidou, Paris.

Décor et installations, jusqu’au 15 Avril 2012 – Galerie des Gobelins – Paris – Beauvais

Le château de Versailles raconte le Mobilier National, jusqu’au 11 Décembre 2011 – Château de Versailles.

La Biennale de Lyon, jusqu’au 31 Décembre.

Klein + 10 collectionneurs, jusqu’au 31 Décembre 2011 – Galerie Le Réverbère, Lyon 1.


Planche(s) contact 2011, jusqu’au 27 Novembre 2011 – Deauville

L’art du costume de la Comédie Française, jusqu’au 31 Décembre 2011 – Centre National du Costume de Scène, Moulins.

Les dessins au pinceau de Matisse, jusqu’au 19 Février 2012 – au musée départemental Matisse au Cateau-Cambrésis.

Robes à panier et habits rayés, osez le XVIIIe

4 Oct

Le XVIIIe au gout du jour, du 8 Juillet au 9 Octobre, au Grand Trianon, Versailles

En partenariat avec le musée Galliera

Par Aurore.

Versailles, au premier abord ça fait peur. Des noms comme Le Nôtre, Le Brun, Le Vau, Mansart… Le siège de la monarchie, rien que ça ! Mais Versailles c’est surtout un haut lieu de la culture, réunissant des collections incroyables allant de la porcelaine au mobilier, en passant par la peinture et les antiques. Ce sont des espaces exceptionnels où les expositions les plus expertes et les plus ambitieuses sont montées. Avec la fermeture au public du musée Galliera, des robes XVIIIe se sont emparées du Grand Trianon. Retour sur une escapade aux airs de revival.

Depuis la fin de l’exposition « Sous l’Empire des crinolines » en Avril 2009, le palais Galliera est fermé au public. Le musée a toujours été ouvert exclusivement pour des expositions temporaires et nous allons devoir attendre 2013 pour avoir le bonheur de s’y promener encore. En attendant, les équipes du musée ont su nous faire patienter en multipliant les partenariats et les expositions hors les murs, dont celle de Versailles semble être le point d’orgue.

Le concept est simple : présenter une sélection de tenues du XVIIIe et mettre en valeur les parallèles entre cette mode et la création des XIXe, XXe et XXe siècles.

Pièces du XVIIIe siècle et robes Chanel, 1985, 1992 et 2005 © Christian Milet

L’exposition est extrêmement didactique. Pour les plus grands, les cartels sont une source indispensable. Bon d’accord, la date, la provenance, la matière et si on le connaît le créateur de la pièce restent des informations traditionnelles sur un cartel d’exposition. OK ! Mais là où cette exposition fait fort c’est que ces fabuleux cartels déclinent aussi clairement les particularités des robes qui sont présentées devant vous. Si vous êtes entrés dans l’exposition en vous demandant ce qu’était une robe à l’anglaise, des manches pagodes, ou un habit à la française. Vous en sortirez bien enrichis ! Aussi, si vous êtes avec des petits, ou que vous aimez lire les brochures destinés aux plus jeunes, vous risquez de vous éclater : le musée met à disposition des lexiques et des questions pour aider les plus jeunes, d’abord à s’intéresser, mais aussi à comprendre ce qu’ils voient.

Difficile de parler du lieu en mal : le Grand Trianon ce « petit palais de marbre rose et de porphyre avec des jardins délicieux » comme nous le décrit Jules-Hardouin Mansart représente l’écrin parfait pour cette exposition raffinée. Le jardin aux couleurs pastel s’accorde avec les marbres des murs et les tentures des pièces. Même si Napoléon a fait de nombreuses modifications pour s’y installer avec Marie-Louise, on y retrouve toujours le calme et la douceur de ces bâtiments royaux champêtres.

Si on fait le bilan, on a une sélection de pièces piochée parmi une des meilleures collections du monde, un lieu idyllique et approprié et une exposition parfaitement bien adaptée à son public. Mais le propos, les robes, le XVIIIe et le goût du jour, qu’est qu’on peut en dire ?

Patience, j’y arrive.

Comment vous résumer le XVIIIe siècle en quelques lignes (impossible, mais non jamais !). Bon asseyez-vous, on commence la partie la plus fun : pensez XVIIIe. PAF, arrêtez-vous qu’est-ce que vous avez en tête ? La princesse Palatine, Marie Leczinska, oui Marie-Antoinette bien sûr, des révolutionnaires, oui, Joséphine, hop hop hop, STOP là, on dépasse.

Reprenons, le XVIIIe pour les robes des femmes, c’est la suite du XVIIe (faut pas croire c’est pas toujours comme ça). On finit le siècle avec l’apparition du manteau qui crée un relief sur le haut de la jupe, la taille est toujours plus comprimée et les épaules sont moulées, le décolleté est carré, le buste émerge de la jupe. Au XVIIIe, on va avoir deux grandes étapes, les années 1730-60 avec la robe à la française puis les années 1770, le succès grandissant du coton et l’apparition de robes multipliant les nuances et les fantaisies. Le théâtre et l’exotisme ont eu raison des robes de cour. Les robes XVIIIe évoluent autour de plusieurs caractéristiques et c’est elles qui seront reprises par les créateurs plus tard.

Robe à la française 1750 soie cannetillée © EPV / J-M Manaï, C Milet.

D’abord le plus évident : le corset à baleines et les paniers bien sûr. Sans entrer dans les détails, on retrouve une silhouette avec un volume réparti de part à d’autre d’une taille fine. Les robes sont coupées dans des soies, souvent façonnées (tissage complexe, à deux armures minimum), on retrouve des motifs de fleurs, puis plus tard des motifs plus libres et imaginaires. Le coton est aussi une matière incontournable du siècle, blanc, imprimé, ou peint, il gagne toute la garde robe. Les robes à la françaises, leurs manches et leur décolleté, se parent de falbalas, rubans et chenilles. La broderie est à son apogée, sur les vêtements féminins comme les vêtements masculins.

Habit d'homme 1785 pékin rayé © EPV / J-M Manaï, C Milet.

Non non, je n’ai pas oublié les vêtements d’homme et l’exposition non plus, au XVIIIe, on porte un habit, c’est un ensemble de trois pièces : la culotte, le gilet et l’habit. Sans chipoter sur les noms (le gilet a eu été la veste, et l’habit le justaucorps ) on a une tenue stable, elle s’est formé au XVIIe : au XVIIIe sa composition et ses formes sont posées, puis on ira vers une simplification des lignes. La culotte se colle à la cuisse, le gilet est coupé droit, l’habit se projette vers l’arrière, le col monte, les manches suivent la forme d’un bras plié. Les tissus sont du pékin, du velours, les motifs sont extrêmement fins, puis le coton va faire son apparition. La fin du siècle sera marquée par les broderies et le motif de la rayure.

Bon maintenant, vous pensez mode contemporaine : Comment du XIXe au XXIe les créateurs et les modes ont réinterprété ces formes extrêmement féminines ?

Robe de ville 1850 - habit d'homme de 1780 recoupé en veste de femme 1897 © EPV / J-M Manaï, C Milet.

D’abord le second Empire et ses crinolines, on retrouve les idéaux de ce XVIIIe de représentation et de faste. Les femmes veulent renouer avec cette culture élitiste de l’habillement et des codes sociaux. Avec les années 1920 et les robes de style créées par Jeanne Lanvin, on retrouve le volume tantôt soutenu par les paniers : la robe de Boué Sœurs de 1924 illustre cette tendance, les robes sont plus courtes, le buste est lache, la taille est basse, mais la jupe s’inspire clairement du XVIIIe.

Robe de style Boué soeurs 1924 - Balmain Printemps/Eté 1954 - Christian Dior Printemps/Eté 1954 © EPV / J-M Manaï, C Milet.

Oui oui, je vous entend : Bien sûr, les silhouettes extra-féminines des années 1950, le buste est contraint, la jupe est formé par des métrages incroyables. Opulence, richesse et panache chez Balmain et Dior, deux robes du Printemps/Eté 1954.

Nicolas Guesquières pour Balenciaga 2006 - Azzédine Alaia 1992 © EPV / J-M Manaï, C Milet.

Vivienne Westwood et Christian Lacroix sont des créateurs dans lesquels on reconnaît bien les volumes et l’exubérance du XVIIIe. Mais l’exposition met aussi la lumière sur des créateurs pour lesquels le XVIIIe reste une influence plus subtile. Nicolas Guesquières réinterprète avec sa collection « petit Marquis » les lignes des hommes et femmes de ce Siècle des Lumières, avec finesse et subtilité. Mais c’est surtout Martin Margiela et ses manches coupées nettes, sa ceinture marquée au scotch qui déroute le spectateur.

Yohji Yamamoto 2000, 2001 et 2003 © EPV / J-M Manaï, C Milet.

Toujours fidèle à ses recherches et questionnements, Yohji Yamamoto déconstruit. Il fait souffrir les beaux tissus et il maltraire les formes pleines et rondes des paniers. Enfin Chanel par Karl Largefeld et Dior par John Galliano donne dans les années 2000 en donne une version romantique.

Vivienne Westwood 1991 – Dior par John Galliano Printemps/Eté 2011 © EPV / J-M Manaï, C Milet.


Le conseil du Point C :

Ne tardez plus, courrez à Versailles, il ne vous reste plus qu’une semaine. Sinon, vous pouvez aussi vous procurer (ou aller feuilleter dans toute bonne bibliothèque) le catalogue de l’exposition.

En bref, on aime

–        la présentation claire des parallèles entre XVIIIe et mode contemporaine

–        l’éclairage moderne et la proximité avec les robes

–        la sélection des pièces du musée Galliera

–        la découverte sous un nouvel angle du Grand Trianon


On n’a pas aimé

– que l’expo ne dure pas plus longtemps

Quelques liens pour aller plus loin :

http://www.vogue.fr/vogue-a-versailles  

http://www.chateauversailles.fr/resources/pdf/fr/actualites/depliant_18.pdf 


Quelques conseils de lecture :

Histoire idéale de la mode contemporaine, Olivier Saillard

Histoire du costume en Occident, François Boucher


Mais aussi, à voir :

Hussein Chalayan, récits de mode au musée des Arts Décoratifs, jusqu’au 13 Novembre

Le château de Versailles vous raconte le mobilier national, jusqu’au 11 Décembre

Quelques définitions pour les plus curieux :

La robe à la française : elle apparait dans les années 1740, elle se reconnait au plis plats montés à partir de l’encolure, ils s’épanouissent et donne toute son ampleur à la robe.

L’habit d’homme : il apparait au XVIIe et désigne la tenue complète de l’homme, se décomposant donc en plusieurs pièces. Au milieu du XVIIIe, c’est le justaucorps qui prend ce nom d’habit. L’habit à la française va alors rester la tenue des hommes élégants jusqu’au XIXe.

Le panier : jupes de dessous tendus de cercles de bois, d’osier ou de métal. Ils apparaissent dans les années 1720 et demeurent jusqu’à la Révolution en prenant différentes formes. Ne pas confondre avec la crinoline qui sera exclusivement portée sous le Second Empire.

Le coton au XVIIIème siècle : d’abord produit exotique, le coton va être tissé et filé en Europe. Il passe rapidement des gardes-robe modestes à celles des riches aristocrates. On le retrouve comme garniture des robes, broderies, il est utilisé pour les femmes comme pour les hommes. Son usage est consacré avec la Révolution Française. Facile à nettoyer, à conserver et à teindre, il devient le matériau idéal pour être à la mode !