Tag Archives: photographie

Le bon point de la semaine #27

14 Nov

par Aurore.

Le jour d’après : vous avez sûrement tous vu ce chef d’œuvre du cinéma américain. Ou alors avez-vous préféré vous consacrer entièrement à 2012 ? Dans tous les cas, vous voyez où je veux en venir : nous sommes quasiment à un mois pile de la fin du monde, et ça s’annonce pas très bon pour nous. La nature reprend ses droits (phrase extraite de « C’est pas sorcier » édition 1998) et nous fait payer toutes nos erreurs. En plus clair, l’ouragan Sandy a ravagé une partie du monde, laissant la métropole la plus cool du monde sans électricité, alors que la traditionnelle Aqua Alta vénitienne prenait des tournants apocalyptiques. Enfin pas pour tout le monde. J’ai donc sélectionné pour vous quelques reportages photos aussi forts que surprenants.

Le New Yorker en tête, le Denver Post, enfin BuzzFeed fait un condensé de plusieurs photos fortes mais propose aussi un florilège des présentateurs météo (littéralement) soufflés par le temps. Mais c’était sans compter les fausses photos diffusées sur le net pour l’occasion.

Source : boston.com « A view of Piazza San Marco and the Doge’s Palace (right) taken during floods on December 1, 2008 in Venice, Italy. (ANDREA PATTARO/AFP PHOTO/AFP/Getty Images) »

Source : boston.com « Duncan Zuur of the Netherlands rides a wakeboard across flooded Piazza San Marco in Venice, December 2, 2008. (REUTERS/Handout/Euro-Newsroom.com/Joerg Mitter) « 

Il y avait aussi Venise, la place Saint Marc et tous ses trésors ensevelis sous 1m 40 d’eau. Ça a l’air plutôt drôle quand on regarde certains touristes, mais on imagine bien que les locaux se fendent moins la poire. Quelques preuves ici,  sur le site web du journal Le Temps et sur le site du Nouvel Obs.

Obama 12’ : bon la semaine dernière n’a pas été totalement négative, les Etats Unis ont réélu Barack Obama. Oui, je pense bien que vous le saviez, mais je voulais partager avec vous deux découvertes plutôt rigolotes. La première c’est le compte Flickr de la Maison Blanche (oui oui) et la photo qui témoigne de la réaction du couple Obama/Biden, les hommes sont sobres, et les brushings se congratulent, bienvenue dans l’Amérique progressiste.

Mais la victoire d’Obama, c’est aussi la longue campagne américaine, et le Guardian a publié un « graphic novel » qui vous coupera la chique, alors scrollez et profitez.

En bref, un reportage éloquent sur les effets d’une mission militaire en Afganistan. Lalage Snow a réalisé des triptyques réunissant trois images d’un même soldat, avant, pendant et après son retour d’Afganistan.

© Lalage Snow – Source : ABC news

Entre l’avant et l’après, les visages sont affutés, ils ont muri, mais surtout c’est le regard perçant et toujours prêt de ces soldats une fois sur le terrain qui nous glace le sang. « We’re not Dead » c’est le titre tout aussi révélateur de cette série.

Autre info, autre ambiance : le 10 Novembre dernier, était inaugurée l’exposition « La petite veste noire » par Karl Lagerfeld et Carine Roitfield. Photos, people, évènements. Tout y est. Retrouvez les autres expositions dans le monde, mais aussi toutes les infos sur l’exposition parisienne : ici.

Georgia May Jagger © Karl Lagerfeld – Chanel

Daphné Guiness © Karl Lagerfeld – Chanel

Elle Fanning © Karl Lagerfeld – Chanel

On termine sur une note encore plus futile : dès demain, vous pourrez retrouver la collection Martin Margiela pour H&M en boutiques. Et aussi, on vous avait annoncé la première collection de prêt-à-porter de Repetto, et Ô joie : la première pièce a été dévoilée hier.

Source : L’Officiel.fr

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Le bon point de la semaine #26

7 Nov

par Aurore.

Et oui, j’ai le regret de vous annoncer que l’on ne peut pas être au top tous les jours. Et mercredi dernier, j’ai failli à la mission divine que l’on m’avait confié. Mais je suis de retour, et ça va envoyer des buchettes (ça va essayer en tous cas !).

Marion Cotillard x New Lady Dior x Jean-Baptiste Mondino : après une performance qui a ébranlé le cinéma dans le dernier Batman, Marion Cotillard a quitté son poncho de combattante des forces de l’ombre, et revient aujourd’hui dans son meilleur rôle, celui d’égérie Dior. La nouvelle collection Lady Dior a été shootée par Mondino dans les Hamptons, destination favorite des riches américains. La campagne est déjà visible dans les magazines, mais vous pouvez découvrir sur internet une vidéo des backstages de cette séance «the light is perfect ».

Mais Dior, c’est aussi un reportage dit « Lady Dior web documentary » dans lequel Marion nous emmène dans les ateliers de la maison et nous donne les bases de la silhouette du maitre. Hum. On est perplexes sur l’interêt de l’avis de Marion sur le tailleur Bar ou le retour de la taille marquée au milieu du siècle, mais une ballade dans les ateliers Dior ne se refuse pas.

Au passage, je vous remets la campagne Lady Dior de l’année dernière, parce qu’elle était assez drôle, et que l’humour se fait de plus en plus rare les amis. Alors profitons tant qu’il est encore temps ! 

Dernière info sur Dior (tant qu’on y est), ils ont dévoilé leur dernier accessoire : des tatouages temporaires. Oui, comme les tatouages Malabar quand on était petits. Je ne suis pas sûre s’ils se posent aussi avec une éponge humide, en tous les cas, ce que je sais c’est que ça doit faire mal au cœur de les enlever. Oui, car ce sont des tatouages en or. Oui, or. 24 carats et 120$ plus tard, ils sont à vous. Pour quelques heures seulement.

 

Les culottes d’Hyppolyte : un joli projet photo à découvrir. La jeune fille a demandé à ses compatriotes de se dévoiler. Première réponse : non, évidemment. La majorité des filles détestent leurs jambes, leurs fesses, leurs genoux, etc. Mais une fois qu’Hyppolyte Prigent leur explique qu’on ne verra que leurs dessous et non leur visage, l’approche est différente. Le résultat en est une exposition douce et naïve, où on découvre ces modèles sous un nouvel angle. Sexy juste ce qu’il faut, innocent et audacieux, difficile de ne pas adhérer aux « culottes d’Hyppolyte ». Le projet a déjà été exposé à Lyon mais aussi au musée de la femme à Montréal.

 

En bref, #baldforbieber : le genre humain nous étonnera toujours, et la semaine dernière, il a fait fort. Des petits rigolos d’internet ont mis en ligne une info : « Justin Bieber a été diagnostiqué d’une tumeur, pour le soutenir, rasez-vous la tête ». L’info paraît absurde, mais elle est aussi confirmée par des reportages vidéos youtube, des brèves sur des sites divers et rapidement le hashtag #baldforbieber (chauve pour Bieber) devient le mot le plus utilisé sur Twitter. C’est alors que des jeunes gens passent à l’action et se rasent la tête, partgeant leur photo sur les réseaux sociaux. Pour une information qui était totalement fausse. Voilà, voilà.

On termine sur le clip qui a fait le buzz hier : la dernière création des Foals pour leur titre « Inhaler ». Il y a du bmx, des vans, des coupes de cheveux étranges, des chemises qui le sont encore plus et une pointe de poésie. On en demandait pas tant !

Retour(s) sur Gustave Le Gray au Petit Palais

20 Oct

Exposition Modernisme ou modernité. Les photographes du cercle de Gustave le Gray, 3 octobre 2012 – 6 Janvier 2013, Petit Palais.

par Ludo, Florian, Camille C. & Aurore C.

C’est au Petit Palais (oui celui en face du Grand !) que vient d’ouvrir la première grande exposition de ce Mois de la Photographie 2012 qui s’annonce des plus palpitants. En collaboration avec l’incontournable Maison Européenne de la Photographie, le musée des Beaux arts de la Ville de Paris nous propose cette étude fort attrayante des élèves et amis proches du photographe qui est sans doute le plus connu du XIXème siècle : Gustave le Gray.

En effet, après sa redécouverte initiée par les études et la fameuse vente de la collection André Jammes en 1999, puis par la grande rétrospective à la BNF en 2002 sous la houlette de Sylvie Aubenas, Le Gray est devenu la star des maisons de ventes affolant les compteurs et battant tous les records pour une photographie du XIXème siècle (917 000 euros pour des Bateaux quittant le port du havre à Vendôme le 18 Juin 2011).

Et en effet, le Gray, c’est LE maitre de la lumière, de la composition et du tirage et – pourquoi pas, osons le mot – de « l’instantané », rivalisant avec les grands maîtres de la peinture alors que la photographie n’est encore que dans son adolescence. L’exposition propose donc d’évoquer ce personnage incontournable de l’histoire de la photographie et surtout son héritage technique et artistique à travers 160 épreuves de lui-même et de ses élèves non moins célèbres, parmi lesquels Auguste Mestral, Charles Nègre, Henri le Secq, John Beasley Greene ou encore Adrien Tournachon

Gustave Le Gray et Auguste Mestral, Galerie du cloître de Moissac, 1851, Epreuve sur papier salé d’après un négatif papier, 25,1 x 34,8 cm, Paris © Paris, Collection Serge Kakou

L’équipe du Point C à visité l’exposition avec ses invités du soir …. Qui vous livrent leurs impressions :

Florian : « Grâce au concours organisé par Le Point C, j’ai eu la possibilité de participer au vernissage de l’exposition prenant pour thème central Gustave Le Gray, grand photographe du XIXème siècle. Notamment connu pour avoir réalisé le premier portrait de chef d’Etat (Napoléon III), l’artiste technicien a eu un fort impact sur le développement du médium photographique en formant la nouvelle génération de l’école de Clichy.

Modernisme ou Modernité, voilà le nom porté par cette toute nouvelle exposition présentée au Petit Palais. Or, de mon côté en tout cas, je n’ai pas ressenti la tension sous-entendue entre les termes durant la visite, pas de définition, deux ou trois allusions sur les cartels d’explications. Et là est le principal défaut de cette exposition, la scénographie. L’espace m’a paru relativement confus, l’unité dans les premières salles étant encore obscures pour moi, et dans les dernières uniquement axée sur les artistes formés par Le Gray, l’un après l’autre (catalogue), avec des effets de redondance dans les descriptions individuelles (même maître, mêmes techniques). Les cartels d’explication quant à eux restent de mon point de vue dans les généralités abstraites, quand une explication sur les différences entre négatif sur verre et sur papier aurait pu être par exemple développée, notamment pour la catégorie des  non-initiés dont je fais partie.

Il n’en reste pas moins que les œuvres présentées sont de qualité et que le fond de l’exposition est extrêmement intéressant : pour montrer l’importance de l’artiste, les commissaires d’exposition ne se sont pas contentés de présenter les photographies de l’artiste (les ont peut-être même trop marginalisée..), mais ont au contraire dévoilé la « descendance » qu’il a engendré et les pistes lancées aux générations futurs : assemblage de négatif, maîtrise du tirage ou même le concept de série.

Comme le signale le premier cartel, il n’est de toute façon pas possible de présenter en quelques salles tout l’impact qu’a pu avoir Gustave Le Gray, mais à trop vouloir généraliser, on tombe parfois plus dans le sentimental (formules emphatiques, etc.) que dans le caractère scientifique que l’on aurait pu attendre ici. Le concept de l’exposition reste toutefois intéressant et ce genre de manifestation doit de toute façon s’inscrire dans un espace et faire avec les contraintes (de taille ici) qu’il impose, un lieu rassemblant différents aspects de l’œuvre d’un artiste peut-il de toutes façons être totalement représentatif de son importance et de son impact sur les générations suivantes ?« 

Alphonse Delaunay, Type espagnol, 1854 Epreuve sur papier albuminé d’après un négatif papier, 17,5 x 12,5 cm © Collection particulière

Camille C. : « Il est, à mon goût, bien trop rare d’avoir la chance d’assister à une exposition de photographies du XIXème siècle (ou alors je ne sais pas où regarder… mais c’est une autre histoire). C’est pourquoi j’étais très fière d’assister en avant-première à l’exposition du Petit Palais sur Gustave Le Gray et ses comparses (bien que pour un vernissage, cela manquait de champagne et d’amuse-gueules !).

L’exposition vaut vraiment le détour, ne serait-ce, pour vous amis historiens, rien que pour redécouvrir le Paris en pleine transformation du Second Empire. Les clichés nous montrent une ville en mouvement, en particulier dans sa structure et dans son architecture et, assez paradoxalement, les photographes ne montrent que très peu – voire pas du tout – l’homme dans son environnement urbain. Et puis, si comme moi vous kiffez Napoléon III, sa vie, son œuvre, vous serez ravis de croiser Eugénie de Montijo au détour d’un mur !

Outre les infinies possibilités de recherche artistique qu’offrent la découverte et le développement de la photographie dans la première moitié du XIXème siècle, c’est surtout grâce aux expérimentations techniques que Le Gray et son petit groupe d’amis vont améliorer et diffuser le support photo non seulement dans le milieu des arts, mais aussi dans d’autres domaines du savoir, comme par exemple l’anatomie avec Adrien Tournachon, frère du célèbre Nadar, qui contribue aux expériences faciales du docteur Duchenne de Boulogne, ou encore l’archéologie.

Les photographes nous emmènent, d’un coup, très loin : les clichés de voyage rappellent le goût pour l’exotisme et l’inspiration qu’offrent les destinations nouvelles. Au-delà des « photos de vacances » (oui, je l’avoue, j’ai par moments eu cette impression…), c’est aussi un travail de recherche qui accompagne les esprits savants de l’époque : on rapporte de ces endroits de magnifiques clichés d’antiquités, qui permettent très certainement d’approfondir les découvertes archéologiques.

Enfin, on découvre quelques portraits, et quels portraits ! Nous assistons finalement à un spectacle vivant que fixe la photographie, tranchant avec le silence des photos d’architecture, avec des scènes de rues (vues sur la place de Clichy) ou encore plus solennelles, entre portraits officiels et, assez étonnant, les photos d’un mime.

Malgré mon enthousiasme pour cette expo, je dois, pour certains points, lui décerner un « peu mieux  faire ». Tout d’abord, l’écriture des panneaux, bien que complets et permettant de bien suivre le fil, qui est blanche sur fond violet foncé : ça pique mes petits yeux fragiles ! Ensuite, et c’est bien là mon plus grand regret, cela manque, en plus des clichés à proprement parler, d’objets qui permettraient de comprendre l’environnement de travail des photographes, l’évolution de leur matériel et de leurs procédés, mais aussi de saisir les termes techniques pour les pauvres néophytes comme moi (Qu’est-ce que du papier salé ? Hein ?)

Quoi qu’il en soit, c’est un véritable plaisir d’assister à une exposition qui offre à voir, en plus de la dimension artistique du cliché, toute la recherche technique qui lui précède ; ces expériences, sur un support nouveau et en plein essor, permettent de saisir les bases d’une photo réussie, entre cadrage, jeux d’ombres et de lumières, optimisation du sujet. En bref, le cliché photographique est conçu comme une véritable œuvre picturale. »

Adrien Tournachon, Taureau de Marienhof, Agé de 30 mois, présenté par M. Senekowitz à Saint Georgen, près Unmark (Autriche), 1856, Epreuve sur papier salé avec couche protectrice à la gélatine d’après un négatif verre, 29,5 x 22 cm © Bâle, collection Ruth et Peter Herzog

Aurore C. : « Oui, Gustave Le Gray, j’en avais forcément déjà entendu parler ; mais non, je n’avais encore jamais vu son travail; lacune heureusement disparue récemment (merci au Point C). Le Gray donc, mais pas seulement, puisqu’on découvre aussi à travers un agencement alambiqué des salles ses élèves : Delaunay, Nègre, Greene, … et surtout Adrien Tournachon, qui a le plus attisé ma curiosité. Ce sont tous les prémices d’un art qui n’était pas encore considéré comme tel par une majorité qui nous sont présentés, l’évolution des thématiques, du traitement du sujet, et surtout la diversité des techniques qui restent encore pour moi assez floues. On regrettera le petit nombre de pièces exposées de Le Gray. Le genre d’exposition de laquelle je sors en étant frustrée, puisqu’elle me révèle une fois de plus mon ignorance en la matière, tout en me poussant à chercher et comprendre par moi-même des termes techniques tels que : technique du ciel rapporté, négatif sur verre, négatif sur papier sec… etc. Un sentiment mitigé en ressort, une exposition à conseiller pour les amateurs avertis d’abord, pour les curieux ignares comme moi ensuite. »

Programmation : Tous les jours (sauf lundi et fériés) 10h-18h, nocturne jeudi jusqu’à 20h

Tarifs : Entrée 6€

Musée du Petit Palais

avenue Winston Churchill 75008 Paris 8e

Champs-Élysées – Clémenceau (1/13)

Helmut Newton, tout simplement

18 Mai

par Aurore.

Depuis le 24 Mars, la galerie sud-est du Grand Palais accueille la première rétrospective française consacrée à Helmut Newton. On y découvre du nu, du sulfureux, du scandaleux, c’est bien là, on est arrivé.

« Certains photographes font de l’art, pas moi »

Helmut Newton, c’est un photographe de mode  australien. Pourtant, c’est bien à Berlin qu’il naît en 1920. A sept ans, il rencontre Erna la rouge, une prostituée aux cuissardes rouges dont le souvenir restera déterminant durant toute sa carrière. A 12 ans, c’est avec son argent de poche qu’il se paie son premier appareil. Il quitte l’Allemagne en 1938 pour Singapour, puis passe en Australie dont il devient citoyen en 1946. En 1947, il rencontre une actrice, prénommée June, qui deviendra sa femme. En 1957, il commence à travailler à Londres chez Vogue, et là, c’est le début de la grande aventure !

Elle, 1968 © Helmut Newton

Alors parlons de l’expo, d’abord le lieu ! Au premier étage, on entre dans de grandes salles peintes dans différentes teintes de bleu, et bien sûr, sur les murs on n’a pas oublié de coller des photos. C’est simple et c’est cool. Je l’avais déjà dit, je suis fan des murs colorés dans les expositions. Et là, le camaïeu de bleu frappe juste : il donne du relief aux cadres.

Trop souvent, les expo photos c’est deux cadres qui se battent en duel et rien de plus, et des réflexions pseudo-intellectualo-philosophiques. Heureusement, ici vous en avez plein la vue. Les séries d’Helmut Newton sont réunies par thème, par date, et elles sont développées sur un mur entier. Dans des cadres simplissimes (bords noirs en bois et marie-louise blanc cassé), les images en noir et blanc animent les murs. Les formats alternent, les séries des « great nudes » se déploient sur le mur de gauche dans de grands formats alors sur le mur de droite, les photos se multiplient, dans un format plus raisonnable. L’œil ne se lasse pas, chaque photo raconte une histoire, les textes rythment le tout, et les citations courent sur les murs. Portraits, érotisme, nus, mode, tous les sujets sont abordés.

Elle, Paris – 1969 © Helmut Newton

Alors l’art de Newton, c’est quoi ?

On connaît le nu, le sexe, la féminité exacerbée. Mais, est-ce que ce n’est que ça ? « Une bonne photographie de mode doit ressembler à tout sauf à une photographie de mode. À un portrait, à une photo souvenir, à un cliché de paparazzi… » (Helmut by June, 18’24’’). Alors, non : c’est bien plus ! Chaque photo surprend, ou choque. Mais ce qui me plait, c’est que chaque image est forte. Quelque soit l’idée, la pose, les tenues, le lieu, il y a toujours une incroyable cohérence et un message. Pas un message politique, ni un message genre de paix dans le monde et tout ça, mais un témoignage de ce qui faisait son époque. Vraiment.

French Vogue, Paris – 1994 © Helmut Newton

Malgré tout, ses images frappent par leur grande modernité, le noir et blanc, le flash, le second degré et les poses archi-sensuelles, mais aussi les bijoux et la bouffe gaspillée ne vont pas sans rappeler le sulfureux Terry Richardson, et pourtant plusieurs décennies les séparent !

Tied up torso, Ramatuelle, France – 1980

L’exposition est très accessible, je pense que les néophytes adoreront se perdre sur les courbes généreuses des toutes les muses du photographe, pourtant pas sûr que les spécialistes apprécient ce tour d’horizon bien rapide. Néanmoins la scénographie est belle, simple, juste comme il faut pour mettre les propos de Newton en valeur. Bien sûr, je n’étais pas seule à admirer l’œuvre du maitre… Oui, l’expo est bondée… alors, soyez rusés !

X-ray, French Vogue, Paris – 1994

On a aimé :

–       la chair enrobée de glamour et de luxure :

« J’adore la vulgarité. Je suis très attiré par le mauvais goût, plus excitant que le prétendu bon goût qui n’est que la normalisation du regard. Si le monde de l’art me rejette, je ne peux que dire : “Good luck to the world of art.” Si je cherche la vérité d’un point de vue, je ne vais pas me conformer à ce que l’art accepte ou non. Les mouvements sado-maso, par exemple, me paraissent toujours très intéressants ; j’ai en permanence dans le coffre de ma voiture des chaînes et des menottes, non pas pour moi mais pour mes photos »

Conférence de presse, 1984, Autriche

–       les portraits de personnes plus ou moins respectables. Newton surprend. Toujours.

« J’aime photographier les gens que j’aime, ceux que j’admire et ceux qui sont célèbres, surtout quand c’est pour de mauvaises raisons »

Helmut Newton Work, Cologne, Taschen, 2000, p. 131

On a moins aimé :

–       le parcours de l’expo, si simple qu’il en est troublant

–       la vidéo dans la dernière salle, parfaitement inaccessible face à l’affluence 

Le bon point de la semaine #2

16 Mai

par Aurore.

Mal-aimée par Kate Barry « L’écorcée » : Mal-aimée, c’est une toute jeune marque, le fruit d’un duo franco-suisse, Marius Borgeaud et Léonie Hostettler. Je les ai découverts à la Fashion Week, Printemps/Eté 2011. Dans un salon privé du Crillon, ils ont présenté leur collection, j’ai pris des photos, grâce auxquelles je suis rentrée en contact avec ces deux talents. Aujourd’hui, Mal Aimée a bien grandi, maintenant ils habillent la nouvelle miss Météo de Canal +, Lana Del Rey et Charlotte Gainsbourg. Vous devez le savoir, Charlotte Gainsbourg a deux sœurs (mais méfiance, les patronymes sont trompeurs), Kate Barry est l’une d’elle. Cette photographe a craqué pour la marque et elle en a tiré une vidéo : toujours dans l’esprit arty/branchouille, les poses sont simples, les plans sont coupés, le montage est nerveux ! L’originalité et la subtilité des pièces transparaissent bien sur le corps en mouvement de la belle Alexandra Bansch. D’autant plus que le son, « La forêt » de Lescop, me semble être une autre bonne découverte. Beaucoup de choses à retenir pour ce premier bon point de la semaine, mais les croisements interdisciplinaires, qu’est-ce que vous voulez, c’est ma came !

Ariane Page Russell : Cette semaine, j’ai aussi découvert une artiste américaine qui utilise son propre corps comme matière première. Elle souffre d’une mini pathologie (que des gens très bien ont, et toc!) la dermographie : une hypersensibilité de la peau qui lui permet de dessiner dessus et créer des petits reliefs. C’est éphémère, et indolore. Rigolo, quoi !

source : YKW.fr

En bref, Versailles fait encore parler de lui grâce à un buzz tout frais, à voir ici. Bon, et pour ceux qui ne sont vraiment au courant de rien, je vous rappelle que le Festival de Cannes commence aujourd’hui. Pour sa 65ème édition, c’est Marilyn qui fait l’affiche. Cette saison, la maitresse de cérémonie est la douce Bérénice Bejo (The Artist, pour les incultes), que vous pourrez découvrir dès ce soir dans la cérémonie d’inauguration. En suivra la projection du film d’ouverture qu’il ne faut absolument pas laisser passer : Moonrise Kingdom, le dernier opus de Wes Anderson (dont la fabuleuse Famille Tenenbaum hante encore nos esprits) réunit un casting hors pair qui nous fait baver depuis plusieurs mois déjà ! A noter aussi la sortie du dernier Audiard, De rouille et d’os qui s’annonce bien lourd et plombant, Audiard quoi. Mon dernier conseil ira au film de clôture : Cosmopolis, de Cronenberg (History of Violence, A dangerous method) où le vampire puceau de Twilight sort enfin les crocs ! (pour les fans pur sang de Twilight (s’il y en a), je sais qu’Edward n’est pas puceau, mais bon il le mériterait franchement)

Bien sûr, on ne finit pas ce mercredi sans savoir que Jean Roch (prêtre en chef des soirées cannoises, entre autres) fête son retour dans la musique (grâce à une campagne de pub gigantesque, donc inversement proportionnelle à la qualité de son œuvre ). Une bien belle relève donc après l’annonce du départ en retraite de David Guetta. Ironie, quand tu nous tiens.

Source : Madmoizelle, Youknowweb, Purple

Le planning #2

25 Jan

Vous l’avez plus ou moins noté, les grandes manifestations de l’année se sont terminées mi-janvier. Est-ce une raison pour rester chez soi, et voir ce crachin dégueu se déposer nonchalamment sur nos fenêtres ? NON ! Voici un petit aperçu de ce qui se passe en ce moment, et de ce que vous allez pouvoir bientôt admirer sur la capitale. Bien sûr, comptez sur le Point C pour partager ses expériences !

Pour ceux qui aiment la photo, Diane Arbus est toujours au Jeu de Paume, et ce jusqu’au 5 février. Vous pouvez retrouver sur le blog un avant-goût de l’expo, par notre mystérieux « Lulu ».

Autres endroits funky où traîner :  

– le Musée Maillol avec Pompéi (jusqu’au 12 février)

– la Maison de l’Amérique Latine avec les sculptures de Roberto Matta (jusqu’au 15 février)

– la Cité de l’Architecture avec les Hôtels Particuliers (jusqu’au 19 février)

– le Musée Marmottan avec Henri-Edmond Cross et le néo-impressionnisme (jusqu’au 19 février)

– le Musée du Luxembourg avec Cézanne (jusqu’au 26 février)

– le Musée de Cluny avec Gaston Phébus (jusqu’au 5 mars)

– le Musée Nissim de Camondo avec André-Charles Boulle (jsuqu’au 15 mars)

– le Musée Eugène Delacroix avec l’Hommage à Delacroix (jusqu’au 19 mars)

– le Musée Rodin avec La saisie du modèle (jusqu’au 1er avril)

– le Musée du Quai Branly avec l’Invention du sauvage (jusqu’au 3 juin)

– le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris avec Giorgio de Chirico (jusqu’au 15 juillet) 

Autant vous dire que le programme reste chargé ! Il reste bien sûr purement indicatif, et il faudrait plus qu’un simple article pour dresser une liste exhaustive des choses à voir. S’il y en a parmi vous qui souhaiteraient nous envoyer un papier sur l’une de ces expositions, nous accepterons avec plaisir ! J’ai d’ailleurs entendu dire que l’Hommage à Delacroix serait couvert dans les prochains jours…

Henri Fantin-Latour (1836-1904) - Hommage à Delacroix - 1864 © RMN (Musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski

Mais ce qui retient mon attention ce soir, c’est ce qui nous attend pour la deuxième partie de l’année. Les prochains mois vont en effet accueillir différentes manifestations sur des peintres italiens, et non des moindres. Commençons par le grand Léonard de Vinci, honoré à Londres, et qui va envahir le Louvre  à l’occasion de la restauration de la Ste Anne. Cet événement promet beaucoup, et croyez-moi, au Point C, on trépigne d’impatience. Camille et Delphine vous feront un petit topo dessus. 

Léonard de Vinci - La Vierge à l'Enfant et Sainte Anne © Musée du Louvre/A. Dequier - M. Bard

Le Musée Maillol accueillera une exposition sur une femme artiste du courant caravagesque, Artemisia Gentileschi, peu représentée et pourtant captivante. Ça, c’est ce que j’appelle un truc intelligent. J’espère que ce sera à la hauteur de nos attentes, et, encore une fois, pour votre plus grand plaisir, Camille et Delphine s’en chargeront.

Toujours concernant la peinture italienne, le Musée du Luxembourg recevra une exposition sur Cima da Conegliano organisée par l’éminent Mr Giovanni C. F. Villa, qui l’année dernière a monté l’exposition sur Lorenzo Lotto aux Écuries du Quirinal à Rome (entre autres). J’aurai le plaisir de vous en parler. 

Alors, dès mars, c’est tomates-mozza pour tout le monde !

Vous voyez, finalement, il reste beaucoup de choses à faire. Et encore, je ne parle même pas du cinéma, ou des concerts à venir… Alors, 

STAY TUNED

et à bientôt sur Le Point C !