Tag Archives: Paris

Raphaël envahit le Louvre, pour notre plus grand plaisir

30 Oct

Raphaël, les dernières années, du 11 octobre 2012 au 14 janvier 2013, musée du Louvre

en partenariat avec le Musée National du Prado

par Grégoire.

Comme chaque année, le musée du Louvre frappe fort pour se hisser au top des manifestations culturelles de la rentrée. Avec l’inauguration du nouveau département des Arts de l’Islam et des salles consacrées à la Méditerranée Orientale, le contrat était rempli. Mais le plus grand musée du monde veut enfoncer le clou, et présente pendant ce premier semestre une exposition consacrée aux dernières années de l’un des peintres les plus géniaux, les plus prolifiques, mais aussi les plus importants de l’histoire de l’art, l’italien Raphaël. Retour sur l’exposition événement de cette fin 2012.

Les affiches annonçaient la couleur : l’harmonie des bleus et des verts de Bindo Altoviti côtoyait les tons dorés et ivoires de la Donna Velata. Le musée promettait des chefs-d’oeuvre, des pièces encore jamais présentées en France, avec des grands retables, des portraits d’apparat, des portraits intimes, des oeuvres de dévotion privée et un important corpus de dessins. Mais pourquoi avoir choisi de traiter les dernières années de la carrière de Raphaël ? Une raison importante préside à ce choix : dès qu’il arrive à Rome, à la fin de l’année 1508, Raphaël se voit confier d’importantes commandes, qu’il ne peut gérer seul. Artiste en vogue, respecté de tous et admiré des princes, il devient le maître d’un important atelier où chaque élève exécute des tâches bien précises. L’exposition propose donc, en plus de montrer des chefs-d’oeuvre pleinement autographes, de distinguer les autres mains qui ont permis l’exécution de toutes les commandes, et principalement celles de Giulio Romano et de Gianfrancesco Penni.

Le parcours s’organise en plusieurs noyaux thématiques qui se recoupent les uns les autres, ce qui permet une bonne compréhension de l’ensemble, même si certains points restent plus obscurs que d’autres. La première section, pas indispensable, montre les débuts du jeune peintre alors influencé par différents artistes comme Pérugin et Michel-Ange, et permet au Louvre de montrer la richesse de ses collections : absente à Madrid, cette introduction est un moyen efficace pour rentrer dans l’univers de Raphaël, et ce grâce à des pièces majeures comme la Belle Jardinière.

Raphaël, la Belle Jardinière

Ensuite, une grande salle est consacrée au retables que le maître exécute pendant sa maturité à Rome. Les oeuvres, naturellement très imposantes, montrent un Raphaël en pleine possession de ses moyens, dont la manière évolue au gré des différentes influences. Par exemple, le visage du saint Jérôme dans la Madone au Poisson n’est pas sans rappeler la peinture vénitienne, tandis que les musculatures et l’intensité dramatique du Spasimo montrent une compréhension de l’art et de la terribilità de Michel-Ange. Quelques détails commencent à nous faire comprendre que le maître n’est pas seul à exécuter ces oeuvres. En effet, le lion ou le paysage de la Madone au Poisson laissent entendre une collaboration, tout comme le clair-obscur accentué et l’attention portée aux marbres du sol dans la Grande Sainte Famille de François Ier, indices révélateurs du style de Giulio Romano. Mention spéciale pour la pièce qui, selon moi, est la plus émouvante, la plus achevée et la plus belle de toute l’exposition : la Sainte Cécile.

Raphaël, Extase de sainte Cécile (détail)

Je ne vais pas vous présenter toutes les sections : préservons l’effet de surprise ! Néanmoins, il faut insister sur la qualité et le côté pédagogique du corpus présenté. Par exemple, après avoir vu les grands retables de la maturité, vous passez devant un mur sur lequel sont présentés différents dessins préparatoires qui vous aident à comprendre le processus créatif, tant mental que matériel. Certaines feuilles sont d’ailleurs d’une virtuosité incomparable, et montrent toute la maîtrise des Italiens dans l’utilisation de la sanguine. Et je ne parle pas de l’orange hein, mais de la pierre argileuse. Vous pourrez aussi examiner quelques dessins préparatoires pour les grands décors romains de l’artiste : les Chambres du Vatican – détaillées avec des reproductions sur un mur prévu à cet effet – et les Loges. 

Raphaël, étude pour la Grande Sainte Famille de François Ier

Après avoir présenté un nombre important d’oeuvres de qualité exceptionnelle et représentatives de la maturité de Raphaël, l’exposition s’attache à déterminer le style de deux de ses assistants, Giulio Romano et Gianfrancesco Penni. Chacun se voit confier une section accueillant des pièces – tableaux et dessins – représentatives de leur style. A un Romano aimant les effets de clair-obscur, les figures plus trapues et les jeux illusionnistes répond un Penni (trop) fidèle à son maître et tombant parfois dans la mièvrerie de l’expression. Enfin ça, vous en jugerez par vous-mêmes. 

Giulio Romano, la Circoncision

L’exposition se clôt sur un vaste espace consacré aux portraits. En effet Raphaël, nous l’avons dit, est l’artiste le plus en vogue du moment, et nombreux sont ceux qui désirent qu’il exécute leur portrait. Vous serez ravis de pouvoir admirer des pièces splendides comme la Donna VelataBindo Altoviti, Laurent de Médicis, Baldassare Castiglione, mais aussi d’autres moins connues comme le Portrait de jeune homme de Giulio Romano conservé au musée Thyssen-Bornemisza à Madrid ou le double Portrait des humanistes Navagero et Beazzano de la Galerie Doria Pamphilij à Rome. Bref, autant de tableaux qui montrent tout le talent du maître dans le rendu des étoffes – les costumes sont magistralement traités – mais aussi des expressions

Raphaël, Portrait d’Andrea Navagero et Agostino Beazzano

Raphaël, la Donna Velata

Vous l’aurez compris, j’ai « plutôt » aimé cette exposition. Pour plusieurs raisons : les oeuvres sont incroyables, et d’une richesse exceptionnelle. Pour certaines jamais présentées en France, elles développent un propos cohérent qui reste cependant  un peu obscur parfois, surtout concernant la part de Gianfrancesco Penni dans l’oeuvre de l’atelier. En commençant fort et en terminant fort, le parcours ne semble pas fatiguer l’esprit, tant il nous tient en haleine et nous surprend. Les cartels présentent des reproductions d’oeuvres citées à titre de comparaison, ce qui aide le visiteur en lui fournissant des points de repère visuels. Alors, pour celles et ceux qui seraient en mal de beauté et de chefs-d’oeuvre, courrez-y ! Vous ne serez certainement pas déçus !

On a aimé :

– les oeuvres présentées

– les explications fournies

– le rythme de l’exposition

On a moins aimé : 

– les attributions un peu aléatoires et directement adressées aux « spécialistes »

– les animaux que Gianfrancesco Penni peint (vous verrez)

Publicités

Quand les Arts de l’Islam volent la vedette à la Joconde

6 Oct

par Aurore et Grégoire.

Tout récemment, le nouveau Département des Arts de l’Islam ouvrait ses portes au public, un événement important que nous nous devions de vous présenter. Pourquoi ? Parce que les collections françaises – et surtout celles du Louvre – sont d’une richesse exceptionnelle dans ce domaine.

Le département voit le jour en 2003, mais le chantier commence en 2008. Ce sont les architectes Rudy Ricciotti et Mario Belini qui s’en chargent : ils aménagent un espace à deux niveaux qu’ils couvrent d’une « aile de libellule », une couverture de verre fragmentée par une armature en métal doré qui permet d’utiliser au mieux la lumière naturelle. Un véritable tour de force technique, puisque la structure s’épanouit en pleine cour Visconti, dont les façades ont été restaurées. La collection comporte plus de 14 000 objets auxquels s’ajoutent les 3 500 œuvres déposées par le musée des Arts Décoratifs. Eh oui, on vous a dit qu’il s’agissait d’une richesse exceptionnelle…

Mais ce désir d’intégrer les arts de l’Islam au Louvre n’est pas tout récent. Faisons un petit point d’histoire. Déjà en 1893, une section consacrée aux « arts musulmans » est ouverte, mais c’est grâce à deux conservateurs – Gaston Migeon et Emile Molinier –, que les collections deviennent de plus en plus importantes, jusqu’au legs de la baronne Delort de Gléon en 1912. Un département des arts asiatiques est ensuite créé en 1932, qui intègre des objets d’art islamique. Néanmoins, les collections d’Extrême-Orient sont transférées au musée Guimet en 1945, et les arts de l’Islam sont présentés en fin de section au Département des Antiquités Orientales. Enfin, en 1993 avec le projet du Grand Louvre, les œuvres sont présentées dans un espace à part de 1000 m². Aujourd’hui, le département fait 3000 m²

Le département entend présenter les différentes réalisations artistiques des débuts de l’Islam au VIIe siècle jusqu’au XIXe siècle, des arts décoratifs aux éléments d’architecture, des tapis aux armes. Le monde islamique est vaste, très vaste, et a constamment bougé au fur et à mesure du temps, et le parcours cherche à confronter des pièces de provenances différentes, afin que le visiteur puisse remarquer que sous cette apparente homogénéité se cachent de nombreux particularismes régionaux.

Une fois les présentations faites, il nous reste tout de même à vous dire ce que l’on a pu penser de tout ça ! C’est de bon matin que nous avons découvert ces nouveaux espaces – ainsi que ceux dédiés à la Méditerranée Orientale.

Aurore :Avant même de pénétrer dans ce nouveau département, la surprise est totale. Et oui, on a eu la chance d’entrer dans ce nouvel espace par les quais de Seine, et on est donc passé par une de ces nombreuses cours du Louvre toujours fermées au public. Les fontaines zoomorphes sont en marche, on prendrait bien cette rampe d’escalier dans une robe à panier… Pardon, ce n’est pas le sujet. Nous traversons donc les nouvelles salles consacrées à la Méditerranée Orientale dans l’Empire romain : portraits du Fayoum et autres splendeurs, si les pièces ne surprennent pas par leur densité, elles ont pourtant donné lieu à un catalogue conséquent. A mentionner, donc. Quant aux arts de l’Islam, l’enchantement est complet. Nous, étudiants de l’Ecole du Louvre, n’avons jamais pu apprécier les collections du musée (le département est fermé depuis 2008, année d’arrivée au sein de ladite Ecole), alors les découvrir dans un écrin pareil, autant vous dire que c’est toute une expérience. Deux approches possible : flâner au milieu des pièces en appréciant les bijoux de modernité que sont les films explicatifs, les cartes des civilisation, en couleur et animées s’il vous plait ; ou bien vous y mettre à fond et découvrir douze siècles de créations. Si vous choisissez cette deuxième option, emmenez un petit goûter, car c’est dense. Néanmoins, le musée du Louvre possède une collection exceptionnelle (une des plus riches au monde) et ce nouveau département est à la hauteur des objets qu’il renferme. Un seul conseil : courrez-y.

Grégoire : Je ne vais pas être original, mais j’ai adoré. A peine arrivé, on pénètre sous cette tente-libellule-crêpe qui surprend, séduit, et rappelle les dunes des déserts orientaux. Pour rester dans le cliché, on aimerait presque faire la visite avec un thé à la menthe. Blague à part, hormis le fait que les œuvres qui sont splendides (on vous l’a répété 100 fois), il faut dire la muséographie fait la part belle à la pédagogie – chaque vitrine accueille un texte qui développe un thème précis – et aux nouvelles technologies. En effet, les écrans tactiles sont partout, des spots dessinent des lettres arabes sur les murs, des panneaux de verre vous racontent des poèmes. Ah, là j’en vois qui froncent les sourcils, et c’est bien normal ! Je m’explique : des plaques de verre sont fichées dans le sol, et diffusent, sans aucun haut-parleur (le son étant créé par les vibrations de la matière), des enregistrements. C’est assez bluffant, et c’est français, alors on en est fier. L’espace est idéal : gigantesque, aéré et ouvert, il joue sur les contrastes entre lumière naturelle et lumière artificielle, entre ambiance dorée et pénombre profonde, ce qui ne manque pas de mettre en valeurs les reflets des pièces d’orfèvrerie et autres céramiques à lustre métallique. 

Inutile de raviver le débat : que signifie « Islam » ? Est-ce une stratégie politique d’apaisement que d’inaugurer ce département maintenant ? Devons-nous y voir de la démagogie ? Non, non et non. Ce département est un projet depuis l’amorce du Grand Louvre dans les années 1980. Et les civilisations islamiques touchant des peuples aux confessions et aux traditions diverses n’ont que faire de nos simagrées actuelles.

Oubliez ce battage médiatique, et profitez de ce que le Louvre vous offre. Des chefs d’œuvre.

Les Menteurs au Théâtre de la Porte Saint-Martin

3 Oct

Les Menteurs, au Théâtre de la Porte Saint-Martin depuis le 7 septembre

par Aurore et Grégoire.

Mercredi dernier nous assistions à la dernière pièce de Chevallier et Laspalès (oui oui, c’est surprenant, mais on aime tester de nouvelles expériences), intitulée Les Menteurs, qui se joue depuis le 7 septembre. Le duo revient après son succès dans le Dîner de Cons. Voici un rapide synopsis de la pièce : « Chargés d’annoncer une mauvaise nouvelle à deux personnes âgées au cœur fragile, deux braves « bobbies » appuient sur la sonnette d’un petit pavillon le soir de Noël… La maladresse des deux policiers n’égalant que leur absence de jugeote, l’affaire prend rapidement une tournure des plus burlesques. La vieille dame n’a plus toute sa tête, une voisine inquiétante terrorise son monde, un pasteur cache quelque chose, une jeune fille peut en cacher une autre, un chien aboie, puis… De coups de théâtre en quiproquos désopilants, on rit sans cesse jusqu’au dénouement le plus inattendu. » (communiqué de presse)

LES MENTEURS

Adaptation Marianne GROVES. Avec Antoinette MOYA, Roger VAN HOOL,
Sophie GOURDINBruno CHAPELLENell DARMOUNI. Décors Charlie MANGEL.
Lumières Gaëlle de MALGLAIVE. Musique Guillaume et Renaud STIRN.
Costumes Juliette CHANAUD

Réservations : http://www.portestmartin.com/

À partir du 07 sept. 2012
Du mardi au vendredi à 20h
Le samedi à 16h45 et 20h30
Le dimanche à 15h

Aurore : Chevallier et Laspalès, on connait. Un duo qui fonctionne, des personnages qui s’accordent et des vannes absurdes qui fusent. On est donc plutôt content de les retrouver là. Malheureusement, les années ont passé et il semblerait que le rythme du duo se soit un peu ralenti. La pièce tourne donc autour de ces deux policiers peu débrouillards, pourtant les autres acteurs ne s’effacent pas devant les rôles titres. On adore le couple, et on a bien sûr un petit faible pour la vieille dame, qui sous ses airs de ne pas y toucher, a plus d’un tour dans son sac. Soyons honnêtes, on y va pour se détendre, pour se délecter du boulevard du meilleur effet. On sourit, on est surpris, mais on regrette que la dynamique semble un peu enraillée.

Grégoire : Que dire de plus ? J’avoue que bon, dès que Laspalès entre sur scène, on rit. Même s’il ne dit rien, juste pour sa tête. Et dès qu’il ouvre la bouche, on repense aux skecths mythiques. Aurore l’a dit : on y va pour se détendre. Avec quelques longueurs, de bonnes vannes un peu potaches parfois certes, la pièce fonctionne tout de même bien. On pourrait regretter de constater que le duo se renouvelle assez peu, mais d’un côté il utilise une formule qui marche toujours auprès d’un public qui lui est fidèle (aucune remarque concernant la moyenne d’âge). Très bon point pour le décor, vraiment bien agencé et assez absurde. Les autres acteurs sont bons, jusqu’à parfois se montrer plus drôles que les protagonistes… 

Planning #3

15 Sep

A Paris

Dessins de Giulio Romano, Élève de Raphaël et peintre des Gonzague, Musée du Louvre, Aile Denon, du 11 Octobre 2012 au 14 Janvier 2013

Luca Penni, Un disciple de Raphaël à Fontainebleau, Musée du Louvre, Aile Sully, du 11 Octobre 2012 au 14 Janvier 2013

Chypre entre Byzance et l’Occident, IVe-XVIe siècle, Musée du Louvre, du 26 Octobre 2012 au 28 Janvier 2013

French Touch, Graphisme/vidéo/électro, Musée des arts décoratifs, du 10 Octobre au 31 Mars 2013

Les frères Campana, Barroco Rococo, Musée des arts décoratifs, du 13 Septembre au 24 Février 2013

Art du jeu, jeu dans l’art, de Babylone à l’Occident médiéval, Musée de Cluny, Musée national du Moyen-Âge, du 28 Novembre au 4 Mars 2012

Victor Baltard (1805-1874). Le fer et le pinceau, Musée d’Orsay, du 16 octobre 2012 au 13 janvier 2013

Bohèmes, Grand Palais, entrée Clemenceau, du 26 septembre 2012 au 14 janvier 2013

Intérieurs romantiques, Aquarelles 1820-1890, Cooper – Hewitt, National Design Museum, New York, Donation Eugene V.Thaw, au Musée de la vie romantique, du 10 septembre 2012 au 13 janvier 2013

Les couleurs du ciel, Peintures des églises de Paris au XVIIe siècle, Musée Carnavalet, du 4 Octobre 2012 au 24 Février 2013

Cheveux chéris, frivolités et trophées, Musée du Quai Branly, du 18 Septembre au 14 Juillet 2013

Imaginez l’imaginaire, Saison 2, Palais de Tokyo, du 28 Septembre au 11 février 2013

Chloé. Attitudes, Palais de Tokyo, Saut du Loup, du 29 Septembre au 18 Novembre

Esprit (s) des lieux, Du Trocadéro au palais de Chaillot, Archives nationales et Cité de l’architecture et du patrimoine, jusqu’au 17 septembre 2012

Alice Springs, Maison Européenne de la Photographie, jusqu’au 4 Novembre 2012

Claude Nori, Editeur et photographe, Maison Européenne de la Photographie, jusqu’au 4 Novembre

Rubens, Van Dyck, Jordaens et les autres, Peintures baroques flamandes aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Musée Marmottan Monet, du 20 septembre 2012 au 3 février 2013

Mary Cassatt à Paris : Dessins et gravures de la collection Ambroise Vollard, Mona Bismarck American Center for art & culture, du 26 septembre 2012 au 20 janvier 2013

En région parisienne

Kristin McKirdy, Cité de la Céramique (Sèvres), du 14 Septembre au 14 Janvier 2013

La gravure en mouvement du XVe au XXIe siècle, La Ferme Ornée, propriété Caillebotte à Yerres (Essonne), jusqu’au 2 décembre 2012

De Delacroix à Signac. Dessins de la collection Dyke, Musée des impressionnistes (Giverny), jusqu’au 31 octobre 2012

Silence, on fouille !!!! L’archéologie entre science et fiction, Archéa, Musée Tour-Saint-Rieul à Louvres (Val d’Oise), jusqu’au 23 décembre 2012

Et partout ailleurs…

Soulages XXIe siècle, Musée des Beaux-Arts (Lyon), du 12 Octobre au 28 Janvier 2013

Cage’s Satie : Composition for museum, Musée d’art contemporain de Lyon, du 28 Septembre au 30 Décembre 2012

George Brecht, Musée d’art contemporain de Lyon, du 28 Septembre au 30 Décembre 2012

Babel, Musée des Beaux-Arts (Lille), jusqu’au 14 Février 2013

« On n’est pas sérieux quand on a … 50 ans », cinquantenaire du MuMa, Musée d’art moderne André Malraux (Le Havre)

Tapisserie Art Déco, à l’Exposition Internationale, Paris, 1925, Cité de la tapisserie (Aubusson), jusqu’au 31 Octobre

Fort Boyard, les aventures d’une star, Musée de la Marine (Rochefort), jusqu’au 21 Mai 2013

The littoral zone, Marc Quinn, Le dialogue entre art et science, terre et mer, Musée océanographique de Monaco, jusqu’au 15 Octobre 2012

La vague japoniste, Les peintres en Bretagne, Musée des Beaux-Arts de Brest, jusqu’au 4 Novembre 2012

L’œuvre et ses archives, Buren, Merz, Rutault, Musée d’art contemporain de Bordeaux, jusqu’au 9 Décembre 2012

L’art des plis, Musée de l’Artisanat et des Métiers d’Art (Marseille), du 14 Septembre au 31 Octobre 2012-09-11

Christian Lacroix, La Source et le ballet de l’Opéra de Paris, Centre National du Costume de Scène (Moulins) jusqu’au 31 Décembre 2012

Le bon point de la semaine #13

1 Août

par Aurore.

Twitter domine le monde : on savait déjà que Twitter faisait partie des réseaux sociaux les plus actifs et les plus influents, mais l’annonce, cette semaine, du nombre de membres est venue secouer le monde des « twittos ». C’est bien un demi-milliard d’individus qui partagent aujourd’hui, leurs faits et gestes, mais surtout leurs opinions, leur production et leurs réactions en 140 caractères. Les FF, # et RT sont donc devenus incontournables (si vous êtes perdus, quelques définitions), jusque dans le langage ‘courant’ (j’entends par là, échange de messages, voire mails). Et oui, combien de statuts facebook ou de sms comptez-vous annonçant « se faire refouler d’une boite c’est pas drôle #lavieçacraint » ou encore « génial les pasta de mamie #tropcoolledimancheenbanlieue ». Vous l’avez deviné, mes amis facebook sont triés sur le volet et doivent présenter une vie absolument palpitante pour rester dans ce cercle fermé. Ah ah ah. Heureusement, ma TL (timeline) Twitter me donne une ouverture sur le monde bien plus variée. Plongeons-nous donc dans ce que Twitter a fait de mieux, dernièrement. Bien sûr, les hashtags, tous plus bizarres les uns que les autres. #sijaidesenfants #OnaTousUnAmi ou encore #phraseimprobableya100ans, ont donné lieu à toute sorte de réactions. A charge à chacun donc de trouver la tournure la plus drôle, afin d’être retweeter par ses compères. Et donc, comme toujours c’est en anglais que c’est le plus ‘fun’, ou alors les anglophones sont sérieusement plus funky que nous : #mistakesGIRLSmake #confessionhour @iwishiknew… Les meilleurs ici. Etre retweeté, c’est le rêve de tout twittos qui se respecte. C’est ainsi qu’Antoine de Caunes (@antoinedecaunes1) a fait une arrivée remarquée sur la twittosphère en répondant à sa manière aux tweets du Monde. Devant son succès, les gens le supplient de les retweeter afin d’être lus, à leur tour, par le plus grand nombre. Twitter c’est donc une source d’information sans fin. On apprend (attentions scoops) que Lady Gaga a dévoilé un nouveau visuel de son parfum et récolte 20.000 likes par heure dès sa publication ! (Merci @michaelstrag). Grâce à Kyan Kojandi (@Kyank) on découvre qu’aujourd’hui, ce n’est pas seulement la fête de l’indépendance du Bénin, mais aussi l’anniversaire de Mouloud Achour. Un seul mot : Youpi ! Enfin, Twitter est aussi un puit sans fond, Will.i.am semble avoir céder aux avances du petit oiseau bleu (la preuve). Mais il semblerait que son kiff, ce soit plus d’entendre parler de lui que de véritablement profiter du réseau. Son addiction devient envahissante (ingrat). Enfin, quel meilleur moyen pour suivre les JO que Twitter (certes, en seconde position après la télé), où tout est perpétuellement analysé et décrypté. Il y a l’interdiction de tweeter au JO, qui est très bien respectée bien sûr. On retrouve donc les tweets de sportifs et des stars (Justin Bieber, inéxorablement), mais aussi tous les tweets du public, qui font buguer le réseau. Tout ça, ça donne 9 millions de mentions de l’évènement déjà, et des athlètes virés à cause de leur tweets (une grecque et un suisse).

 

En bref, après avoir sauté d’un hélicoptère avec la reine d’Angleterre pour célébrer l’ouverture des JO à Londres, Daniel Craig réapparait dans un tout nouveau trailer du prochain 007 : Skyfall. Autres légende, autre histoire, en ce qui concerne la Terre du Milieu, il semblerait que « le Hobbit » soit une trilogie.

Autant vous dire qu’on n’en a pas fini avec les nains aux pieds poilus ! Mais nous, ce qu’on aime vraiment, c’est Paris. A ne pas rater non plus, le succès fulgurant de l’équipe australienne de natation synchronisée : avant même d’avoir concourue, elles ont conquis le cœur du public. L’équipe française, un peu plus terre à terre, souffre de la comparaison ! Bien sûr, le combat ne se joue pas (encore) sur un terrain sportif… Enfin, finissons sur une performance d’actrice qui arrive quand même à faire applaudir et hurler de rire une salle de cinéma toute entière au beau milieu d’un combat final de Batman. Je parle bien de Marion Cotillard, alors prenez garde au spoiler et filez sur ce lien uniquement si vous avez vu le film, ou si vous vous en foutez du sort réservé à Miranda Tate.

La chair fraîche vue par Rodin

21 Juin

Rodin, la chair, le marbre,  du 8 juin 2012 au 3 mars 2013, Musée Rodin, Paris

par Aurore.

Depuis début Juin, le musée Rodin accueille une nouvelle exposition, appelée « Rodin la chair le marbre ». Le musée est encore en plein travaux de rénovations. L’hôtel Byron est partiellement ouvert depuis avril 2012, afin de présenter « Chefs-d’œuvre en mouvement ». Devant la pluie battante, nous sommes restés dans le hall d’entrée et nous sommes rapidement engouffrés dans l’espace d’exposition temporaire. « Rodin, la chair, le marbre » : une exposition à conseiller quand, comme actuellement, vous traversez mal ces journées de pluies et grisailles perpétuelles.

L’exposition se déroule en trois temps, le propos est chronologique et présente l’évolution de la technique de Rodin au cœur de sa carrière, mais aussi au sein des époques qu’il a traversées. Du portrait conventionnel et bourgeois du Second Empire au travail complexe et contrasté de l’aube du siècle, il s’en passe.

L’exposition est synthétique, il y a beaucoup de pièces, mais on passe de l’une à l’autre sans difficulté. On se laisse porter par une muséographie simple mais efficace. Dans l’espace immaculé de cette galerie, les marbres sont posés sur des socles en bois cerclés de fer. Un aspect un peu rustique, littéralement « brut de décoffrage ». Comme si Rodin était sur le point de faire partir toutes ses œuvres par bateau.

Le propos, en trois temps donc. Le premier « L’illusion de la chair – 1871 – 1890 » se déploie sur le couloir bordé de vitraux. Les deux derniers points occupent la salle principale (celle avec les caisses de bois), « La figure dans le bloc – 1890 -1900 » et « Vers l’achèvement – 1900 – 1917 ». Sur quatre décennies de travail, le modèle se noie dans la matière, les références s’entremêlent, la main du maitre prend une place nouvelle, les canons sont renouvelés. L’exposition décrit un état de « non finito » et va même jusqu’à parler de « sfumato ». On retrouve bien la rigueur et l’austérité du travail du sculpteur qui voit son succès s’accroitre après l’exposition de l’Alma en 1900.

Pourtant, même si les sculptures sont fascinantes, nous ne sommes pas une cible conquise, et nous nous heurtons à plusieurs réticences, qui nous semblent pourtant insolvables. La scénographie a le mérite de ne poser aucune vitre entre les visiteurs et les œuvres, ni aucune mesure de mise à distance. On prend donc son pied (pas celui de la statut (haha)) et on en profite pour faire le tour des marbres, les scruter sous tous les angles. C’est alors que le travail de contrastes des textures mais aussi du jeu de lumières et d’ombres imaginé par Rodin prend tout son sens.

Pour autant, on n’oublie pas que l’on se trouve toujours dans un musée. Mais le marbre est là, poli ou martelé, travaillé au trépan, il nous tend les bras et semble nous susurrer « viens te frotter à moi », et on a envie d’y croire. Mais non, bienvenue dans le merveilleux monde de la culture où s’est érigé en dogme : avec les yeux tu toucheras ! A quand la pratique de la galerie tactile ouverte à tous et répandue à toutes les expositions de sculptures ?

Enfin, à force d’observer de très près maquettes de plâtre et sculptures de marbre, en lisant attentivement chaque cartel, notre œil tique : rien n’est réalisé par Rodin lui-même. Il signe allègrement les marbres longuement travaillés par les mains de son atelier. On retrouve bien le fonctionnement ancestral des grands ateliers d’artistes, où son propriétaire élabore l’œuvre ensuite réalisé à des mains plus ou moins expérimentées, qui sont donc en charge de différentes étapes de la création.

Nous avons eu la chance d’assister à l’exposition tout en profitant d’une lecture de Rilke. Ancien gendre et secrétaire de Rodin, cet écrivain allemand a livré un essai intitulé « Sur Rodin ». C’est Robert Bensimon qui a lu les deux conférences de Rilke intitulées Auguste Rodin, de 1903 et de 1907, une intervention intitulée « En pensant avec tout son corps ». Bon, je vais totalement honnête avec vous, je crois pas qu’on ait tout compris, ou même entendu (l’acoustique n’est pas partout idéale) mais l’expérience est intéressante, et cela me permet de vous dire : plongez-vous dans le programme des activités « autour de l’exposition », par exemple la rencontre avec les conservateurs du mercredi 27 Juin me semble incontournable !

http://www.musee-rodin.fr/fr/exposition/rodin-la-chair-le-marbre/autour

En bref, on a aimé :

–       identifier les techniques du travail du marbre, merci les cours de techniques

–       comprendre la poésie qui réside dans un bloc de pierre

–       la plaquette de l’exposition, complète et synthétique à la fois

–       la force des portraits quasi conceptuels de la dernière section

On a moins aimé :

–       les sculptures portraits de bourgeois du Second Empire

–       la « femme-poisson ». Bizarre…

Paris – Mexico, aller simple

15 Juin

Resisting the present, Mexico, 2000/2012,

Au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris, jusqu’au 8 juillet 2012

par Louise.

Aujourd’hui, on parle art contemporain mexicain. Non, ne partez pas ! Ici pas d’œuvres mystérieuses constituées d’un mur blanc immaculé (je n’ai rien contre ça, mais il faut avouer que la finalité m’échappe souvent), mais du concret, de l’accessible, du savoir-faire, de l’émouvant.

Dans un pays rongé par la corruption, le trafic de drogue et l’émigration, 24 jeunes artistes se questionnent sur leur identité. Ne basculons pas dans le pathos : le Mexique, c’est aussi un passé extrêmement riche, une culture populaire très présente, des couleurs saturées, les mariachis et les nachos. Une culture diverse, donc.

Comment se construire dans un univers aussi épars ? C’est justement ce sur quoi se sont penchés les artistes qui participent à l’exposition, parfois au travers d’œuvres inédites. Le but n’est pas de faire du misérabilisme, mais véritablement de faire prendre conscience de la situation au Mexique, tout en mettant en avant les aspects indéniablement positifs de ce pays ; certains s’essaient même à proposer des solutions aux problèmes de société. Un véritable engagement social et politique.

© Marcela Armas – Machinarius – 2008

L’histoire du Mexique, faite de révolutions successives, inspire largement les artistes locaux nés après 1975. Son importance est telle que le collectif Tercerunquinto (fondé en 1993 à Monterrey) s’entiche à restaurer les grands murales du début de siècle (mais si, les grandes peintures murales dont le mari de Frida Kahlo, Diego Rivera, est un précurseur). Les références culturelles et historiques sont nombreuses dans l’exposition, malheureusement pas toujours bien précisées.

La place de l’étranger dans la culture mexicaine est également une préoccupation majeure des intellectuels : après la domination européenne, le pays vit une relation passionnelle et déchirante avec les Etats-Unis. Tristement surnommée « le couloir de la mort », la frontière entre les USA et le Mexique a provoqué plus de 5000 morts en 15 ans. Comment la traversée d’un simple fleuve engendre-t-elle tant d’espoirs et de désillusions ? La très émouvante installation de M. Armas faite de roues dentées, de chaînes et de pétrole brut nous amène à nous questionner sur les rouages d’une relation interétatique ambigüe. Une dualité qui trouve son paroxysme dans la société mexicaine, avec des jeunes filles qui se construisent un physique de WASP à coups de bistouris.

© Bayrol Jimenez – Maldito – 2012

Le dessin de B. Jiménez, Maldito, fait une bonne synthèse du mal-être ambiant au travers d’un dessin pop, décalé et plein d’humour : l’aigle décharné du drapeau mexicain tient dans ses serres un rameau de chanvre et une mitraillette, l’œil divin apparaît dans une feuille de cannabis… un monde hybride qui ne manque pas de dérision, voire d’attraits.

Au-delà des problèmes intrinsèques au Mexique, certaines œuvres suscitent en nous des interrogations universelles. Par exemple, la perte de sensibilité due à la surmédiatisation de faits réels : qui n’a jamais continué à mâchonner tranquillement ses céréales à l’annonce de la mort de centaines de personnes dans un tremblement de terre ? L’exposition fait la part belle aux vidéastes, ce qui est parfois regrettable : six ou sept vidéos d’une vingtaine de minutes, c’est long. Surtout quand un homme arrose un cimetière.

© Diego Berruecos – La solucion somos todos – 2011

Après tout ce remue-méninge, je conclurai sur l’un des superbes tweets (oui, c’est rentré dans le dictionnaire) projetés dans l’exposition : 

« Si tout est illusion, choisissons les plus belles. » (Alejandro Jodorowsky) 

Si vous avez envie d’approfondir la question, je vous conseille la lecture de « Nuestra señora Pepsicoatl » de Carlos Fuentes disponible ici et le documentaire de feu Christian Poveda sur les narcotrafiquants, La Vida Loca.

On a aimé :

–       L’engagement des artistes

–       La diversité des œuvres

–       Les salles peu fréquentées

On a moins aimé :

–       Les vidéos, trop nombreuses

–       Les fiches d’information, trop axées sur la biographie de l’auteur et non sur l’œuvre 

http://www.mam.paris.fr/fr/node/612