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La tornade Lutz

5 Nov

Alex Lutz au Grand Point Virgule, jusqu’au 22 Décembre,

par Aurore & Grégoire.

Avec son visage d’ange et son air innocent, Alex Lutz ne nous faisait pas peur. Il semblait bien sympa, alors nous ne pouvions qu’être ravis de le découvrir au Grand Point Virgule, salle de spectacle tout juste inaugurée rue de l’arrivée à Montparnasse (Paris). Une fois installés sur le balcon (la salle n’a absolument rien à voir avec sa petite soeur du Marais), nous attendons patiemment que le spectacle commence. Et là, une fois qu’Alex arrive, nous allons de fous rires en surprises. Alex Lutz n’est pas méchant, mais et a du talent à revendre.

OSS 117 Rio ne répond plus – Jean Dujardin, Louise Monot et Alex Lutz

Alex Lutz, c’est ce mec qu’on voit partout dans le métro depuis de nombreux mois. C’est le metteur en scène de plusieurs pièces (Ils se re-aiment), mais c’est aussi le hippie de OSS 117 Rio ne répond plus, ou encore Catherine dans la revue de presse du Petit Journal. C’est alors que vous vous rendez compte que vous le connaissiez bien, que son apparition à l’écran vous a déjà causé des fous-rires surprenants. Véritable caméléon, maître de l’absurde, Alex Lutz n’a pas fini de vous surprendre et son one-man show en est un bel exemple !

Catherine et Liliane, alias Alex Lutz et Bruno Sanches, dans la revue de presse du Petit Journal © Canal Plus

 « Après deux saisons remarquées au Splendid’ et au Trévise, des exceptionnelles aux Folies Bergère et à Bobino, il revient sur scène avec une « formule enrichie ».

Retrouvez ses personnages les plus populaires, comme “la vendeuse” et “l’adolescente”, mais aussi le “directeur de casting odieux”, “le technicien”…

Jamais rassasié, il s’attaque à de toutes nouvelles proies au Grand Point Virgule.

 » Une merveille ! » LE POINT
« Une parfaite justesse, une drôlerie percutante » TÉLÉRAMA
« L’homme du moment, c’est Lui » LE PARISIEN »
(Extrait du site du Grand Point Virgule)

Aurore : c’est simple, le spectacle est trop court. Les sketches s’enchaînent, Alex est tour-à-tour une vendeuse, une adolescente, un vieux monsieur, un directeur de casting sans pitié, etc. Et chaque fois, son corps tout entier devient le personnage. Sa façon de bouger, ses mimiques, ses expressions, tout devient l’aboutissement d’un grand travail de recherche et d’observation. Et tout ça, rien pour vos yeux ébahis, mesdames et messieurs! ! Ce qui surprend d’emblée, c’est le choix de ses textes et de ses thèmes : Alex Lutz ne tombe pas dans la facilité, il joue uniquement des thèmes qui l’ont amusé. Un casting, un café à un bar, le choix d’une robe pour un enterrement, Alex Lutz innove même dans le choix de ses situations : et même si on ne se reconnait pas toujours dans ses personnages, leurs défauts nous font mourir de rire. Il parvient à emmener toute la salle dans ses délires absurdes. A aucun moment, on sent une minute de flottement, Alex Lutz se transforme devant nos yeux. Je ne pourrais vous dire combien de sketches j’ai vu, ni combien de fois j’ai manqué de tomber de ma chaise tellement je me poêlais, mais quand il nous dit « au revoir », on ne peut pas s’empêcher de se dire que ce n’était pas assez ! Alors courrez-y, c’est un spectacle à ne pas manquer, Alex Lutz a plus d’un tour dans son sac !

Grégoire : que dire d’original après cette dithyrambique et très juste critique ? Je ne connaissais pas du tout Lutz, même si j’avais vu toutes les affiches dans le métro. Oui, j’avais vu OSS 117, mais je n’avais pas fait le lien (eh, on ne peut pas être toujours au top). Et je dois dire que j’ai été agréablement bien surpris. Nombreux sont les comiques qui font sourire, mais ceux qui font rire sont bien plus rares. Or, Lutz m’a fait rire, et a même réussi à me faire oublier la chaleur écrasante qu’il faisait dans la salle. Ses personnages – j’avoue avoir un faible pour le technicien et le directeur de casting – révèlent un vrai jeu d’acteur. Lutz n’imite pas, il vit vraiment ses rôles. Tout son corps joue pour donner l’illusion et rendre son comique imparable. Absurde, oui, souvent, quand par exemple il vous raconte l’origine du mot « Montparnasse ». C’est du gros n’importe quoi. Alors je remercie le Grand Point Virgule de nous avoir invités à rire tous ensemble. Car oui, c’est la salle entière qui se marre, et à aucun moment il n’y a de blanc un peu gênant. En fait, ce type est assez attachant, mais sa gueule d’ange est trompeuse car il sait être incisif. Un vrai bonheur !

Informations pratiques : Grand Point Virgule, 8 bis rue de l’Arrivée, 75015

Alex Lutz, du mardi au samedi à 20h 30, les samedis à 17h 30

infos et réservations

Place à partir de 28€ sur internet.

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Silence, on tourne !

15 Oct

Par Baptiste.

En 2006, le réalisateur Michel Hazanavicius et son compère Jean Dujardin ont donné un coup de fouet aux comédies Made in France avec « OSS 117 : Le Caire Nid d’Espions » (aussi avec Bérénice Béjo [épouse du réalisateur… bon j’admets, info du niveau des lectrices de « Closer » ou fans de « Twilight »]) puis en 2009 avec sa suite « OSS 117 : Rio ne répond plus ». Ces films deviennent rapidement cultes, avec leurs scènes hilarantes (Qui aurait pu oublier la bataille de poules, le barbecue crocodile, la reprise de « Bambino », la plage avec les Hippies… ?) et leurs dialogues prônant le politiquement incorrect : « Vous avez fait avec ce kiki ce que bon vous semblait pour la France ! », « L’humour Juif c’est quand ce n’est pas drôle et que ça ne parle pas de saucisses », « – Vous confondez les Juifs et les Musulmans ! – Vous jouez sur les mots ! ». A côté d’eux, Danny Boon [« Bienvenue chez les Ch’tis », « Rien à déclarer »] et Frank Dubosq [« Camping », « Bienvenue à bord »] ne cassent pas trois pattes à un canard ! (même pas seulement à côté d’eux d’ailleurs !).

L’annonce d’une nouvelle collaboration, qui ne soit pas un OSS 117 (patience, il arrive !), a tout de suite de quoi aiguiser notre curiosité, la date de sortie guettée et inscrite en rouge dans notre agenda. Surtout quand ce projet se nomme « The Artist », qu’il est tourné en Noir & Blanc et muet (joli contre-pied au Cinéma Américain actuel [beaucoup de bruit, trop de 3D…]), qu’il a été sélectionné à Cannes en compétition et que Jean Dujardin a été fait chevalier par la « légende vivante » Robert DeNiro qui lui a décerné le prix d’interprétation masculine. Dujardin nouveau DeNiro ? Si si, il y a une petite ressemblance, regardez « Le Parrain II ».

Synopsis  

En 1927, George Valentin (Jean Dujardin) est LA vedette du cinéma Hollywoodien. Lors d’une avant première, il rencontre Peppy Miller (Bérénice Béjo), jeune figurante qui va obtenir un rôle dans son prochain film.

En 1929, l’avènement du cinéma parlant sonne le glas pour le muet et l’ensemble de ses acteurs dont Valentin. « Il faut de nouvelles têtes » clame le producteur Al Zimmer (John Goodman) et Peppy Miller est justement annoncée comme future star. Alors qu’elle connaît la célébrité, George Valentin s’entête dans le cinéma muet, il produit et réalise ses propres films. Malheureusement pour lui le succès n’est pas au rendez-vous et le crash boursier de cette année vient à le ruiner. Une longue descente aux enfers commence…

Verdict :

 « The Artist » est une œuvre qui rend hommage à l’âge d’or du cinéma américain, celui des années 20, s’inspirant, notamment pour le scénario, de films tels que « Chantons sous la pluie » (avec Gene Kelly et Debbie Reynolds) ou « Une étoile est née »… dont il en possède les qualités. DeNiro déclarera qu’il aurait aimé lui donner la Palme d’Or, mais le règlement impose une seule récompense par film.

Dans « The Artist », où la musique orchestre l’image, Hazanavicius donne une leçon de cinéma magistrale, égalant les « géants » de l’époque (Fritz Lang [« M, le maudit »,« Metropolis »] ou Orson Welles [« Le Troisième Homme », « La Soif du Mal »]…). Jean Dujardin est à la fois Chaplin (plus cabotin que jamais), Gene Kelly et le Orson Welles de « Citizen Kane ». Il nous éblouit par sa classe et son sourire ravageur, capable de transmettre toutes les émotions ; en un mot : Génial ! Bérénice Béjo (initiales BB ?!) est la nouvelle Debbie Reynolds, une beauté sensible et dynamique, qui nous émeut : Sublime ! Le duo se permet même une prestation digne de Fred Astaire & Ginger Rogers le temps d’un numéro de claquettes (!). Et n’oublions surtout pas Le Chien (Uggy de son vrai nom), fidèle partenaire qui, apportant une touche d’humour, est : Wouaf ! (à noter qu’il a reçu la « Palm Dog » pour son interprétation, prix canin du festival de Cannes… si si !).

Le film ne pouvant concourir aux Oscars dans la catégorie « Meilleur Film Etranger » (car sorti après la date de pré-selection du 30 Septembre), notre représentant sera « La Guerre est déclarée ». Le producteur du film sur le territoire américain, Harvey Weinstein (producteur de Tarantino, « Le Discours d’un Roi », « The Reader »…), mène actuellement une véritable campagne de promotion du film, dans le but qu’il soit retenu aux Oscars dans les catégories les plus prestigieuses (acteur, réalisateur, film…). Hazanavicius successeur de Polanski (« Le Pianiste ») et Jean Dujardin de Marion Cotillard (« La Môme ») ?

Au « The End » on en sort bouleversé, le sourire aux lèvres, émerveillé après être passé du rire aux larmes, de la colère à la peur. Les acteurs nous crient, hurlent (aboient même !) leur amour pour le Cinéma. Et nous, nous en restons sans voix, ébahis par tant de grâce, de talent. Quand un film français s’élève au rang des Mythes du Cinéma, plein d’admiration et muet, on dit : Chapeau l’Artiste !

Casting :

Jean Dujardin (« Le bruit des Glaçons », « Contre-Enquête »)

Bérénice Béjo (« La Traque », « Bouquet Final »)

John Goodman (« The Big Lebowski », « O’brothers »)

James Cromwell (“Babe”, “I,Robot”, “The Queen”)

Malcom McDowell (“Orange Mécanique”, “Le Livre d’Eli”)