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Le bon point de la semaine #29

28 Nov

par Aurore.

Devant la charge de travail que nous impose la belle Ecole du Louvre, le planning de nos posts a été revu, et nous constatons aujourd’hui que Le Point C traverse une période difficile. Mais vous serez toujours tenus au courant en premier des changements à venir. En attendant, voici un hebdo de plus, pour vous tenir au courant de tout ce qui se passe sur la planète Culture !

12.12.12 x Louvre Lens : Le 12 Décembre prochain, où serez-vous ? Certes dans mes bras. Mais encore ? En route pour Bugarach (le village de la fin du monde), dans une salle de cinéma pour découvrir The Hobbit, ou à Lens ? Et oui, vous serez à Lens, ou en tous les cas vous serez sur le point d’y aller. Car dès le mercredi 12 Décembre 2012, le bâtiment du Louvre Lens ouvre enfin ses portes. Alors, on critique beaucoup la première exposition temporaire sur « La Renaissance » (rien que ça !) mais dites-vous que si vous n’avez pas pu venir à Paris découvrir la Sainte Anne de Léonard, c’est bien ici votre seconde chance. Bon, ensuite, on critique aussi l’alignement de chefs-d’œuvre, sans plus de raison, dans la « galerie du Temps ».

 

Alors on aime, ou pas, les prêts à longue durée, la pédagogie à tout prix, ou simplement les plus belles pièces de nos collections, mais on ne peut pas le nier : ça en jette ! Et la vidéo reprend bien cette typologie efficace et moderne, déjà utilisée dans l’affiche « tous à Lens », qu’on avait déjà bien aimé ! De nouveau, débattons : utiliser un Delacroix pour initier un mouvement de foule dans le TGV/TER/Corail/réseau Tadao reste discutable, mais bon la Liberté c’est grisant, alors on la suivrait bien ! 2013 risque donc d’être une année riche en déplacements : Marseille, Lens, Metz (pour ceux qui ne sont toujours pas allés au Centre Pompidou-Metz). La Culture s’essaime en France, bonne chose ou autoritarisme parisien qui se diffuse, c’est un débat de plus. On sera bien occupé à débattre en 2013 aussi alors !

Jean-Honoré FRAGONARD, Denis Diderot ? Vers 1769 © Musée du Louvre

Fragonard et Diderot, le fake : vous connaissez forcément le tableau à la touche nerveuse de Jean-Honoré Fragonard. Cet habitué des natures mortes à la lecture complexe délaisse dans ses portraits une touche précise. C’est donc dans la vigueur de ses réflexions que Denis Diderot est représenté sur ce portrait. Non attendez, une partie de cette phrase a été déclarée comme fausse. Et oui, en rédigeant la notice de ce tableau qui figurera à Lens dès le 12/12/12, l’identification de ce tableau a été revu. Fragonard ne se mesure donc pas du tout au portrait de Van Loo, car il n’a pas choisi le même modèle. Vincent Pomarède (responsable des peintures au musée du Louvre) a confirmé ce changement de discours émanant du Louvre, qui est né suite à la découverte d’un fonds de croquis où le peintre représentait plusieurs de ses tableaux, dont celui-ci sans pour autant mentionner qu’il s’agissait de Diderot. Aussi Diderot avait les yeux bleus selon l’œuvre de Van Loo, toujours très fidèle, mais aussi d’après des descriptions d’époque. Et là, ils sont bleus ! Pour aller plus loin, je vous conseille ce très bon article. En permettant l’étude d’œuvres que l’on considère comme connues, le Louvre-Lens a du bon !

Louis-Michel VAN LOO, Denis Diderot, 1767 © Musée du Louvre

En bref, on aime la simplicité et la fraicheur des œuvres de Faban Oefner et ses « couleurs dansantes », via Konbini.

Aussi on commence déjà à se brancher sur un projet qui devrait bientôt voir le jour : et si, enfin, vous pouviez entrer en contact avec des gens grâce à vos préférences artistiques, vos coups de cœur muséaux et vos artistes préférés ? C’est ce que semble proposer Whoartyou, le premier réseau social artistique. A suivre !

Décentralisation, musées, je finis donc sur le MuCEM, musée des civilisations d’Europe et de la Méditerranée, qui ouvrira en 2013, pile au bon moment pour célébrer Marseille, capitale de la culture. Découvrez les coulisses de leur campagne de publicité, qui reprend des marseillais pour inciter d’autres marseillais à y aller. On croise les doigts pour qu’ils choisissent des personnalités emblématiques de la cité phocéenne, mais mon petit doigt me dit que ça ne devrait pas tarder…

L’hebdo du Point C #2

23 Oct

par Grégoire.

Le son de la semaine : Empire Ants, Gorillaz ft. Little Dragon

Bon d’accord, c’est pas récent récent. Mais eh ! C’est quoi le problème ? Calmons-nous, et pour ce faire lançons le morceau.

Ce magnifique morceau. Au début, une guitare sèche, une boite à rythmes, et surtout un liquide et féérique piano. Puis vient la voix de Damon Albarn, aérienne et suave. Oh joys arise, The sun has come again to hold you. Et lui, il n’a pas besoin d’Autotune pour assurer dans les aigus. Les nappes d’ambiance s’installent, couche par couche, comme si elles voulaient progressivement nous séduire, sans nous brusquer, sans nous trahir.

Et soudain, à environ 2:10, un synthé miroitant arrive au loin, en crescendo. Déboule alors une basse-batterie des plus efficaces. Ça explose, véritable jouissance. Une explosion de paillettes sous les feux d’un stroboscope multicolore, et tout cela sur des notes lumineuses et aigues. Bienvenue dans l’hyperespace.

Charmés, on peut dire : nous le sommes. Et c’est peu dire. Bouleversés serait le mot. Bouleversés par la voix envoûtante (encore une !) et très « slow motion » de Little Dragon. Allez, il est maintenant temps d’écouter « Empire Ants ».

Les mots ne suffisent pas.



L’oeuvre de la semaine : le Verrou de Fragonard

Dans notre série d’œuvres un peu « osées » (soyons réalistes, on reste encore très soft), voici le Verrou de Jean Honoré Fragonard, peint vers 1777 et conservé au Louvre.

Aussi appelé le Viol, ce tableau nous présente un homme et une femme « en pleine action ». Mais la scène, dont la violence est notamment rendue par les drapés, a plutôt l’apparence d’un rapport consenti. Nan mais bon, pensez-vous vraiment que la belle se refuse à son amant ? Selon moi, elle a plutôt l’air de se faire désirer. Et ce n’est pas la première fois : les draps ont encore en tête leurs ébats à peine achevés.

Le lit est d’ailleurs plein de symboles anatomico-érotiques, en témoignent les oreillers ou le baldaquin complètement en désordre (les auteurs identifient un genou sous la forme de l’accoudoir ou encore un sein dans la pointe de l’oreiller). Comme si Roland Emmerich (Le Jour d’Après, 2012) était passé par là. Pour résumer, ils vont certainement « remettre le couvert ». A propos de repas, notons la petite pomme sur la gauche, qui, loin d’évoquer le Péché Originel, n’est certainement là que pour servir d’encas. Hum hum.

Dernière chose : pourquoi installer les verrous si haut ? Ils avaient quand même de sacrés délires ces libertins ! En même temps c’est toujours l’occasion de voir les petites fesses musclées de monsieur. Mouais.

Le Verrou - Jean-Honoré Fragonard - 1774-1778