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Le planning #2

25 Jan

Vous l’avez plus ou moins noté, les grandes manifestations de l’année se sont terminées mi-janvier. Est-ce une raison pour rester chez soi, et voir ce crachin dégueu se déposer nonchalamment sur nos fenêtres ? NON ! Voici un petit aperçu de ce qui se passe en ce moment, et de ce que vous allez pouvoir bientôt admirer sur la capitale. Bien sûr, comptez sur le Point C pour partager ses expériences !

Pour ceux qui aiment la photo, Diane Arbus est toujours au Jeu de Paume, et ce jusqu’au 5 février. Vous pouvez retrouver sur le blog un avant-goût de l’expo, par notre mystérieux « Lulu ».

Autres endroits funky où traîner :  

– le Musée Maillol avec Pompéi (jusqu’au 12 février)

– la Maison de l’Amérique Latine avec les sculptures de Roberto Matta (jusqu’au 15 février)

– la Cité de l’Architecture avec les Hôtels Particuliers (jusqu’au 19 février)

– le Musée Marmottan avec Henri-Edmond Cross et le néo-impressionnisme (jusqu’au 19 février)

– le Musée du Luxembourg avec Cézanne (jusqu’au 26 février)

– le Musée de Cluny avec Gaston Phébus (jusqu’au 5 mars)

– le Musée Nissim de Camondo avec André-Charles Boulle (jsuqu’au 15 mars)

– le Musée Eugène Delacroix avec l’Hommage à Delacroix (jusqu’au 19 mars)

– le Musée Rodin avec La saisie du modèle (jusqu’au 1er avril)

– le Musée du Quai Branly avec l’Invention du sauvage (jusqu’au 3 juin)

– le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris avec Giorgio de Chirico (jusqu’au 15 juillet) 

Autant vous dire que le programme reste chargé ! Il reste bien sûr purement indicatif, et il faudrait plus qu’un simple article pour dresser une liste exhaustive des choses à voir. S’il y en a parmi vous qui souhaiteraient nous envoyer un papier sur l’une de ces expositions, nous accepterons avec plaisir ! J’ai d’ailleurs entendu dire que l’Hommage à Delacroix serait couvert dans les prochains jours…

Henri Fantin-Latour (1836-1904) - Hommage à Delacroix - 1864 © RMN (Musée d'Orsay) / Hervé Lewandowski

Mais ce qui retient mon attention ce soir, c’est ce qui nous attend pour la deuxième partie de l’année. Les prochains mois vont en effet accueillir différentes manifestations sur des peintres italiens, et non des moindres. Commençons par le grand Léonard de Vinci, honoré à Londres, et qui va envahir le Louvre  à l’occasion de la restauration de la Ste Anne. Cet événement promet beaucoup, et croyez-moi, au Point C, on trépigne d’impatience. Camille et Delphine vous feront un petit topo dessus. 

Léonard de Vinci - La Vierge à l'Enfant et Sainte Anne © Musée du Louvre/A. Dequier - M. Bard

Le Musée Maillol accueillera une exposition sur une femme artiste du courant caravagesque, Artemisia Gentileschi, peu représentée et pourtant captivante. Ça, c’est ce que j’appelle un truc intelligent. J’espère que ce sera à la hauteur de nos attentes, et, encore une fois, pour votre plus grand plaisir, Camille et Delphine s’en chargeront.

Toujours concernant la peinture italienne, le Musée du Luxembourg recevra une exposition sur Cima da Conegliano organisée par l’éminent Mr Giovanni C. F. Villa, qui l’année dernière a monté l’exposition sur Lorenzo Lotto aux Écuries du Quirinal à Rome (entre autres). J’aurai le plaisir de vous en parler. 

Alors, dès mars, c’est tomates-mozza pour tout le monde !

Vous voyez, finalement, il reste beaucoup de choses à faire. Et encore, je ne parle même pas du cinéma, ou des concerts à venir… Alors, 

STAY TUNED

et à bientôt sur Le Point C !

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Diane Arbus à fleur de Peau(me)

15 Nov

Exposition Diane Arbus au Jeu de Paume du18 Octobre 2011 au 5 Février 2012.

par Lulu.

Bon d’accord, je sais, le jeu de mots est facile je vous l’accorde, mais le titre est venu d’un coup comme ça : ça claque et ca colle bien à Diane Arbus. Alors, oui, à fleur de peau car cette rétrospective que nous présente le Jeu de Paume nous fait découvrir, pour la première fois en France, une artiste à la vision particulière et qui sort des sentiers battus ! Alors bon partant de là on vous épargne les sempiternels éloges sur la « plus grande photographe du XXème siècle », « la plus grande femme artiste de son temps », etc.

Non, on n’est pas là non plus pour se tartiner de pommade élégiaque (désolé je m’emporte même moi-même je ne sais pas trop ce que c’est !) mais plutôt pour vous donner envie d’aller voir cette exposition qui peut faire un peu peur ! Non, ça n’aura sans doute pas échappé à certains (pour ne pas dire tout le monde), les affiches de l’expo dans le métro font quand même flipper. On voit juste le nom de Diane Arbus, la date, le lieu et à coté la photo de ce gamin à Central Park ou de ces Deux jumelles qui semblent tout droit sorties d’un film d’horreur. Bon j’exagère à peine, mais le néophyte peut être déstabilisé.

Jumelles identiques, Roselle, N.J. 1967, Copyright © The Estate of Diane Arbus

Mais venons-en à l’exposition : finalement l’affiche annonce bien la couleur. Dès la première salle faut dire que je me suis un peu demandé où j’avais atterri ! Rien, mur blanc, un grand espace, et les photographies alignées, juxtaposées, et puis c’est tout. Là se côtoient le fameux Jeune homme en Bigoudis, une famille de Brooklyn, des nudistes, un patriote américain, le château de Disneyland en Californie…  Faut dire que ce n’est pas commode tout de même. Moi qui m’attendais à une exposition somme toute classique (pas péjoratif) avec le petit panneau d’introduction, les petites phrases sympathiques, les explications, les citations qui sonnent bien dans un devoir et tout et tout, et bien on en prend un coup.

Jeune homme en bigoudis chez lui, 20e Rue, N.Y.C. 1966, Copyright © The Estate of Diane Arbus

Une fois passé le premier choc, je me dis finalement que ce n’est pas plus mal et que ca change du carcan du parcours du combattant imposé des grandes expositions. L’espace est libre, clair, on flâne d’une photographie à l’autre, on compare, on va, on vient, et c’est plutôt agréable (malgré les gens qui photographient des photographies, et en plus avec le flash… faudra m’expliquer !). En ce sens je pense ne pas trop m’avancer en disant que l’on a là une vraie exposition de photographie qui présente cet art simplement, un peu comme une galerie, et qui finalement permet de prendre l’image pour ce qu’elle est en appréciant le format carré du Rolleiflex qu’elle utilise dès 1962.

Couple d’adolescents à Hudson Street, New York, 1963, Copyright © The Estate of Diane Arbus

Et c’est sans doute parce que c’est Diane Arbus qu’un tel accrochage marche bien, car ses photographies sont déroutantes mais à la fois parlent d’elle même. C’est simplement un regard personnel qui montre l’ambiance nocturne et marginale du New-York des années 60. On voit donc la vie américaine dans une période à la fois faste et encore difficile pour les minorités (notamment les travestis qui ont une grande place dans son travail). L’exposition montre véritablement comment Diane Arbus s’inscrit dans le courant humaniste et de la nouvelle subjectivité d’après-guerre aux USA, dont les meilleurs représentant sont un certain Robert Frank, ou bien plus encore Lisette Model.

Jeune homme au canotier attendant de défiler en faveur de la guerre, N.Y.C., 1967, Copyright © The Estate of Diane Arbus

Bref, ne vous découragez pas (ce n’est pas si prise de tête que cela !), on rigole tout de même bien tout au long de l’exposition. Pour vous le prouver, j’avoue avoir eu un petit faible pour la photo du nain dans une chambre d’hôtel avec son air hautain et séducteur qui me fait bien rire… parmi tant d’autres que vous découvrirez par vous-même.

Enfin tout ça pour dire qu’encore une fois le jeu de Paume présente comme chaque année (après les rétrospectives André Kertesz ou Lisette Model), LA grosse exposition de la rentrée sur un artiste-photographe, à la fois de part la qualité des tirages réunis et leur nombre. Ah oui j’oubliais quand même, pour les fans inconditionnels de l’information et des dates, les techniciens de la photographie, les bibliophiles, les philosophes de la photographie avides de citations (c’est tout ?!), ou même finalement les personnes normales, je vous conseille de glisser patiemment vers la fin de l’exposition où vous trouverez bonheur, joie et délectation (rien que ça !) dans toutes les explications, les carnets de notes, les négatifs, et le fameux Rolleiflex de Diane Arbus qui y sont présentés…

Arbre de Noël dans un living-room à Levittown, Long Island, N.Y.C, 1963, Copyright © The Estate of Diane Arbus


On a aimé :

La présentation originale qui laisse libre le spectateur

La qualité des tirages

La riche documentation de la fin de l’exposition


On a moins aimé :

Les gens qui s’obstinent à prendre des photos avec le flash !

L’aspect peut-être un peu brutal de l’entrée en matière qui peut déconcerter