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Le bon point de la semaine #28

22 Nov

par Aurore.

L’invitation au voyage x Louis Vuitton : dévoilé il y a une semaine, Vuitton sort à son tour un film/pub/production-gigantesque-qui-coûte-le-pib-du-Turkménistan. Vous pouvez découvrir sur le web, au cinéma et à la tv, le spot raccourci qui vous redirige vers le site web de la marque afin de vous délecter du film d’une heure (c’est ici).

Je vous en parle, parce qu’une fois encore (après Dior et Chanel) la culture est au centre des campagnes de luxe. Et oui, Louis V. n’a pas choisi de mettre Arizona Muse à Chatelet – les Halles mais bien au Louvre.

Oui, les amis, au centre du monde, vous l’avez compris. Ok, au centre de NOTRE monde ! La Joconde, les Noces de Cana. Une conférence d’histoire de l’art en accéléré et en version LV.

Alors pour l’anecdote : si vous vous demandez, oui les espaces du musée du Louvre sont ouverts à la location pour des films ou des campagnes de pub. Mais, ça coûte un petit peu cher (heureusement !) et tout cela se fait le mardi : jour de fermeture du musée.

Pour rester dans le domaine du luxe, j’enchaine rapidement avec le dernier film promotionnel de Chanel. Après le bide de Brad Pitt dans leur dernière campagne (si, si!), et oui le SNL était sur le coup (again !)

Chanel veut redorer son image de marque et exploite… Marilyn ! Et oui, vous pensiez qu’on n’avez déjà tout dit sur l’icône blonde, mais non, les petites mains Chanel sont allées fouiller dans les archives pour découvrir les infos qui les concernent

© Magnifique création par Le point C

Ecole du Louvre x birthday girl : Et oui, on était au musée du Louvre, dans la culture, tout ça, tout ça, et bien, restons-y. Et oui, on est corporate, et on ne passera pas à côté : hier l’Ecole du Louvre fêtait ses 130 ans. Oui, 130 bougies à souffler devant le beau monde de la profession, mais bien sûr sans les élèves. Sachez que l’Ecole était quasiment fermée, tout juste un petit parcours à l’écart pour se rendre en cours. Parqués, les mecs. Si vous voulez en savoir plus sur l’actualité de ce bel établissement, c’est ici. Et sinon, il y a des portes ouvertes le 1er Décembre.

En bref, quelques nouveautés à découvrir : la nouvelle pub du Slip Français.

Vous avez déjà entendu parler de cette marque qui a bien exploité la campagne présidentielle de 2012 (cliquez ici pour vérifier mes dires, et c’est suffisamment rare pour le noter) en détournant les affiches des candidats. Cette fois, la marque de sous-vêtements masculins est de retour et s’approprie l’esthétique 1950s qui fonctionne si bien. C’est Marie-Clotilde Ramos-Ibanez que vous avez déjà vu ici qui vous les brise. Littéralement. Enfin, sauf si vous achetez Le Slip Français !

Côté ciné, c’est la bande-annonce du prochain film de Valérie Donzelli.

Main dans la main introduit Valérie Lemercier dans la boucle du couple/ex-couple branché. Jérémy Elkaim est donc en couple avec ladite Valérie, avec qui il se retrouve lié par un sort étrange. Au passage, on ne passe pas à côté de la BO : ici, vous entendez Electricity de OMD.

On reste dans la musique, et c’est Para One qui sort son nouveau clip avec le titre « When the night ». S’il a délaissé ses mix tapes du temps de TTC, il reste très imprégné des années 1990, et réinterprète le porno chic de Tom Ford et Carine Roitfield. Non, je rigole, il met juste des images sexy qu’il détourne.

Allez, je vous laisse donc en bonne compagnie pour terminer cet hebdo.

Le bon point de la semaine #23

10 Oct

par Aurore.

Rothko vandalisé à la Tate Modern : vous connaissez bien les musées, ces endroits où on ne peut rien toucher, juste déambuler poliment et se délecter. Je le présente mal, mais nous on adore ça. Le musée, c’est quand même le palais des muses, la plus haute concentration de chefs d’œuvre au mètre carré. De la beauté à l’état pur. Mais hors de ce bâtiment béni des dieux, le monde est rude. Et parfois, des gens de l’extérieur rentre dans le musée (sinon le musée meurt d’ailleurs).

Il y a des gens méchants, très méchants. En début de semaine, Vladimir Umanets a tagué sur un Rothko “Vladimir Umanets, A Potential Piece of Yellowism.” Le petit génie fait ici sa pub : un site thisisyellowism.com existe où il explique son courant… Mais l’œuvre « Black on Marroon » datant de 1958 pourra être restaurée.

La Vénus au miroir, Diego Velasquez, vers 1647-1651, National Gallery, Londres.

Souvenez-vous, des œuvres d’art ont déjà été prises à partie, le plus impressionnant restant les coups de cutter sur la Venus à son miroir de Velasquez, par la suffragette Mary Richardson. Et pour leur rendre hommage, The telegraph vous propose un recap des dix pires vandalismes de l’histoire.

Le centre Pompidou virtuel : le 4 Octobre dernier, était inauguré le centre Pompidou virtuel, ici. Une plateforme accessible en ligne donc, qui offre des ressources diverses et variées pour toute personne qui disposerait d’un accès internet. Le musée met donc en œuvre une politique active pour réduire la distance entre les utilisateurs réguliers des musées et les autres et permet de ne plus privilégier les parisiens par rapport aux provinciaux en leur proposant un vrai contenu culturel. Alain Séban affirme ici sa volonté de prendre part à la « révolution numérique ». Le site a vocation de proposer des contenus toujours gratuits et peut être à l’avenir de créer des contenus exclusifs à destination des internautes. Des chiffres et plus d’info sur le site du ministère de la culture : culture.fr.

Lescop : on vous en a parlé dès la sortie de son premier morceau, la forêt. C’était la bande-son (très bien choisie) de la vidéo « L’écorcée » Mal-Aimée (on en a parlé ici). Aujourd’hui, Mal Aimée a fait du chemin, et a sorti une nouvelle vidéo d’ailleurs (présentation, toujours mise en scène, de sa collection SS2013), et Lescop est devenu le phénomène branché à côté duquel il ne faut plus passer. Avant hier, il était au Grand Journal (avec Garance Doré d’ailleurs, souvenez-vous ; cet hebdo est d’une cohérence ! c’est frappant). Mais ce n’est pas vraiment ça le signe de la branchitude, par contre être la nouvelle muse du directeur artistique de Saint Laurent Paris, par là j’entends shooté par Hedi Slimane  (mais vous savez déjà qui il était) et il a composé la musique du défilé Balenciaga, en écoute sur Soundcloud.

 

En bref, Brad Pitt est la nouvelle égérie du parfum Chanel n°5. Pour la maudite somme de 7 millions de dollars (et si), Brad Pitt prête sa voix et ses cheveux. En effet, pour le moment, les teasers dévoilés ne nous font pas profiter de grand chose d’autre du bellâtre. La marque est donc d’humeur philosophique : qu’est-ce que le mystère (« what’s the mystery ? »), où allez-vous ? (« are you going somewhere ? »), êtes-vous chanceux ? (« do you feel lucky ? »). Le spot complet devrait être dévoilé le 15 Octobre.

On reste dans le pays de Brad et Angelina, et on s’intéresse à ce qu’ils mangent (pas eux personnellement, mais dans la tradition américaine), j’entends « des burgers » dans le fond, et c’est tout à fait juste. La mode du burger qu’on déguste (à l’opposé du fast food) s’est emparé de la France depuis quelques années. Vous connaissez surement déjà Big Fernand : un restaurant tenu par de beaux jeunes hommes en chemise à carreaux, où vous pouvez composer le hamburger de votre choix. La semaine dernière, c’est le hot dog qui a été mis à l’honneur : Little Fernand est leur nouveau restaurant et c’est toujours rue du faubourg poissonnière dans le 10e.

Goude touché par la Grace

3 Déc

Goudemalion. Jean-Paul Goude, une rétrospective, au musée des Arts Décoratifs,

du 11 novembre 2011 au 18 mars 2012.

par Aurore.

Retour aux arts Déco où Jean-Paul Goude a été invité à présenter ses 40 ans de carrière. L’artiste est installé dans la nef, rien que ça. Donc vous vous souvenez bien du parcours pour aller voir Hussein Chalayan : on entre, on demande son ticket, on dit « bonjour » et « merci » à chaque fois. STOP : là, vous faites un quart de tour sur la droite, et vous y êtes. Une grande figure noire tourne sur elle-même alors que vous entrevoyez une locomotive dans le fond : Bienvenue dans l’exposition « Goudemalion. Jean-Paul Goude, une rétrospective ».

Portrait de Jean-Paul Goude © Jean-Paul Goude

Jean-Paul Goude, c’est une personnalité indéfinissable tellement ce qu’elle produit est riche et varié. Tour à tour photographe, directeur artistique, dessinateur ou encore réalisateur, il surprend et surtout il témoigne. Jean-Paul Goude a su se renouveler pendant toute sa carrière, il a su captiver et saisir les esprits les plus foisonnants de son temps. Il a côtoyé et mystifié les personnalités les plus créatives de son époque. C’est un touche à tout intelligent et talentueux. C’est dit simplement mais ça veut dire beaucoup.

Robe de maternité d’inspiration constructiviste, en collaboration avec Antonio Lopez, New York, 1980 © Jean-Paul Goude

 Vous voilà donc au pied de la nef, la hauteur sous plafond est impressionnante et les escaliers, qui vous mènent aux œuvres, solennels. Qu’à cela ne tienne, vous êtes prêts à braver toutes ces intimidations pour venir voir ce que Goude retient de ses quarante ans de carrière. Préparez-vous : ce qu’il a choisi de nous présenter respire l’évidence et la cohérence. Vous lisez les premiers textes explicatifs, vous montez au niveau de l’immense locomotive : Jean-Paul Goude a exploité cet espace magistral de façon audacieuse. La nef est entièrement occupée par la présentation du défilé du bicentenaire de la Révolution Française, dont la conception lui  est entièrement confiée (en 1989 donc). Mais on y reviendra plus tard. A droite, dans les « alcôves de la rue de Rivoli », Goude présente différentes installations, dont les Galeries Lafayette, les ektas découpés et d’autres. De l’autre côté, dans la « galerie des Tuileries », Goude présente de nombreuses créations, de la frise des Minets réalisée pour le magasin Brummel en 1960 au projet « Last queen of Seoul » dont les dernières images datent de 2011.

Affiche Coco parfum Chanel, 1991 © Jean-Paul Goude

Beaucoup de choses donc, mais j’ai trouvé (oui j’utilise décemment la première personne du singulier, je m’affirme !) que l’exposition était conçue de telle façon que rien ne demandait un effort. Oui, soyons un peu honnête (je vous implique maintenant !), on a tous fait des expos où on a dû se trainer à la fin (ou beaucoup plus tôt) car le propos, compliqué (ou mal présenté), avait tendance à nous sortir par les yeux. Je suis allée voir cette exposition un jeudi en nocturne après une journée de cours/bibliothèque/et autres obligations captivantes, et je ne l’ai pas vue passer (l’expo hein, parce que la journée avant sisi je l’ai bien sentie passer !).

Tout ça pour dire : le musée des arts déco conseille une heure trente pour la faire : si ça paraît un peu effrayant sur le papier, ça ne le sera pas en vrai. Promis ! L’exposition est composée de pièces si variées que les recherches de l’artiste apparaissent avoir été renouvelées en permanence, tout en demeurant incroyablement cohérentes.

Azzedine et Farida, Paris, 1985 Tirage photographique découpé et ruban adhésif © Jean-Paul Goude

Pour ne pas vous faire un article de 3 pages (non promis G, je ne le ferai plus), je me mets de suite à vous parler des objets, du propos justement. C’est Edgar Morin qui donne à Jean-Paul Goude ce surnom de « Goudemalion », Pygmalion étant le Roi de Chypre qui se fait faire une statue d’Aphrodite à laquelle il donne la vie. La carrière de Goude a été marqué par des rencontres : Grace Jones et Farida notamment, des femmes fatales qu’il a façonnées à l’image de ses fantasmes de créateur. En 1989, Jack Lang lui confie la responsabilité du défilé du Bicentenaire de la Révolution. Goude reconstitue des tribus ethniques rêvées, il conçoit les costumes, les machineries, les lumières. Il imagine tout : ses recherches et leur résultat sont présentées dans l’immense nef centrale. La locomotive spécialement créée pour le défilé est placée au centre et les murs sont ornés des photos et croquis des différents costumes. Les croquis sont anotés « non trop cher » ou « encore 1000 brebis et chiens » : un esprit infatiguable, on vous dit ! Au sol, des vidéos diffusent les images du défilé, en décalé : vous pouvez donc avancer dans la nef, et toujours suivre le défilé, sans en rater une miette, brillant !

Bicentenaire de la Révolution française, Paris, 14 juillet 1989 : The Florida A&M marching band © Jean-Paul Goude

Si vous choisissez de commencer par les pièces à votre droite, vous allez découvrir l’esprit pratique d’un créateur hors norme. J’ai adoré « 10 ans déjà », installation pour les Galeries Lafayette où 16 écrans vous entourent : les images montrent des gens sur les quais du métro et surprise ! un métro apparaît et fait le tour de la pièce, tous les figurants se penchent et retournent à leur occupation. La salle « ektas découpés » présente les plus célèbres de l’artiste, qui entre 1978 et 1998 s’adaptent à la technologie de son époque pour découper et recréer une silhouette. Allongés, déformés, amplifiés, ces nouveaux corps sont le fruit de nombreuses manipulations : du négatif à Photoshop, le temps passe. Mais surtout c’est la dernière salle qui m’a secouée : du violon, un siège de style, un écran noir, et rien. Une surprise apparaît mais je veux vous la laisser découvrir (si jamais vous voulez savoir écrivez-nous à redaction.lepointc@gmail.com mais je ne veux pas spoiler l’expo à tout le monde !).

Grace revue et corrigée, New York, 1978 Ekta découpé © Jean-Paul Goude

De l’autre côté, six salles qui présentent chronologiquement le travail de Goude. Son enfance et l’influence des dessinateurs de mode des années 1950 comme Gruau et Bérard, puis ses différents travaux de commande : installations néon, fresques, affiches…

Les ethnies, l’érotisme, la femme, les différences, la transformation, autant de thèmes qui reviennent toujours, mais exploités différemment. Saint Mandé, Esquire, Grace, aucune de ces grandes étapes n’est oubliée. Le graphisme que Goude tire sur la silhouette de Grace Jones est fascinant, ses déclinaisons, ses réinterprétations : elle devient une base de travail et un motif à la fois. Mais c’est la salle plus généraliste, Photo/pub/vidéo qui m’a le plus touchée. Les campagnes Lafayette, Kodak, incontournables donc. Mais aussi un cliché de l’actrice Maggie Cheung en 2006 ou le changement de sexe de la sulfureuse Læticia Casta dans L’Homme en 2004.

Les Galeries Lafayette : L’Homme, Paris, 2004 Collage © Jean-Paul Goude

L’image qui marque mon esprit reste la photo d’Estella Warren de 1996 : elle sort de l’univers graphique et minimaliste de Goude. Les couleurs pastels, les fleurs, serait-ce là du romantisme ?

Estella Warren © Jean-Paul Goude

Nul ne sait, mais ce dont je suis certaine c’est qu’on ressort de cette exposition avec des images plein les yeux. C’est toujours frappant de voir un artiste créer des choses si différentes, saisir son époque et ses travers tout en reproduisant des codes qui lui sont propres. Une image de Goude est toujours reconnaissable parmi 1000, pourtant elles ne sont jamais identiques. Chacune est marquée par son temps, par une atmosphère qui se ressent mais ne se voit pas.

Goudemalion, c’est donc un voyage dans le temps, truffé de beautés en tout genre, de couleurs, de formes, de voyages, d’aventures, mais dans lesquels on n’est jamais seul : on voit bien que Goude est à nos côtés tout le long !

En bref, on a aimé :

–       (re)découvrir toutes les campagnes de pub de Goude : comment le marketing peut être audacieux

–       retrouver l’icône Grace Jones dans ses grandes heures

–       découvrir des photo-montages bluffants et des physiologies impossibles faites avec des ciseaux et de la colle

–       découvrir la surprise de l’expo, blonde et russe. (haha)

On n’a pas aimé :

–       les lycéens qui envoient des textos et trainent la patte derrière un prof surexcité

–       les salles peut être un peu surchargées compte tenu de leur taille (galeries des Tuileries)

Pour aller plus loin : découvrez l’aide à la visite des arts Déco, disponible sur internet seulement (en tout cas moi je ne l’ai pas eu en salles).