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La tornade Lutz

5 Nov

Alex Lutz au Grand Point Virgule, jusqu’au 22 Décembre,

par Aurore & Grégoire.

Avec son visage d’ange et son air innocent, Alex Lutz ne nous faisait pas peur. Il semblait bien sympa, alors nous ne pouvions qu’être ravis de le découvrir au Grand Point Virgule, salle de spectacle tout juste inaugurée rue de l’arrivée à Montparnasse (Paris). Une fois installés sur le balcon (la salle n’a absolument rien à voir avec sa petite soeur du Marais), nous attendons patiemment que le spectacle commence. Et là, une fois qu’Alex arrive, nous allons de fous rires en surprises. Alex Lutz n’est pas méchant, mais et a du talent à revendre.

OSS 117 Rio ne répond plus – Jean Dujardin, Louise Monot et Alex Lutz

Alex Lutz, c’est ce mec qu’on voit partout dans le métro depuis de nombreux mois. C’est le metteur en scène de plusieurs pièces (Ils se re-aiment), mais c’est aussi le hippie de OSS 117 Rio ne répond plus, ou encore Catherine dans la revue de presse du Petit Journal. C’est alors que vous vous rendez compte que vous le connaissiez bien, que son apparition à l’écran vous a déjà causé des fous-rires surprenants. Véritable caméléon, maître de l’absurde, Alex Lutz n’a pas fini de vous surprendre et son one-man show en est un bel exemple !

Catherine et Liliane, alias Alex Lutz et Bruno Sanches, dans la revue de presse du Petit Journal © Canal Plus

 « Après deux saisons remarquées au Splendid’ et au Trévise, des exceptionnelles aux Folies Bergère et à Bobino, il revient sur scène avec une « formule enrichie ».

Retrouvez ses personnages les plus populaires, comme “la vendeuse” et “l’adolescente”, mais aussi le “directeur de casting odieux”, “le technicien”…

Jamais rassasié, il s’attaque à de toutes nouvelles proies au Grand Point Virgule.

 » Une merveille ! » LE POINT
« Une parfaite justesse, une drôlerie percutante » TÉLÉRAMA
« L’homme du moment, c’est Lui » LE PARISIEN »
(Extrait du site du Grand Point Virgule)

Aurore : c’est simple, le spectacle est trop court. Les sketches s’enchaînent, Alex est tour-à-tour une vendeuse, une adolescente, un vieux monsieur, un directeur de casting sans pitié, etc. Et chaque fois, son corps tout entier devient le personnage. Sa façon de bouger, ses mimiques, ses expressions, tout devient l’aboutissement d’un grand travail de recherche et d’observation. Et tout ça, rien pour vos yeux ébahis, mesdames et messieurs! ! Ce qui surprend d’emblée, c’est le choix de ses textes et de ses thèmes : Alex Lutz ne tombe pas dans la facilité, il joue uniquement des thèmes qui l’ont amusé. Un casting, un café à un bar, le choix d’une robe pour un enterrement, Alex Lutz innove même dans le choix de ses situations : et même si on ne se reconnait pas toujours dans ses personnages, leurs défauts nous font mourir de rire. Il parvient à emmener toute la salle dans ses délires absurdes. A aucun moment, on sent une minute de flottement, Alex Lutz se transforme devant nos yeux. Je ne pourrais vous dire combien de sketches j’ai vu, ni combien de fois j’ai manqué de tomber de ma chaise tellement je me poêlais, mais quand il nous dit « au revoir », on ne peut pas s’empêcher de se dire que ce n’était pas assez ! Alors courrez-y, c’est un spectacle à ne pas manquer, Alex Lutz a plus d’un tour dans son sac !

Grégoire : que dire d’original après cette dithyrambique et très juste critique ? Je ne connaissais pas du tout Lutz, même si j’avais vu toutes les affiches dans le métro. Oui, j’avais vu OSS 117, mais je n’avais pas fait le lien (eh, on ne peut pas être toujours au top). Et je dois dire que j’ai été agréablement bien surpris. Nombreux sont les comiques qui font sourire, mais ceux qui font rire sont bien plus rares. Or, Lutz m’a fait rire, et a même réussi à me faire oublier la chaleur écrasante qu’il faisait dans la salle. Ses personnages – j’avoue avoir un faible pour le technicien et le directeur de casting – révèlent un vrai jeu d’acteur. Lutz n’imite pas, il vit vraiment ses rôles. Tout son corps joue pour donner l’illusion et rendre son comique imparable. Absurde, oui, souvent, quand par exemple il vous raconte l’origine du mot « Montparnasse ». C’est du gros n’importe quoi. Alors je remercie le Grand Point Virgule de nous avoir invités à rire tous ensemble. Car oui, c’est la salle entière qui se marre, et à aucun moment il n’y a de blanc un peu gênant. En fait, ce type est assez attachant, mais sa gueule d’ange est trompeuse car il sait être incisif. Un vrai bonheur !

Informations pratiques : Grand Point Virgule, 8 bis rue de l’Arrivée, 75015

Alex Lutz, du mardi au samedi à 20h 30, les samedis à 17h 30

infos et réservations

Place à partir de 28€ sur internet.

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Du rock, des cheveux, et un chapeau haut de forme : Slash au Zénith de Paris

26 Oct

Concert de Slash au Zénith de Paris, le 20 octobre

par Alban.

Si je vous dis Saul Hudson vous me dites ?

Non rien ?

Slash bien sur !

Slash qui ? Slash Gordon ?

Mais non Slash, l’ex guitariste et co-fondateur du groupe de hard rock Guns n Roses. Elu 2ème meilleur guitariste de tous les temps par le Times Magasine derrière le grand Jimmy Hendrix. J’entends déjà les puristes gronder « et Van Halen ? Et Clapton ? Et Jimmy Page ? », qu’ils se ravisent. Même le King (non pas Elvis), BB King, ne s’y est pas trompé en invitant Slash à le rejoindre sur scène au King Albert Hall en 2011. Et si vous n’êtes pas convaincu, souvenez-vous du riff de guitare de Black or white  d’un certain Mickael Jackson. Et oui, c’est lui !

Néanmoins, la star n’a pas attendu les années 2000 pour se faire une place au panthéon du rock. Né en 1965 en Angleterre, d’une mère afro américaine et d’un père blanc, il rejoint les US au début des années 70. Bercé dans une culture mixte et profondément ancrée dans le milieu rock (sa mère entretient une liaison avec David Bowie) Saul s’éprend d’abord d’une passion dévorante pour le BMX. C’est finalement à l’âge de 13 ans qu’il découvre la guitare. Slash est donc la concentration en un seul homme de ce formidable mouvement qui émerge dans les années 80 en Californie : la naissance des sports extrêmes comme le BMX ou le skate (cf. Les seigneurs de Dogtown pour les skateurs, réalisé par Catherine Hardwick avec Heath Ledger notamment) et l’émergence d’une nouvelle vague de rock.

Influencé principalement par Aerosmith ou Led Zeppelin il est pourtant difficile de mettre Slash dans un carcan. Son indéfinissable mais identifiable entre tous, influences bluesies, ses riffs transcendent les foules comme des hymnes. De Knocking on Heaven’s door  à  Paradise city  en passant par  Sweet child O’mine  impossible de ne pas reconnaître la patte du chevelu leader des Guns. Ce n’est pas par hasard si en 2004 ce dernier est classé n°1 des riffs de guitare par le magazine « Total Guitar ».

Récemment popularisé par le jeu vidéo « Guitar Hero » Slash est passé à la postérité par son look et son jeu inimitable. Il s’en étonne lui-même « Du jour au lendemain, j’ai eu de nouveaux fans entre 6 et 10 ans, et la plupart d’entre eux ne savaient même pas que j’étais une vraie personne. » Ils ne savaient surtout pas ce que leur nouvelle idole avait fait dans sa vie. Ancien héroïnomane, alcoolique, destructeur de chambre d’hôtel en tout genre. Le portrait type de la rockstar comme on l’aime, tatouée, percée, qui sent le Jackda et la sueur, ne faisant qu’un avec sa Les Paul. Un rockeur, un vrai !

Mais tout ça c’est fini. Cure de désyntox’, plus de drogue, plus d’alcool (enfin presque), plus de Guns n Roses. Il s’est lancé dans une carrière solo. D’abord auprès du groupe Velvet Revolver et de Slash’s Sneakpit avant de réellement sortir son premier album solo. Intitulé sobrement « Slash » cet album sorti en avril 2010 est une succession de « featuring » parmi lesquels Fergie (Black Eyed Peas), Adam Levine (Maroon Five), Cypress Hill ou encore Lemmy Kemmilster (Mötörhead). Mais sans Axl Rose le chanteur de Guns… Ca y est ? La star est morte ? On va donc voir un gentil concert de musique baroque ?

C’est ce que nous allons découvrir, ce samedi 20 octobre 2012 à 20h30 au Zénith de Paris. Slash nous y présente son dernier album intitulé « Apocalyptic love » avec son nouveau groupe composé de mecs complètement « clean », Myles Kennedy au chant, Todd Kerns à la basse et Brent Fitz à la batterie qui avaient tous trois collaborés sur le précédent album.

Arrivé à 19h, je présente mon billet, de jeunes hôtesses vendent des bouchons d’oreilles, mais pourquoi donc ? Je pénètre dans une fosse déjà à trois quart remplie, tant pis pour le premier rang. Le groupe « Ginger wildheart » assure une première partie de 30 minutes. Pas inoubliable, 3 guitaristes, pas un seul solo et davantage de jeu de jambes que de jeu de guitare… Bref de toute manière on n’était pas venu pour ça. La lumière se rallume, les fans en tout genre discutent. A ma gauche une jeune fille me demande « Hey monsieur c’est quoi votre chanson préférée de Slash ? »… Intérieurement le mot chanson me surprend mais je réponds poliment « Paradise city ». Toutes les générations se côtoient, des fans de Guns de la première heure, des bickers, des jeunes gothiques plus maquillés que leur maman, et… des enfants…

Puis les lumières s’éteignent, la foule s’ébranle, hurle, la fosse déjà pleine s’avance de trois mètres dans le bruit de la saturation. Une voix d’outre-tombe hurle « Are you ready you all mother fuckers to rock n’roll ? » (pour la traduction voir Reverso). On y est ! Myles monte sur les amplis de retour. Slash est là, Les Paul, haut de forme, Ray-ban sur les yeux. Le premier titre est Halo, un son lourd extrait du dernier album, directement enchainé avec « Night train » un tube de Guns. L’avantage avec Slash c’est qu’il a signé la plupart des morceaux des Guns et que pour le prix d’un concert on en a deux. Déjà au bout de 10 minutes de concert les premières victimes sortent, les pompiers évacuent une vingtaine de personnes, Myles demande à la foule de reculer. L’ambiance et le ton sont donnés, pour les amateurs de Chantal Goya il faudra revenir. Les tubes des précédents albums se mêlent aux incontournables de Guns n’Roses. Slash se signe même d’un interminable blues, seul dans la lumière du projecteur de poursuite, guitare à la verticale posée sur la cuisse, 10 minutes d’un chorus aux très grosses influences Jimmy Page. Puis d’un nouveau moment solo sur le standard des Guns Rocketqueen, du pur bonheur !

S’il y avait une chose à redire sur ce concert ce serait peut-être un petit bémol sur la sono qui ne mettait pas toujours en valeur les rythmiques. Quoiqu’il en soit le public est survolté, des types passent en slam au-dessus de nos têtes. Je repense à la petite groopie du début et m’inquiète de son sort. Mais mon inquiétude est dépassée par les premières notes de Sweet Child O’mine, un pur moment de rock… Le Zénith reprend les paroles et les solos à la voix pendant tout le morceau. Le groupe nous offre même un inédit Far and Away qu’il n’avait jamais joué en concert et diversement apprécié dans la salle.

Puis arrive la fin de la performance. Le groupe quitte la scène mais la foule réclame encore un peu de rock. Alors ils reviennent. Slash, torse nu, tatouages et biceps en avant et c’est partie pour deux derniers morceaux. Mais quel finish ! Paradise City et son riff tintinnabulant embrase une dernière fois la foule en délire, les paillettes volent dans un Zénith aux anges. Un fan lance un drapeau français sur scène, les membres du groupe le déploient, la magique alchimie des rockstars et de leur public est à son comble. Un dernier salut, les lumières se rallument, c’est fini.

La tournée s’achèvera sur trois dernières dates à Bologne, Rome et Padoue, si le cœur vous en dit (et vous ne le regretterez pas) c’est le moment de se trouver une bonne excuse pour aller réviser sa Renaissance et son XVIIème italien ! Pour les prochaines dates en France il faudra guetter le site de la star, mais ne vous inquiétez pas, Slash fut conçu à Paris et y revient régulièrement 😉 

Doris Darling au Théâtre du Petit Saint-Martin

22 Oct

Doris Darling, au Théâtre du Petit Saint-Martin depuis le 14 septembre

par Aurore & Grégoire.

Egorgeuse de réputations, serial killeuse de carrières, Doris Wallis promène sa plume assassine dans la presse people anglaise, drapée dans un esprit de répartie qui fait les personnages de théâtre inoubliables, et régnant sans ambage sur une cour de quatre personnages aussi serviles que drôles. Comédie à suspense, anglaise, contemporaine, déjantée et redoutablement bien construite, Doris Darling est une farce sur les ravages comiques de la vanité humaine. L’écriture de Ben Elton, jubilatoire, libérée, surprend le spectateur sans relâche jusqu’à la dernière image. On devine quelques beaux fantômes, Oscar Wilde, les Monty Python, Ab-Fab, Bette Davis… Mais que ne ferait-on pas pour son petit quart d’heure de célébrité ? A ne rater sous aucun prétexte au Théâtre du Petit Saint-Martin ! (communiqué de presse)

DORIS DARLING

de Ben Elton. Traduction, Adaptation, Mise en Scène : Marianne Groves

avec Marianne Sergent, Amélie Etasse, Yannick Laurent, Eric Prat, Thierry Lopez.

Scénographie Gilles Touyard Lumières Orazio Trotta Vidéo groupe Razmar

Conception sonore Madame Miniature Stylisme Blandine Vincent

Maquillages Guillaume Bellu Coiffures et perruques Jérôme Caron

Chorégraphies Esther Linley Coordination physique U-Men Stunt

 

À partir du 14 septembre 2012

Du mardi au samedi à 21 h

Le dimanche à 15h

Réservations : http://doris-darling.com/

Aurore : Marianne Sergent arrive sur scène, c’est Doris, cette journaliste excentrique et sans pitié. Talons hauts, ceinture corsage rouge verni, Doris est une séductrice, une femme fatale. Sans remords, ni états d’âme, elle trace sa route. Tout d’abord, soyons honnêtes, c’est le corps surprenant de l’actrice qui retient l’attention. Mais rapidement, le personnage de Doris explose, égocentrique, excessive. On adore la détester. Malheureusement, les rôles secondaires qui l’entourent sont trop faibles et se retrouvent éclipsés par le personnage principal. Pourtant, l’histoire parvient à nous tenir en haleine. Les intrigues se nouent, les gags s’enchainent, et on ne voit pas passer le temps. L’humour est partout (jusque dans l’entracte…) et la fin est inattendue. C’est donc un spectacle à recommander absolument. La mise en scène, la lumière et le plateau sont à la mesure de la pièce : bien dosés, bien pensés et subtilement surprenant.

Grégoire : Qu’est ce qu’il est sympa, ce Théâtre du Petit Saint-Martin ! Coiffé d’un diadème de Miss France, l’ouvreur vous réservera un accueil des plus chaleureux. Ambiance cool, visibilité optimale ! Quand on va voir une « comédie anglaise », on s’attend toujours à beaucoup. Et mine de rien, Doris Darling marche très bien : Marianne Sergent est hyperactive, en plein dans son personnage, et sa langue est un véritable poignard. L’intrigue est bien ficelée, d’un cynisme parfois cruellement savoureux, et les personnages forment autour d’elle un tout vraiment cohérent. La fin est certes inattendue, mais tout se déroule un peu trop vite à mon sens. Il n’empêche qu’y aller, c’est à coup sûr passer un excellent moment ! 

Le cinéma est triste cette semaine. Et nous aussi.

9 Oct

par Baptiste.

Il y a 1 an, deux amis, connaissant toute la passion que je voue au cinéma, m’ont proposé d’écrire sur leur blog culturel, tout le bien et (surtout) le mal que je pense des films que je vais voir au cinéma (bien souvent seul, c’est ça la dure réalité de l’abonnement). J’ai, bien évidement, sauté sur cette occasion en or. Rendez-vous compte : s’épancher sur une passion, avec des blagues qui ne font rire que moi, lues par de jeunes innocents et surtout, aucune discussion sur mes propos donc le plaisir d’avoir (toujours) raison !

Soyons un peu sérieux ! Je tiens à commencer mon onanisme cinématographique par des remerciements. Merci aux rédacteurs en chef du Point C pour ce grand défouloir et pour cette aventure dans laquelle ils m’ont embarqué, Merci à tous ceux qui prennent le temps de lire ces critiques et enfin… pour sa pertinence, son humour, sa classe, son « humblitude » (son vocabulaire aussi)… Bref, Merci à Baptiste ! Revenons-en au Cinéma…

Cette semaine je ne vous offre pas un, ni deux… mais 4 avis ! L’expression « trop bon, trop con » n’a jamais eu autant de sens que cette semaine. Voulant vous faire plaisir je suis allé voir « Les Seigneurs », « Le Magasin des Suicides », « Savages » et « Resident Evil : Retribution »… Vous voyez où je veux en venir : oui, triste semaine de cinéma.

Les Seigneurs :

Ancienne star du football alcoolique et divorcée, José Garcia se trouve dans l’obligation d’entraîner l’équipe d’une petite île de Bretagne, dans le BUUUUT ! (disons plutôt : l’objectif…) de pouvoir continuer à voir sa fille (-émotion-). Mais ce n’est pas tout : il doit aussi qualifier le club le plus loin possible en Coupe de France, avec l’aide d’anciennes stars du ballon (Elmaleh, Dubosc, Sy, Starr, Ramzy) pour sauver l’entreprise à sardines, l’île et même l’Univers d’une invasion Extra-terrestre (non je déconne ! Mais uniquement pour le dernier, gloups…).

Verdict :

« Mesdames et messieurs, bienvenue dans cette salle de cinéma pour assister à ce qui ressemble à un futur Classico, Les Seigneurs. Ce match sera arbitré par Mr Olivier Dahan, qui s’est distingué en 2007, lors de la Finale aux Oscars, avec son équipe « La Môme ».

1′ : Et le coup d’envoi est donné par la bande de comiques ! Premier gag de José Garcia, aucune réaction dans la salle, pas d’inquiétude, les joueurs s’échauffent.

2′ : Passement de jambe de Gad Elmaleh pour le second gag, sans effet…

3′ : Franck Dubosc enchaîne avec Omar Sy et Joey Starr : VAAAANNE ET…. et c’est complètement à côté ! Grosse déception dans le public !

35′ : Moment d’émotion dans la salle, le public est en larme suite a ce mouvement de Ramzyyy… Ha non, le public baille !

45′ : 0-0 à la mi-temps. Que du déjà vu pour l’instant, tant dans les actions gags que les thèmes tactiques. Et dire qu’il y a une seconde période !

46′ : Retour dans ce stade de Bretagne ! Même le décor est déprimant et pourtant je suis normand… J’aurai même préféré que le match ait lieu en Corse, ils nous auraient mis le feu au stade au moins ! ç’aurait été un peu d’action en perspective…

76′ : Premier rire pour ma part ! Suite à un texto reçu d’un ami, il est vraiment trop con !

90’+9 : Toujours 0 à 0 ! Match plat et ridicule, seul Jean-Pierre Marielle semble avoir mouillé le maillot, mais niveau gags on voit la même chose à la télévision et côté foot on entend les même critiques depuis 1998, en passant par 2006. Le stade se vide… le stade EST vide ! Je suis seul ! Que l’arbitre siffle la fin de ce calvaire, pitié.

merci d’avoir subi cette rencontre, digne d’un « Camping 3 » ou d’un Nancy – Châteauroux ! Après avoir vu ça, on peut souhaiter mourir tranquille, d’ailleurs je connais un magasin… »

Le Magasin des Suicides :

Les Tuvache font fortune dans un commerce, un peu particulier : le suicide. Leur magasin vend à tous ceux qui veulent en finir avec leur triste vie, toutes sortes d’accessoires pour mettre fin à ses jours. Les affaires marchent très bien en ces temps de crise, jusqu’au jour où Madame Tuvache donne naissance au petit dernier de la famille. Mais malheur… Il est heureux de vivre et va finir par mettre en péril la boutique !

Verdict :

Nous le savons tous et l’avons vécu bien trop souvent, l’adaptation au cinéma d’un roman n’est pas chose aisée et bien trop de (grands) réalisateurs s’y sont cassés les dents (et pas que…). Je ne vous cacherai rien, c’est malheureusement le cas de ce « Magasin des Suicides » !

Pourtant le film de Patrice Leconte (Les Bronzés, Ridicule), qui dirige là son premier dessin animé, partait avec de sérieux atouts : un petit roman superbe de Jean Teulé, un cynisme bien senti, des passages musicaux (pour narguer Disney) et un dessin « so French Touch » (façon Les Triplettes de Belleville, L’Illusionniste).

Mais le mélange de la potion tourne rapidement au poison. Les chansons cassent le rythme du film, traînent en longueur et « tirent trop sur la corde » (de quoi faire râler les clients adeptes de la pendaison). Puis le cynisme laisse place aux bons sentiments sortis de chez Mickey, détruisant toutes les situations drôles du livre.

« Le Magasin des Suicides » est un Burton raté (qui a pensé au pléonasme ?) avec plusieurs de ses thèmes repris dont cette famille de freaks vivant dans une ambiance de mort ; mais nous sommes bien loin d’un « Étrange Noël de Mr Jack » ou des « Noces Funèbres ». J’ai cru mourir d’ennui devant ce triste spectacle. Déprimant ! Je me demande, si le film n’est pas un produit sorti tout droit du Magasin ? Dans ce cas, Leconte est vraiment une Peaudvache !

Frères humains qui après eux vivez, je vous conseille le livre du même nom de Jean Teulé, vous en ressortirez avec le sourire et sachant « qu’il en faut finalement peu pour être heureux… » Et pour être heureux, j’ai peut être une solution…

Savages :

Ben et Nut’s (heu…Chon), deux potes, et leur copine O. (Odile ?), dirigent un jardin botanique jusqu’au jour ou  Elena, la Reine du grand cartel mexicain de Baja, souhaite les embaucher et commercialiser leurs plantes.

Verdict : 

Nous le savons tous et l’avons vécus bien trop souvent, l’adaptation au cinéma d’un roman n’est pas chose aisée et bien trop de (grands) réalisateurs s’y sont cassés les dents (et pas que…). Oui, je viens de vous le dire, mais ça ne coûte rien d’en remettre une couche. Je ne vous cacherai rien, c’est malheureusement le cas de « Savages » ! Le film est un Oliver Stone de ces dernières années : Wall Street 2, W. Prometteur mais long, trop long ! La mise en scène est parfois nerveuse mais toujours lente, faite sans doute avec l’aide des produits des deux héros du film. On regrette l’époque où le réalisateur a fait dans le bien barré avec « Tueurs nés » (d’après un scénar’ de Tarantino). En parlant de scénario, celui-ci est plutôt bon. Il s’agit de l’adaptation fidèle du roman de Don Wislow (qui doit aimer lui aussi le cinéma de Q.T.)

Côté acteur, tout le monde s’est mis sous son cannabis : Taylor Kitsch (John Carter) et Aaron Taylor-Johnson (Kick Ass) sont mollassons (et toujours torse nu Mesdames/Mesdemoiselles); Salma Hayek la « Reine du Cartel » est une vraie garce à perruque (?) et Travolta… Et bien Travolta donne l’impression d’avoir passé plus de temps à grignotter et fumer que jouer.

Les seuls qui tirent leur barette du jeu sont Benicio Del Toro, taré et effrayant ; mais surtout… surtout, la « so XOXO » Blake Lively qui est superbe, sublime, sauvage, sexy… Elle m’a donné l’envie de chanter « Lively in the Sky ». Quoi son niveau de jeu ? Boarf, on s’en moque, non ?

Un peu déçu donc par « Savages », j’en attendais peut-être beaucoup trop… Mais mon bad trip n’était pas encore terminé !

Resident Evil Retribution :

Hâââ un Zombie… PAN, t’es mort ! Encore ? (Victor, 5 ans, que je garde en ce Mercredi après-midi pluvieux, vient de vous résumer le film)

Verdict :

Paul W. Anderson ne pouvait pas passer l’année sans nous polluer à nouveau l’écran avec sa saga. Sympa ! Rien de nouveau, Milla Jovovitch est toujours présente. Alice se souvient toujours de tout, Alice a tout compris mais Alice n’a rien vu venir ! Personne ne donnant l’impression de se fatiguer dans cette série (acteurs, réalisateur, scénaristes…), je ne vois pas pourquoi nous ne pourrions pas en faire autant…

Cette semaine on retiendra donc « que vous n’avez encore rien vu » (d’Alain Resnais et toujours en salle) et qu’Octobre est déjà là. Un conseil : patientez.

Les Menteurs au Théâtre de la Porte Saint-Martin

3 Oct

Les Menteurs, au Théâtre de la Porte Saint-Martin depuis le 7 septembre

par Aurore et Grégoire.

Mercredi dernier nous assistions à la dernière pièce de Chevallier et Laspalès (oui oui, c’est surprenant, mais on aime tester de nouvelles expériences), intitulée Les Menteurs, qui se joue depuis le 7 septembre. Le duo revient après son succès dans le Dîner de Cons. Voici un rapide synopsis de la pièce : « Chargés d’annoncer une mauvaise nouvelle à deux personnes âgées au cœur fragile, deux braves « bobbies » appuient sur la sonnette d’un petit pavillon le soir de Noël… La maladresse des deux policiers n’égalant que leur absence de jugeote, l’affaire prend rapidement une tournure des plus burlesques. La vieille dame n’a plus toute sa tête, une voisine inquiétante terrorise son monde, un pasteur cache quelque chose, une jeune fille peut en cacher une autre, un chien aboie, puis… De coups de théâtre en quiproquos désopilants, on rit sans cesse jusqu’au dénouement le plus inattendu. » (communiqué de presse)

LES MENTEURS

Adaptation Marianne GROVES. Avec Antoinette MOYA, Roger VAN HOOL,
Sophie GOURDINBruno CHAPELLENell DARMOUNI. Décors Charlie MANGEL.
Lumières Gaëlle de MALGLAIVE. Musique Guillaume et Renaud STIRN.
Costumes Juliette CHANAUD

Réservations : http://www.portestmartin.com/

À partir du 07 sept. 2012
Du mardi au vendredi à 20h
Le samedi à 16h45 et 20h30
Le dimanche à 15h

Aurore : Chevallier et Laspalès, on connait. Un duo qui fonctionne, des personnages qui s’accordent et des vannes absurdes qui fusent. On est donc plutôt content de les retrouver là. Malheureusement, les années ont passé et il semblerait que le rythme du duo se soit un peu ralenti. La pièce tourne donc autour de ces deux policiers peu débrouillards, pourtant les autres acteurs ne s’effacent pas devant les rôles titres. On adore le couple, et on a bien sûr un petit faible pour la vieille dame, qui sous ses airs de ne pas y toucher, a plus d’un tour dans son sac. Soyons honnêtes, on y va pour se détendre, pour se délecter du boulevard du meilleur effet. On sourit, on est surpris, mais on regrette que la dynamique semble un peu enraillée.

Grégoire : Que dire de plus ? J’avoue que bon, dès que Laspalès entre sur scène, on rit. Même s’il ne dit rien, juste pour sa tête. Et dès qu’il ouvre la bouche, on repense aux skecths mythiques. Aurore l’a dit : on y va pour se détendre. Avec quelques longueurs, de bonnes vannes un peu potaches parfois certes, la pièce fonctionne tout de même bien. On pourrait regretter de constater que le duo se renouvelle assez peu, mais d’un côté il utilise une formule qui marche toujours auprès d’un public qui lui est fidèle (aucune remarque concernant la moyenne d’âge). Très bon point pour le décor, vraiment bien agencé et assez absurde. Les autres acteurs sont bons, jusqu’à parfois se montrer plus drôles que les protagonistes… 

Here comes the sun

29 Sep

Sun, Cat Power,

par Delphine et Camille.

Voilà 6 ans que nous attendions le prochain album (original) de Chan Marshall, plus connue sous le nom de Cat Power. Groupies que nous sommes, nous attendions l’évènement avec impatience.

Mais pour dire vrai, les mots nous ont manqué pour décrire une artiste pourtant si inspirée. Pourquoi ? Parce qu’aimer Cat Power relève du sensible, et non de la raison. Envoutantes, attachantes, fragiles, toujours sur le fil, ses chansons nous caressent et nous enveloppent comme si elle nous les murmurait à l’oreille, nous donnant l’impression de baigner dans a Sea of love.
Révélée au grand public grâce à My Blueberry Nights, l’auteur-compositeur américaine revient de loin avec la fin d’une longue relation qui l’avait momentanément éloignée des studios, et s’offre une nouvelle renaissance avec Sun (dont le titre arrive à point).

A la première écoute, les fans de la première heure seront un peu déconcertés par la tonalité beaucoup plus électrique, parfois même joyeuse, de cet opus, habitués aux grandes envolées mélancoliques ou aux sons très cosy de The Greatest ou des reprises de Jukebox. Mais le charme opère toujours, nous prouvant que le talent, c’est aussi de se renouveler. Car cet album, fruit de trois années de travail, a été enregistré à la fois à Miami, Los Angeles et Paris, entre galères financières et remises en question. 40 ans semble être l’âge de la maturité artistique pour l’américaine au sang mi irlandais mi cherokee, qui a composé et enregistré l’album intégralement, jouant elle-même de tous les instruments. Même si Chan a choisi de s’entourer pour le mixage du producteur et musicien Philippe Zdar (Cassius, Phoenix, the Rapture… excusez nous du peu).
On retrouve ce même sentiment d’urgence, cette même sincérité brute, des premiers mots de Cherokee (« never knew love like this, never knew pain like this »), jusqu’à  l’hommage à Bowie dans Nothin but time (qui s’offre en toute simplicité, pour les chœurs, Monsieur Iggy Pop -ce cher David ayant dû décliner).
Emballées dès Cherokee par une composition envoûtante, nous sommes scotchées tout au long des quatre premiers morceaux très puissants ;  on apprécie également Manhattan, jolie balade planante. Le reste de l’album ne nous déçoit pas pour autant, parfaitement équilibré, chaque morceau accrochant notre oreille à sa façon.  On note la richesse de l’orchestration, avec en prime l’intrusion de musique électronique qui vient s’ajouter aux claviers et guitares. Sa diction s’accélère au point de se teinter de r’n’b sur 3, 6, 9 comme sur Peace and love, tout en gardant une saveur délicieusement rock.

Depuis la sortie de Sun, vous aurez peut-être remarqué la floraison d’articles autour de cet album, autant dans les incontournables Inrocks et autres Rolling Stones que dans la presse féminine, le sacrant disque de la rentrée, comme si aimer Cat Power était une évidence à la mode. Attitude un peu paradoxale quand on songe à l’univers indé dans lequel évolue la chanteuse depuis ses débuts, voilà déjà 17 ans, tout comme sa fragilité et la profonde modestie d’une artiste qui ne semble toujours pas réaliser le chemin parcouru depuis la sortie de Dear Sir en 1995. Elle s’étonne d’ailleurs encore aujourd’hui de l’engouement qu’elle suscite auprès de ses fans –et nous restons au premier rang !

PS : elle entame sa tournée cet automne, avec un passage le 10 décembre au Trianon … Nous on dit ça, on dit rien.

Iggy Pop au Casino de Paris : JACKPOT !

27 Sep

Concert privé d’Iggy Pop and the Stooges au Casino de Paris, 25 septembre 2012.

par Grégoire.

© Baptiste Maillard

Avant-hier soir avait lieu le concert ultra privé d’Iggy Pop & the Stooges au Casino de Paris, et c’est grâce à Nico (big up) que le Point C a pu y assister. J’avoue avoir eu un peu peur au début, après les reprises qu’Iggy avait faites des chansons d’Edith Piaf, de Joe Dassin ou d’Henri Salvador. Francophile l’Iguane, oui, mais quand même, faut pas pousser mémé dans les orties, même si c’est très tentant parce qu’elle est en culotte. Inutile de dire que j’attendais le Iggy que l’on connait, celui qui gueule et saute partout, celui qui ne peut pas s’empêcher de caser une insulte dans chacune de ses phrases. Et bah croyez-moi, nous n’avons pas été déçus. Bref, retour sur une expérience pleine de bières, de rock, de roll, de son, de slams, et d’acouphènes le lendemain matin.

Je vous plante le décor : une file d’attente, des types qui vous demandent si vous vendez des places, bref, une ambiance concert. Arrivés à l’intérieur (via l’accès presse SVP), et une fois notre bracelet rouge-rose-orange fluo au poignet, nous montons quelques marches pour arriver à l’espace Pression Live. Car oui, ce soir, c’est Kronembourg qui régale. Pression Live, c’est en effet la « plateforme » qui s’occupe de la musique chez Kro. Ils sont là à de nombreux festivals, et cherchent aussi à promouvoir les jeunes talents. Et tout cela dans la joie de la mousse. Du coup, avec mon cher acolyte de concert (grâce à qui le Point C avait la veille pu assister au concert des Naïve New Beaters au Studio SFR), on en profite, et sans compter.

C’était notre première fois au Casino de Paris, et le lieu est super. Le rouge des moquettes et des fauteuils est un parfait écrin pour les dorures, miroirs et autres éléments de cristal de style pseudo-rococo qui scintillent un peu partout (ok, ça ne se voit pas sur l’image). Petit point d’histoire sur le lieu : c’est vers 1730 que le duc de Richelieu décide de se faire construire un lieu isolé dans lequel il peut organiser les spectacles qu’il désire. Il prend le nom de Folie-Richelieu en 1779 (oui oui), puis devient le Tivoli en 1811, qui durant la deuxième moitié du XXe siècle devient un lieu ultra à la mode, grâce à sa patinoire. En 1891, la salle, qui s’appelle désormais le Palace Théâtre, est restaurée par Edouard Niermans, qui lui donne son nom et son aspect actuels.

Une esthétique luxueuse donc, qui n’est qu’accentuée par contraste avec l’ambiance joviale et la programmation musclée. Les gens semblent motivés, prêts à passer une bonne soirée, sans histoire. On croise même des sosies d’Axl Rose dans la salle. Le concert va bientôt commencer, alors on se cale sur un balcon. Iggy fait une entrée fracassante. Le son est fort, très fort. TRES fort. Après un premier titre que nous ne reconnaissons pas (non, nous ne sommes pas des fans hardcore), mais sur lequel le public slam déjà, il enchaine, sans presque aucune pause, sur Search and Destroy, morceau aux mythiques solos de guitare dont il existe une très bonne reprise par les Red Hot. La voici.

Sur Stranger, l’Iguane décide de faire monter du monde sur scène. Ca bouscule, ça chahute, mais les vigiles tiennent le coup. Et puis c’est bon enfant je vous dis, personne ne cherche à faire du mal. Tout le monde danse, Iggy crie dans son micro, les guitares s’emballent, appuyées par un saxophoniste fou. Le public retourne à sa place, mais c’est désormais l’Iguane qui va les rejoindre : il prend un peu d’élan et fait un slam, comme s’il avait 20 ans. Les cheveux trempés, en pleine transe, il assure. On pourrait croire que l’ambiance est au max, mais on est bien trop naïf ! I Wanna Be Your Dog déboule, suivie de No Fun, The Passenger et Louie Louie, dont les refrains sont scandés par la foule. Autant vous dire qu’on se régale.

« Where’s my fuckin’ free beer ? » s’écrie-t-il soudain. L’occasion pour nous de nous dire que Kronembourg/Pression Live assure sévère. Les moyens sont là, le show n’est pas négligé, et l’ambiance est plus qu’agréable. Rien à voir avec un truc ultra privé et guindé pour bobos en manque de sensations fortes : même le public des balcons bouge ! En bref, une performance géniale, à la hauteur de nos attentes. Les Stooges assurent derrière, et n’ont pas à craindre les nouveaux petits de la scène rock. A 65 ans, Iggy Pop a une pêche d’enfer, c’est assez bluffant. On se sentirait limite vieux à côté de lui. Une vraie légende !