Du rock, des cheveux, et un chapeau haut de forme : Slash au Zénith de Paris

26 Oct

Concert de Slash au Zénith de Paris, le 20 octobre

par Alban.

Si je vous dis Saul Hudson vous me dites ?

Non rien ?

Slash bien sur !

Slash qui ? Slash Gordon ?

Mais non Slash, l’ex guitariste et co-fondateur du groupe de hard rock Guns n Roses. Elu 2ème meilleur guitariste de tous les temps par le Times Magasine derrière le grand Jimmy Hendrix. J’entends déjà les puristes gronder « et Van Halen ? Et Clapton ? Et Jimmy Page ? », qu’ils se ravisent. Même le King (non pas Elvis), BB King, ne s’y est pas trompé en invitant Slash à le rejoindre sur scène au King Albert Hall en 2011. Et si vous n’êtes pas convaincu, souvenez-vous du riff de guitare de Black or white  d’un certain Mickael Jackson. Et oui, c’est lui !

Néanmoins, la star n’a pas attendu les années 2000 pour se faire une place au panthéon du rock. Né en 1965 en Angleterre, d’une mère afro américaine et d’un père blanc, il rejoint les US au début des années 70. Bercé dans une culture mixte et profondément ancrée dans le milieu rock (sa mère entretient une liaison avec David Bowie) Saul s’éprend d’abord d’une passion dévorante pour le BMX. C’est finalement à l’âge de 13 ans qu’il découvre la guitare. Slash est donc la concentration en un seul homme de ce formidable mouvement qui émerge dans les années 80 en Californie : la naissance des sports extrêmes comme le BMX ou le skate (cf. Les seigneurs de Dogtown pour les skateurs, réalisé par Catherine Hardwick avec Heath Ledger notamment) et l’émergence d’une nouvelle vague de rock.

Influencé principalement par Aerosmith ou Led Zeppelin il est pourtant difficile de mettre Slash dans un carcan. Son indéfinissable mais identifiable entre tous, influences bluesies, ses riffs transcendent les foules comme des hymnes. De Knocking on Heaven’s door  à  Paradise city  en passant par  Sweet child O’mine  impossible de ne pas reconnaître la patte du chevelu leader des Guns. Ce n’est pas par hasard si en 2004 ce dernier est classé n°1 des riffs de guitare par le magazine « Total Guitar ».

Récemment popularisé par le jeu vidéo « Guitar Hero » Slash est passé à la postérité par son look et son jeu inimitable. Il s’en étonne lui-même « Du jour au lendemain, j’ai eu de nouveaux fans entre 6 et 10 ans, et la plupart d’entre eux ne savaient même pas que j’étais une vraie personne. » Ils ne savaient surtout pas ce que leur nouvelle idole avait fait dans sa vie. Ancien héroïnomane, alcoolique, destructeur de chambre d’hôtel en tout genre. Le portrait type de la rockstar comme on l’aime, tatouée, percée, qui sent le Jackda et la sueur, ne faisant qu’un avec sa Les Paul. Un rockeur, un vrai !

Mais tout ça c’est fini. Cure de désyntox’, plus de drogue, plus d’alcool (enfin presque), plus de Guns n Roses. Il s’est lancé dans une carrière solo. D’abord auprès du groupe Velvet Revolver et de Slash’s Sneakpit avant de réellement sortir son premier album solo. Intitulé sobrement « Slash » cet album sorti en avril 2010 est une succession de « featuring » parmi lesquels Fergie (Black Eyed Peas), Adam Levine (Maroon Five), Cypress Hill ou encore Lemmy Kemmilster (Mötörhead). Mais sans Axl Rose le chanteur de Guns… Ca y est ? La star est morte ? On va donc voir un gentil concert de musique baroque ?

C’est ce que nous allons découvrir, ce samedi 20 octobre 2012 à 20h30 au Zénith de Paris. Slash nous y présente son dernier album intitulé « Apocalyptic love » avec son nouveau groupe composé de mecs complètement « clean », Myles Kennedy au chant, Todd Kerns à la basse et Brent Fitz à la batterie qui avaient tous trois collaborés sur le précédent album.

Arrivé à 19h, je présente mon billet, de jeunes hôtesses vendent des bouchons d’oreilles, mais pourquoi donc ? Je pénètre dans une fosse déjà à trois quart remplie, tant pis pour le premier rang. Le groupe « Ginger wildheart » assure une première partie de 30 minutes. Pas inoubliable, 3 guitaristes, pas un seul solo et davantage de jeu de jambes que de jeu de guitare… Bref de toute manière on n’était pas venu pour ça. La lumière se rallume, les fans en tout genre discutent. A ma gauche une jeune fille me demande « Hey monsieur c’est quoi votre chanson préférée de Slash ? »… Intérieurement le mot chanson me surprend mais je réponds poliment « Paradise city ». Toutes les générations se côtoient, des fans de Guns de la première heure, des bickers, des jeunes gothiques plus maquillés que leur maman, et… des enfants…

Puis les lumières s’éteignent, la foule s’ébranle, hurle, la fosse déjà pleine s’avance de trois mètres dans le bruit de la saturation. Une voix d’outre-tombe hurle « Are you ready you all mother fuckers to rock n’roll ? » (pour la traduction voir Reverso). On y est ! Myles monte sur les amplis de retour. Slash est là, Les Paul, haut de forme, Ray-ban sur les yeux. Le premier titre est Halo, un son lourd extrait du dernier album, directement enchainé avec « Night train » un tube de Guns. L’avantage avec Slash c’est qu’il a signé la plupart des morceaux des Guns et que pour le prix d’un concert on en a deux. Déjà au bout de 10 minutes de concert les premières victimes sortent, les pompiers évacuent une vingtaine de personnes, Myles demande à la foule de reculer. L’ambiance et le ton sont donnés, pour les amateurs de Chantal Goya il faudra revenir. Les tubes des précédents albums se mêlent aux incontournables de Guns n’Roses. Slash se signe même d’un interminable blues, seul dans la lumière du projecteur de poursuite, guitare à la verticale posée sur la cuisse, 10 minutes d’un chorus aux très grosses influences Jimmy Page. Puis d’un nouveau moment solo sur le standard des Guns Rocketqueen, du pur bonheur !

S’il y avait une chose à redire sur ce concert ce serait peut-être un petit bémol sur la sono qui ne mettait pas toujours en valeur les rythmiques. Quoiqu’il en soit le public est survolté, des types passent en slam au-dessus de nos têtes. Je repense à la petite groopie du début et m’inquiète de son sort. Mais mon inquiétude est dépassée par les premières notes de Sweet Child O’mine, un pur moment de rock… Le Zénith reprend les paroles et les solos à la voix pendant tout le morceau. Le groupe nous offre même un inédit Far and Away qu’il n’avait jamais joué en concert et diversement apprécié dans la salle.

Puis arrive la fin de la performance. Le groupe quitte la scène mais la foule réclame encore un peu de rock. Alors ils reviennent. Slash, torse nu, tatouages et biceps en avant et c’est partie pour deux derniers morceaux. Mais quel finish ! Paradise City et son riff tintinnabulant embrase une dernière fois la foule en délire, les paillettes volent dans un Zénith aux anges. Un fan lance un drapeau français sur scène, les membres du groupe le déploient, la magique alchimie des rockstars et de leur public est à son comble. Un dernier salut, les lumières se rallument, c’est fini.

La tournée s’achèvera sur trois dernières dates à Bologne, Rome et Padoue, si le cœur vous en dit (et vous ne le regretterez pas) c’est le moment de se trouver une bonne excuse pour aller réviser sa Renaissance et son XVIIème italien ! Pour les prochaines dates en France il faudra guetter le site de la star, mais ne vous inquiétez pas, Slash fut conçu à Paris et y revient régulièrement ;) 

2 Réponses to “Du rock, des cheveux, et un chapeau haut de forme : Slash au Zénith de Paris”

  1. B. de Chatillon 26 octobre 2012 à 18:37 #

    Tiens, Alban, un nouveau ? En tout cas, un gentleman qui s’inquiète du sort d’une fille qui l’appelle « monsieur » !

  2. Camille 27 octobre 2012 à 05:35 #

    Monsieur, c’est pas bien de dénigrer publiquement l’utilité du bouchon d’oreilles.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :