Here comes the sun

29 Sep

Sun, Cat Power,

par Delphine et Camille.

Voilà 6 ans que nous attendions le prochain album (original) de Chan Marshall, plus connue sous le nom de Cat Power. Groupies que nous sommes, nous attendions l’évènement avec impatience.

Mais pour dire vrai, les mots nous ont manqué pour décrire une artiste pourtant si inspirée. Pourquoi ? Parce qu’aimer Cat Power relève du sensible, et non de la raison. Envoutantes, attachantes, fragiles, toujours sur le fil, ses chansons nous caressent et nous enveloppent comme si elle nous les murmurait à l’oreille, nous donnant l’impression de baigner dans a Sea of love.
Révélée au grand public grâce à My Blueberry Nights, l’auteur-compositeur américaine revient de loin avec la fin d’une longue relation qui l’avait momentanément éloignée des studios, et s’offre une nouvelle renaissance avec Sun (dont le titre arrive à point).

A la première écoute, les fans de la première heure seront un peu déconcertés par la tonalité beaucoup plus électrique, parfois même joyeuse, de cet opus, habitués aux grandes envolées mélancoliques ou aux sons très cosy de The Greatest ou des reprises de Jukebox. Mais le charme opère toujours, nous prouvant que le talent, c’est aussi de se renouveler. Car cet album, fruit de trois années de travail, a été enregistré à la fois à Miami, Los Angeles et Paris, entre galères financières et remises en question. 40 ans semble être l’âge de la maturité artistique pour l’américaine au sang mi irlandais mi cherokee, qui a composé et enregistré l’album intégralement, jouant elle-même de tous les instruments. Même si Chan a choisi de s’entourer pour le mixage du producteur et musicien Philippe Zdar (Cassius, Phoenix, the Rapture… excusez nous du peu).
On retrouve ce même sentiment d’urgence, cette même sincérité brute, des premiers mots de Cherokee (« never knew love like this, never knew pain like this »), jusqu’à  l’hommage à Bowie dans Nothin but time (qui s’offre en toute simplicité, pour les chœurs, Monsieur Iggy Pop -ce cher David ayant dû décliner).
Emballées dès Cherokee par une composition envoûtante, nous sommes scotchées tout au long des quatre premiers morceaux très puissants ;  on apprécie également Manhattan, jolie balade planante. Le reste de l’album ne nous déçoit pas pour autant, parfaitement équilibré, chaque morceau accrochant notre oreille à sa façon.  On note la richesse de l’orchestration, avec en prime l’intrusion de musique électronique qui vient s’ajouter aux claviers et guitares. Sa diction s’accélère au point de se teinter de r’n’b sur 3, 6, 9 comme sur Peace and love, tout en gardant une saveur délicieusement rock.

Depuis la sortie de Sun, vous aurez peut-être remarqué la floraison d’articles autour de cet album, autant dans les incontournables Inrocks et autres Rolling Stones que dans la presse féminine, le sacrant disque de la rentrée, comme si aimer Cat Power était une évidence à la mode. Attitude un peu paradoxale quand on songe à l’univers indé dans lequel évolue la chanteuse depuis ses débuts, voilà déjà 17 ans, tout comme sa fragilité et la profonde modestie d’une artiste qui ne semble toujours pas réaliser le chemin parcouru depuis la sortie de Dear Sir en 1995. Elle s’étonne d’ailleurs encore aujourd’hui de l’engouement qu’elle suscite auprès de ses fans –et nous restons au premier rang !

PS : elle entame sa tournée cet automne, avec un passage le 10 décembre au Trianon … Nous on dit ça, on dit rien.

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