L’hebdo du Point C #46

16 Sep

par Grégoire.

Son de la semaine : Killing In The Name par Rage Against The Machine

Ce soir, on remet les pendules à l’heure. C’est fini la musique de gentils. Nous, ce qu’on veut, c’est du gros son sur lequel on peut sauter (si si) et crier des paroles que l’on ne comprend pas. Voici la grosse claque de votre fin de weekend, Killing In The Name par Rage Against The Machine. 

RATM (rien à voir avec un réseau de métro) est un groupe créé en 1990 à Los Angeles. Les deux fortes personnalités du groupe, Zack De La Rocha (chant ou cris) et Tom Morello (guitare) produisent, jusqu’à la dissolution du groupe en 2000 – avant qu’il ne se reforme en 2007 – un son mêlant métal, funk, hip-hop et punk.

Ce que l’on reconnait chez RATM, c’est les phrases de guitare bien lourdes (Wake Up, Bombtrack, et j’en passe), et le rap de De La Rocha, puissamment orienté vers les idées altermondialistes. Le groupe ne s’est pas privé d’appuyer certains mouvements de revendications sociales. Killing In The Name figure sur le premier album, intelligemment appelé Rage Against The Machine, qui révèle le groupe au public européen. La pochette est cette fameuse photo du bonze qui s’immole par le feu pour protester contre le régime sud-vietnamien.

Et BIM. 

Oeuvre de la semaine : la Mort de Marat par David

Aujourd’hui, faisons un peu d’histoire, et revenons aux temps à la fois sombres et pleins d’espoir de la fin du XVIIIe siècle. Le peuple a fait tomber la tête de l’oppression monarchique et s’est érigé en législateur. la voix des tribuns s’est élevée au-dessus des foules et les a menées, parfois à leurs risques et périls. Tournons-nous vers la Mort de Marat, oeuvre de Jacques-Louis-David datée de 1793 et conservée à Bruxelles. 

David, c’est un peu THE artiste de la période, le grand champion du courant néoclassique. Très intégré dans les hautes sphères, il devient très vite l’artiste le plus approché de son temps, qui seul peut traduire avec force et conviction les nouvelles idées politiques de l’époque. En 1792 Marat est nommé député de Paris à la Convention, peu après les massacres de septembre. Charlotte Corday, noble de Caen, voit en Marat le principal responsable de ces massacres révolutionnaires, et décide de l’assassiner, ce qu’elle fait en juillet 1793.

Ici, David compare le corps du député au corps du Christ, idéalisé et attirant fortement la lumière. En fait, il détourne l’iconographie chrétienne pour la mettre au service de l’idéologie républicaine d’exemplarité. Ce bel hommage mêle compassion et offense, et reste une des oeuvres de David les plus émouvantes, les plus réussies aussi. D’où les nombreuses versions !

Une vraie « Pietà jacobine » (Starobinski)

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