Wim Delvoye, la Belgique au Louvre

8 Sep

Wim Delvoye « Au Louvre », du 31 mai au 17 septembre, musée du Louvre, Paris.

par Grégoire.

La Belgique, ce ne sont pas que les frites, les fricadelles, la guerre entre les Flamands et les Wallons, Dikkenek ou je ne sais quoi encore. C’est aussi, entre autres, Wim Delvoye, artiste contemporain invité par le Louvre pour présenter certaines de ses dernières créations. L’expo se termine bientôt, et je compte bien vous donner envie d’y aller, si bien sûr vous ne l’avez pas visitée. A vos marques ! Prêts ? Feu ! Partez ! 

Wim Delvoye, Nautilus © Wim Delvoye ADAGP, 2012

L’exposition se développe au sein des collections permanentes, dans les appartements Napoléon III, les salles gothiques du département des Objets d’art, mais aussi dans les Tuileries. Tous ces espaces sont accessibles gratuitement pour les moins de 26 ans : raison suffisante pour y aller. Faisons un petit point sur l’artiste. Né en 1965, Wim Delvoye vit et travaille à Gand (donc il peut tout le temps aller voir le Polyptyque de l’Agneau Mystique de Van Eyck, le veinard). Il s’est fait connaître pour avoir conçu Cloaca, sa « machine à caca » (parfaitement). L’installation, à l’apparence d’un laboratoire scientifique, reproduit le processus de digestion, de l’aliment à l’excrément. Passons.

Après la collection Guggenheim à Venise en 2009, le musée Rodin à Paris en 2010 et le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles en 2011, c’est donc au tour du Louvre d’accueillir cet artiste atypique qui a révolutionné l’art contemporain (avec d’autres compatriotes comme Jan Fabre). Dès que vous arrivez sous la pyramide, vous restez bouche-bée devant Suppo, une gigantesque flèche de métal de 11 m de haut. Pas de photo pour cette oeuvre, je vous laisse le plaisir de la découvrir sur place.

afp.com/Fred Dufour

Une bonne quinzaine de créations sont dispersées dans quelques salles. Le contraste avec le luxe dégoulinant des appartements Napoléon III est intéressant, et étrangement les oeuvres se fondent très bien dans le décor. Chaque fois que l’on entre dans une nouvelle pièce, on les cherche du regard, et dès qu’on les a trouvées, on est tout content (oui oui). Les deux mondes s’entrent pas en conflit : au contraire, ils cohabitent intelligemment. Delvoye expose ses fameux cochons en « tapidermie » qui ont provoqué l’ire de la Fondation Brigitte Bardot en 2010. L’artiste avait tatoué des cochons, ce qui n’avait pas manqué d’entraîner des débats sur les limites de l’art contemporain. Ici, aucun cochon vivant qui se roulerait dans la boue sur un tapis Second Empire, juste du polyester. Calmos, Brigitte

Wim Delvoye, Kashan & Mughal Jail, 2010 Tapis de soie indienne sur un moule en polyester (tapisdermie) © Wim Delvoye ADAGP, 2012

Le Belge est aussi fasciné par l’architecture gothique. Ses sculptures en métal ciselé en imposent sévèrement, tout comme ses grands vitraux. Il plie tout à ses désirs, comme par exemple pour son Truck devant lequel se pressent de nombreux visiteurs… Il aime aussi faire vriller (désolé, je ne vois pas comment mieux l’exprimer) des sculptures d’étain, poussant le baroque à son paroxysme décoratif. Les pièces se répondent les unes les autres, et encore une fois (oui, je radote) s’intègrent vraiment très bien à l’ambiance riche et étouffante d’un décor Second Empire. Il déforme les créations et leur(s) signification(s).

Wim Delvoye, Twisted Dump Truck, 2011 (modèle à l’échelle 1/6) Acier inoxydable découpé au laser © Wim Delvoye ADAGP, 2012

 

Wim Delvoye, Daphnis & Chloë, 2011 Bronze poli argenté © Wim Delvoye ADAGP, 2012

Pour résumer, vous aurez compris qu’il faut aller au Louvre pour voir les oeuvres de Wim Delvoye. C’est gratuit (pour les jeunes, hein), c’est intéressant, et ça peut être amusant. Après Tony Cragg et ses imposantes sculptures, le Belge joue sur des dimensions plus réduites certes, mais aussi sur le détournement pleinement ironique de formes canoniques et auxquelles il est parfois difficile de toucher (comme un Crucifix). Les amoureux de l’art contemporain seront comblés, les fans d’arts décoratifs aussi, et les curieux y trouveront leur plaisir. Si après tout cela vous n’y allez pas, je veux bien me faire tatouer un tapis sur le corps. Vous avez bien lu, oui.

afp.com/Fred Dufour

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