Rock en Seine 2012, le debrief’

27 Août

par Aurore, Camille, Delphine et Grégoire.

Chaque année depuis 2004, le dernier week-end d’Août, le domaine de Saint Cloud devient le centre d’intérêt de plus de 200 000 personnes (sans compter toutes celles qui suivent par le biais des radios et des live tv). Vous avez compris, je parle de Rock En Seine. Cette édition 2012, pourtant critiquée pour sa programmation, célébrait les 10 ans de la marque « Rock en Seine ». Rappelez-vous, le premier RES c’était une seule scène et un seul jour : le Mercredi 27 Août 2003. Tout cela a bien changé depuis : en 2011, une quatrième scène s’ajoute aux scènes déjà connues.

C’est à huit mains que le Point C a couvert l’événement, huit oreilles pour profiter du son qui s’échappait des scènes de la Cascade, de l’Industrie, de la nouvelle scène Pression Live et bien sûr de la mythique Grande Scène. Retour sur trois jours où bière, foule et rock en tous genres, ont rythmé notre vie.

Cette édition 2012 s’annonçait bien, la programmation dévoile des artistes qu’on ne voit pas souvent sur les festivals, comme les Dandy Warhols ou Foster the People qui fait ici, sa deuxième scène française. Et puis, un évènement de cette ampleur sur Paris, ou presque, ça ne se refuse pas ! Notre été est donc balisé de Solidays à Rock en Seine, on sent venir la rentrée, mais le domaine de Saint Cloud nous offre un havre de paix qui sent encore bon les vacances. La dixième édition de Rock en Seine c’est aussi, plein de nouvelles activités : une grande roue, le rock’n’roll circus et la troupe Maori, fournisseur officiel en guirlandes de fleurs, très pratiques pour repérer sa bande de potes en festival. On n’a pas pu tout essayer, mais on salue les initiatives !

Vendredi 24 Août :

16h : Camille arrive sur les lieux du crime. En place, soldats ! Elle commence fort avec Citizens! groupe de hipsters fort pêchu.

17h : rendez-vous sur la Grande Scène, son marathon ne connait pas de pause, c’est au tour de The Asteroids Galaxy Tour d’accueillir notre groupie préférée. Un show un peu gâché par une averse, la pauvre Mette a dû déballer le short à paillettes et l’oeillade de biche en quantité pour dérider la foule. Mais joli ensemble de cuivres (et jolie oeillade).

18h : Delphine arrive (ne prenez JAMAIS la voiture pour RES, jamais !) pour Get Well Soon & l’ONDIF (Orchestre national d’Île de France). La voix grave de Konstantin Gropper se marie à ravir avec l’orchestre pour créer une ambiance grandiose et mélancolique qui nous transporte volontiers dans un univers à la Downtown Abbey.

18h 30 : pas le temps de traîner, il faut filer sur la Grande Scène pour voir Dionysos. C’est un Mathias Malzieu en grande forme, qui slame, fait monter le public sur scène pour danser le «bird’n roll». On n’en attendait pas moins, même si c’est toujours un bonheur !

19h 20 : c’est l’heure de la pause dîner, un petit wok (la cuisine du monde, grand classique en festi), sur fond de the Shins, parce qu’on ne plaisante pas avec le plaisir.

20h : le ventre plein, on court voir Bloc Party. Ils nous avaient manqué depuis leur dernier opus, il y a quatre ans. Pour leur deuxième passage à Rock en Seine, les anglais nous servent un set impeccable, mené bon enfant par le frétillant Kele Okereke. Quel plaisir de réentendre Banquet et This Modern Love !

21hSigur Ros, le trip nordique assuré. Notre groupie locale avait senti le vent : seule la 3e chanson du dernier album -déjà évoquée précédemment tant c’est un concentré de pure émotion- est jouée : Jonsi & Co ont privilégié un set permettant aux néophytes de découvrir leur pouvoir planant, et aux fans de la première heure de s’émouvoir avec Sæglópur ou Hoppipolla.

22hRetour à nos amours de collège (1er round) grâce à la troupe de l’énigmatique Brian Molko qui semble moins bien vieillir que ses morceaux -mais on lui pardonne.

Un petit regret pour ce premier jour : nous aurions aimé vous chroniquer C2C, néanmoins pour survivre au marathon de trois jours nous avons dû sacrifier les champions mondiaux de DMC…

Samedi 25 Août :

15h 30 : C’est au tour d’Aurore d’arriver sur le site, un bracelet vip au poignet, rendez-vous la scène Pression Live pour écouter Toy. En traversant le site, les rythmes enjoués de Of Monsters and Men atteignent ses oreilles. A Rock en Seine, la règle est simple : il faut faire un choix. Un rapide tour à l’exposition Rock’art, les 36 groupes de l’édition 2012 mis en image par 36 artistes, des créations inédites.

16h 30 : grâce à Pression Live, j’accède au backstage. Les loges et le catering n’ont plus de secret pour moi… je cherche des yeux un rocker à harponner. On finit le concert devant la fosse, aux côtés de la sécurité. Il est déjà temps de repartir.

17h : après une seconde bière, il est temps de bouger et retrouver les autres membres de mon équipée sauvage. Grégoire arrive à son tour. Il n’y a pas de réseau, le site se remplit. Super !

17h 30 : Hyphen Hyphen met l’ambiance, mais on file à Caravane Palace. Le concert nous surprend. Ça a swingué sec dans les chaumières, grâce aux beats endiablés et aux chorés follement rétro de la chanteuse. Comment résister ?

18h 30 : chouette un stand Kronembourg juste à côté de la scène de la Cascade, dur de ne pas céder ! Et puis, ça tombe bien, on avait soif !

20h : à peine de le temps de finir nos pintes, il est temps de courir voir Noel Gallagher sans Liam. On le retrouve avec émotion sur la scène qu’il n’avait jamais foulée en raison de la tragique séparation d’Oasis, trois ans plus tôt, juste avant le concert. Une belle revanche (But don’t look back in anger) pour le plus grand bonheur du public, ravi de retrouver le membre le plus sympa de la fratrie Gallagher. 

22h : le timing est serré, il faut manger et retrouver le duo de The Blacks Keys, on a tranché et on a dansé sur Everlasting Light. Mais avant, on a secoué nos cheveux  sur les beats déchainés des Eagles of Death Metal.  Côté Black Keys, le live est posé, plutôt tranquille, mais la reprise d’Everlasting light donne des frissons. Ils finissent avec Lonely Boy. Les Black Keys, c’est bien une des apparitions les plus attendues du festival, qui a su se montrer plus qu’à la hauteur. Le sexy Dan Auerbach (à bon entendeur…) et son accolyte Pat Carney ont fait danser et chanter la foule extatique avec leurs riffs bien teintés de blues. On ne s’en remet pas !

00h : il commence à se faire tard, la bière pèse sur nos petits corps déjà éreintés, on tente de découvrir le son d’Agoria.

00h 30 : on est trop près de la scène, ou juste trop faible, mais les basses d’Agoria vont nous coûter une descente d’organes. On se ravise.

01h : un dernier tour sur la scène Pression Live pour écouter le Mark Lanegan Band, mais il est déjà temps de se séparer. Et demain sera un nouveau jour.

Dimanche 26 Août :

16h 30 : notre seul but aujourd’hui est quasiment de ne voir que Passion Pit. On passe donc rapidement devant Stuck in the sound et nous filons nous installer devant la scène Pression Live. Bon, le terrain est en pente donc difficile de se positionner.

17h 16 : Mickael et ses acolytes arrivent, et s’ensuit 50 minutes de live survolté. Le public est jeune mais complètement déchainé. Mickael sait gérer la foule. On a chanté, dansé, on peut dire qu’on a bien accroché ! Et si tout le monde n’a pas le bonheur de connaître personnellement le chanteur, ça n’a pas empêché le public d’adhérer totalement à l’univers scintillant du tout jeune groupe ! 

18h : nous, et environ 60 000 personnes, décidons d’aller directement de Passion Pit à la Grande Scène. A l’autre bout du site ce sont les Dandy Warhols qui jouent. L’ambiance mi-psychédélique mi-anarchique nous envahitLes Dandy’s sont comme le bon vin : ils bonifient en vieillissant, on apprécie un bon vieux «We used to be friends», ainsi que le cru 2012 ! « Get off » finit de nous mettre dans le bain. Un petit aperçu de la prestation, juste pour vous !

19h : avant Little Dragon, nous avons une grosse heure. Allons-nous manger comme la moitié des spectateurs ou… allons boire une bière plutôt !

20h : Little Dragon se révèle être une excellente surprise en live, même si les reverbs sur la voix de la chanteuse peuvent devenir, légèrement, lassantes…

21h : on écoute Foster the People de loin (d’un bar en réalité), on est sceptiques, pourtant le final sur « Pumped up Kicks » nous donne la patate. Les petits jeunes sont à la hauteur et transportent le public, heureux de partager avec lui une des dernières dates de leur longue tournée, qu’ils célèbrent en invitant Kimbra à les rejoindre (classe !)  Une grosse égérie gonflée et des confettis blancs, un vrai final de stade de France. Non, vraiment, on a été agréablement surpris ! (non la vidéo n’est pas celle du final…)

22h : comme on a attendu la fin du concert des Foster the People, on a raté le début de celui de Green Day. On traverse le site en courrant. Juste à temps pour entendre « Holidays » au loin. Quand on arrive sur place, c’est la folie.

 

23h : last but not least, c’est le retour au collège, final round. Le public donne avec Green Day ses dernières forces. Il faut dire que Billie Joe Amstrong est facétieux comme un gamin de cinq ans auquel on aurait filé une voix de stentor et une grosse guitare en kit. En avant pour l’arrosage du public, les lancers de PQ et les tubes enchaînés à vitesse grand V. On n’y passe pas la nuit, car, admettons-le, nous ne sommes pas des grands connaisseurs de la disco du groupe. On est un peu paumé, surement blasé par l’ambiance mise par « Holidays ». Après deux reprises très courtes (ACDC et Led Zep), on décide d’abandonner. Un dernier tour de piste et on s’en va. Il y en a qui bosse demain, après tout !

 

Aurore :

– pourquoi es-tu allée à RES ?  Honnêtement ? j’ai été invité, mais je rêvais d’y aller de toutes façons, simplement j’avais du mal à me résoudre de payer 100 € ! Sinon pourquoi ? c’est facile, passer le week-end entre copains à boire de la bière et écouter plus de dix groupes aussi différents qu’excitants ! Dur de résister.

– le moment fort du festival : le samedi, « Everlasting Light » et le dimanche, « Holidays »

– la bonne surprise du festival : Passion Pit !

– quel conseil pour que Rock en Seine devienne le plus grand festival du monde ? une programmation plus équilibrée, cette année, le meilleur jour avait l’air d’être vendredi… Et il y en a qui bosse, je le rappelle !

Camille :

pourquoi es-tu allée à RES ?  L’an dernier, Delphine m’a avertie du passage des Kills et des Artic Monkeys. J’ai saisi l’occasion, et ai lancé ce qui sera mon rituel pré-rentrée ultime !

le moment fort du festival : Sigur Ros qui joue mon Varúð adoré, ou Dan qui nous sussure Everlasting light avec une voix à en faire frétiller une nonne. Quoique j’adore aussi Gold on the ceiling… bref.

ce qui aurait pu être mieux : une heure à peine de Black Keys, ce n’est pas assez. Les fans de Noel Gallagher et des Dandy’s vous diront la même. On veut plus de musique !

–  quels conseils pr la prog’ de l’année pro ? Je crois que Crystal Castles et The Hives sortent des albums cette année : ça, c’est la caution fitness. Sinon, on va avoir un nouveau Cat Power à la rentrée, et je vendrais père et mère pour elle. Puis tant qu’on est dans le régressif, un petit Offspring vous finit un été en beauté ! Et j’aurais aimé qu’ils programment Blur ou M83 cette année…

Delphine :

pourquoi es-tu allée à RES ?  C’est la tradition familiale  à laquelle pour rien au monde je ne voudrais me dérober, la programmation étant toujours aussi alléchante d’années en années !

le moment fort du festival : incapable de choisir, mais the Black Keys fut définitivement la performance la plus spectaculaire du festival (malgré mon immense amour pour les Warhols).

ce qui aurait pu être mieux : la succession de groupes géniaux à des scènes différentes, vous forçant à rogner sur un concert pour apprécier le suivant. Trop de bons groupes en somme.

–  quels conseils pr la prog’ de l’année prochaine ? Idem pour Cat Power, un bon Gorillaz serait détonnant (mais est ce bien réalisable?), et quitte à prendre ses désirs pour des réalités, Jack White s’il vous plait (merci de faire suivre au service de la prog).

Grégoire :

pourquoi es-tu allé à RES ? Perso, c’est ma première fois. C’est grâce à un super ami que j’ai eu un pass pour le samedi. Pour le dimanche, j’ai fait jouer mon network ahah. Non, en gros j’ai été chanceux de pouvoir faire deux jours sur trois GRATOS. J’en vois qui deviennent verts au fond. Vert, c’était la couleur du badge VIP dimanche. Et bam.

le moment fort du festival : il y en a eu plusieurs. Je dirais (comme tout le monde), que j’ai adoré les Black Keys. J’ai été surpris par Caravan Palace, que je n’aime pas sur CD. Mais bon, faut dire que ça met une bonne ambiance. Et le violoniste est déjanté. Autre moment fort, Don’t Look Back in Anger chanté par Noël Gallagher et… toute la foule. Sinon, Passion Pit ne m’a pas déçu, et j’avoue avoir été tout chose devant Green Day. Oui oui, tout chose.

ce qui aurait pu être mieux : franchement, le son laissait parfois à désirer. Trop fort pour Agoria (les basses qui font vibrer le jean), mal mixé pour les Dandy. Mais dans l’ensemble, on va pas chipoter hein, l’important c’est cette merveilleuse chose impalpable que l’on appelle l’ambiance.

– quels conseils pr la prog’ de l’année prochaine ? Delphine, je suis ultra d’accord pour Jack White. Lui, il enverrait les bûchettes ! Sinon, j’en sais trop rien. A vrai dire, j’aime être surpris. (comment se sortir d’une question difficile ahah).

Photos : © Aurore Bayle-Loudet

Merci à Pression Live, Nicolas Maday (@ykw.fr), Passion Pit, Mr Maillard

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :