Quand les Mayas tombent le masque…

29 Mai

Les masques de jade mayas,  jusqu’au 10 juin, Pinacothèque de Paris,

par Louise.

Après s’être intéressée à la place de l’or chez les Incas, la Pinacothèque poursuit son exploration des cultures précolombiennes en présentant la culture maya sous un angle essentiel et pourtant négligé de son art : la sculpture. Une fois de plus, l’accent est porté sur un matériau qui revêt une grande importance dans la civilisation à laquelle l’exposition est dédiée, à savoir le jade.

Le peuple maya, large groupe culturel étendu tant dans le temps que dans l’espace, jouit d’une renommée internationale sans pour autant être véritablement connu du grand public. Car si certains sites majeurs de cette civilisation sont justement fameux (Palenque, Chichen Itzá…), ils ne peuvent être entièrement compris que dans le contexte de leur création. L’exposition, qui fournit d’amples informations sur les masques de jadéite, apporte également un large échantillon de céramiques, de portraits et de bas-reliefs, et ne manque pas de faire le lien entre la sculpture et l’architecture mayas.

Le parcours, étayé de nombreuses informations, se veut logique et didactique. Le visiteur survole la cosmogonie, les rituels, les monuments, la structure sociale et deux cités majeures du Ier millénaire avant de pénétrer dans les salles reconstituant sept tombes royales. Les œuvres, parfois de très grande qualité (on peut entre autres apprécier le captif de Toniná) datent toutes de l’époque classique, certainement par souci de clarté. Car l’histoire du monde maya est complexe : une chronologie, qui se voudrait à la fois détaillée et synthétique, perd plus qu’elle n’aide le visiteur.

A noter, la reconstitution de la chambre funéraire du roi Pakal du très célèbre Temple des Inscriptions à Palenque, est entièrement composée de fac-similés. L’absence des œuvres originales est soigneusement justifiée, et la technique de copie rapidement expliquée. Même si le résultat laisse à désirer, il permet de visualiser la tombe de l’un des plus grands souverains mayas.

Concernant le côté pratique de la visite, une très bonne vidéo localise les sites archéologiques principaux et donne à voir les sculptures architecturales en contexte. L’éclairage met réellement en valeur les pièces, fait assez rare pour être relevé. On appréciera également la présence d’un miroir permettant de voir le verso d’une plaque de jade gravée. L’entrée (8€) reste onéreuse pour des étudiants, mais on remarque une certaine corrélation entre la qualité de l’exposition et son tarif.

Ainsi la Pinacothèque, tout en remplissant son devoir concernant le thème de l’exposition, présente un réel tour d’horizon de cette culture méso-américaine. Petit plus : « L’essentiel » de l’exposition, vendu 4€50 à la boutique. Il reprend les textes et la plupart des œuvres présentées, agrémentés d’encadrés pertinents et accessibles.

On a aimé :

– Le propos, détaillé tout en restant clair

– Les œuvres de qualité

– Les liens entre les différentes techniques artistiques

– L’éclairage

On a moins aimé :

– Le fac-similé (quand même, on dirait un masque en céramique glaçurée)

– La chronologie

 

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