« Cannes a ri et Cannes happé»

24 Mai

par Baptiste.

Et c’est parti pour 15 jours de folie. Strass et paillettes, champagne à flots, scandales, Sex Drugs and… Cinéma !

Cette année encore, la sélection est à la hauteur du plus grand Festival International, avec : Yousry Nasrallah, Tomas Vinterberg, Im Sang-Soo, Sergei Loznista, Ulrich Seidi… En somme, des grands  réalisateurs du 7ème art ! Ces noms ne vous disent rien ? Mais si ! Ce sont eux qui chaque année nous proposent des films politico-socialo-économiques avec « un prêtre Coréen marié à une pute Roumaine unijambiste, qui partent adopter un petit Népalais aveugle dans un foyer situé en Egypte en proie à la révolution » !

Bref, revenons-en aux « populos » de Cannes : Brad Pitt, Isabelle Huppert, Alain Resnais, Nicole Kidman, Audrey Tautou, Madagascar 3… Et cette semaine, jetons un œil sur deux films en compétition.

Le premier, la comédie « Moonrise Kingdom » de Wes Anderson (Darjeling Limited, La vie aquatique) avec un casting 4 étoiles : Bruce Willis, Bill Murray, Edward Norton, Frances McDormand, Harvey Keitel, Jason Schartzman, Tilda Swinton !

Le deuxième, le drame « De Rouille et d’Os » de Jacques Audiard (Sur mes lèvres, Un Prophète) avec Marion Cotillard, Matthias Schoenaerts, Bouli Lanners. J’admets avoir été très sceptique à l’idée de voir ce film, dont la bande-annonce semblait annoncer la rencontre d’ « Intouchables » et « Sauvez Willy ». Mais après tout, quoi de mieux que (des) Cannes pour soutenir une… nan, je ne la ferai pas !

Synopsis :

–        Moonrise Kingdom

Sam, échappé de son camp de scouts, part retrouver Suzy, fille de retraités vivant sur l’île. Ensemble, les deux tourtereaux traverseront l’île à la recherche de leur Eden. Mais leur voyage ne sera pas aisé, ils seront poursuivis par l’ensemble du camp et leur chef (Edward Norton), les parents de la jeune fille (Bill Murray et France McDormand) et l’inspecteur de lîle (Brice Willus, euh, Bruce Willis).

–        De Rouille et d’Os

Ali (Mathias Schoenaerts), accompagné de son fils de 5 ans, est un vagabond fraîchement embauché comme videur dans  une boite de nuit à Antibes. Un soir, il vient au secours de Stéphanie (Marion Cotillard) lors d’une bagarre.

Quelques jours après, Stéphanie est victime d’un accident d’orque et se retrouve amputées de ses deux jambes. Elle se tourne vers la seule personne susceptible de l’aider, Ali.

Verdict :

–        Moonrise Kingdom : Les bons contes…

Wes Anderson réalise à nouveau un film-chorale. Présenté comme tel lors du générique de début (tout en travelling) dans lequel les noms des acteurs s’inscrivent pendant qu’un vinyle présente l’ensemble d’un orchestre : instruments, partition, rôle.

Dans ce film les rapports Adultes/Enfants sont inversés. En effet, les scouts prennent les commandes et les deux héros du film vivent une histoire d’amour de grandes personnes. Alors que les adultes sont des paumés, des gentils loosers. Leurs noms sont d’ailleurs remplacés par leur métier, tel des « codes scout » (Inspecteur, Maître, Action Sociale, Chef Scout…). Cependant, on prend un malin plaisir à voir ces grands acteurs du cinéma américain casser leur image de dur ou méchant (Bruce Willis, Tilda Swinton notamment).

On pourra s’interroger sur le jeu des jeunes acteurs : réellement mauvais ou voulu maladroit par le réalisateur, pour accentuer l’ambiance décalée de cette histoire. Qu’importe, Moonrise Kingdom reste un conte joyeusement naïf et rafraîchissant. Mention Spéciale à Bruce Willis qui a retrouvé la formule capillaire. Comme quoi, ça ne tenait qu’à un cheveu !

–        De Rouille et d’Os : Quel pied !

Audiard prouve une fois de plus qu’il est le boss du cinéma hexagonal et qu’il ne travaille jamais par-dessus la jambe. Chez lui aucun rond de jambes, la mise en scène est magistrale et brutale. Il filme des « bêtes » engendrées par la société (crise économique, chômage, accidents…) qui luttent dans la violence, le sang et les larmes pour leur survie. Comme souvent chez le réalisateur, il nous montre des monstres frappés par la vie, à la recherche de leur part d’humanité.

Même si je ne souhaite pas vous révéler l’ensemble de l’histoire, pour que le choc soit total, j’ai trouvé que le film tombait à point nommé, peu de temps après le succès phénoménal (mérité !) d’Intouchables. S’il est « plus facile de rire » en fauteuil quand on est millionnaire, il en va tout autrement quand on ne peut se payer le luxe d’avoir un assistant permanent. Pour les plus pauvres, c’est une vie de lutte avec soi-même (acceptation, rééducation…) et avec la société (regard des autres, assurances et non remboursements, sens de la vie…).

Le film peut sembler se perdre un peu en longueur, et l’on pourra regretter une fin un peu « bon sentiments ». Mais je ne vous tiendrai pas la jambe plus longtemps. Allez-y, courrez-y (vous la voyez venir ?)… Oui, prenez vos jambes à votre cou ! Audiard a encore frappé fort (il nous scie même) et ça… ça ne nous fait pas que de belles jambes ! Mention Spéciale pour Willy qui nous interprète (enfin!) un rôle de méchant-maladroit. Après le chien Uggy et sa « Palm Dog » pour The Artist, Willy en lice pour la « Palm Fish » ?

La semaine prochaine, on reprend le volant pour Cannes avec : Cosmopolis et Sur la Route !

 

2 Réponses to “« Cannes a ri et Cannes happé»”

  1. Camille 24 mai 2012 à 19:46 #

    Je ne peux pas m’empêcher de ricaner en lisant la phrase: « victime d’un accident d’orque » …

  2. Angela Donava 25 mai 2012 à 08:31 #

    J’aime les videos!!!Superrr!

    Angela Donava
    http://www.lookbooks.fr

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