Le côté « dark » de la boule à facettes

12 Mai

par Baptiste.

Je l’avoue ! J’ai mis du temps à trouver un film sur lequel écrire. Dernièrement j’ai alterné le très mauvais, avec Battleship, comme si le jeu de la bataille navale n’était pas déjà suffisamment désolant, nos amis américains ont trouvé un moyen de recycler les bobines inutilisées de la trilogie  Tranformers ! On attend « Puissance 4 »  avec impartience. J’ai aussi tapé dans l’inutile (Titanic 3D, où je découvre avec surprise que la fin est toujours la même), le lourdingue  (American Pie 4, histoire d’en finir cette foutue tarte) et le bon, voir très bon au succès immédiat.

Mais ça je vous en parlerai plus tard… 

A une semaine du début d’un Festival de Cannes qui s’annonce prometteur, il me fallait impérativement un tour de chauffe et mon choix s’est porté sur : « Dark Shadows ».

Les raisons de ce choix sont simples : il s’agit de la huitième collaboration de Tim Burton et Johnny Depp. Il faut croire que le changement ce n’est pas tout à fait pour maintenant, alors nous voilà repartis pour de nouvelles aventures avec le duo gothique le plus haut en couleur. Le casting est alléchant avec : Mrs Burton/Elena Bonham Carter (Le discours d’un Roi, Alice aux Pays des Merveilles), Eva Green (Casino Royale, Kingdom of Heaven) et Michelle Pfeiffer (Batman le défi, Chéri). Vous l’aurez compris, les pires vamps sont de sortie ! (au passage, je viens d’inventer le jeux de mots en verlant… inutile de me remercier). Même si le succès est toujours au rendez-vous, leurs deux derniers films ont divisé la critique et le public (Sweeney Todd et Alice au pays des merveilles). Ce dernier mettra-t-il tout le monde d’accord ?

Synopsis :

Après avoir été transformé en vampire et enterré vivant par Angélique Bouchard (Eva Green), une sorcière jalouse, Barnabas Collins (je vous le donne en mille, Johnny Depp !) est de retour chez lui, 200 ans après, en 1972. Perdu dans ce « nouveau monde », il fera la rencontre de ses descendants et devra à nouveau lutter contre Angélique, pour rendre à sa famille, sa gloire d’antan…

Verdict :

Comme à son habitude, Tim Burton a fait du bon boulot avec cette Famille Adams, nouvelle génération. Les décors sont splendides. L’ambiance sombre et gothique s’allie au flashy des seventies, pour un mélange explosif. Les effets spéciaux sont magnifiques, et tout particulièrement ceux concernant Eva Green (je passe sur sa plastique parfaite­ —façon de parler, bien sûr—, fierté française, digne d’un label AOC). Tim confirme, une fois de plus, qu’il est l’un des plus grands stylistes cinématographiques.

Le jeu des acteurs est au niveau de la mise en scène. Johnny Depp est égal à lui même, Michelle Pfeiffer joue tout en sobriété et classe (la Catwoman de nos cœurs ronronne). Chloe Moretz, dans le rôle de l’adolescente bougonne et fan d’Alice Cooper, est une révélation. Je n’oublierai pas la véritable Star du film : Eva Green. Sublime dans son rôle de méchante sorcière jalouse, elle parvient à piquer la vedette à Johnny Depp !

Enfin, la BO du film est ultra-fun ! Pas de fausse note pour le compositeur, Danny Elfman ; et pour coller au 70’s, Burton a ressorti ses vieux vinyles : T-Rex, The Carpenters, Alice Cooper, Elton John, Black Sabbath, Barry White… C’est d’ailleurs sur une chanson de ce dernier (« You’re the first, the last, my everything ») que le réalisateur nous offre une scène d’amour digne de ses plus grands délires. Après ça, vous devez vous dire que le film est parfait ! Mais c’était sans compter sur l’exigence d’un Burtonmaniac. J’ai donc quelques reproches…

Tout d’abord, le scénario manque d’originalité. Le triangle amoureux ne passionne guère, seul compte le duel Green/Depp et la concurrence des poissonneries ne présente aucun intérêt (Burton semble noyer le poisson...). Les gags sont gros comme un camion (probablement empruntés aux Visiteurs) et le film se termine brutalement, en queue de poisson. Certainement sensible aux sirènes d’Hollywood, on se doute qu’il y a anguille sous roche et qu’une suite est envisageable (j’arrête ici avec les poissons).

Ensuite, il y a l’épineux problème Johnny Depp. Si l’acteur reste très bon, il semble effacé lors de toutes ses « joutes verbales » (muet comme une carpe… hum, j’arrête !). De plus, il nous sort le même numéro du personnage cinglé avec son jeu de mains, omniprésent chez lui depuis Pirates des Caraïbes. Enfin, Burton semble s’auto-référencer. Les décors gothiques sont ceux de Sleepy Hollow (le même arbre mort trône sur la falaise), l’ambiance 70’s est celle d’Edward aux mains d’argent, l’histoire d’amour rappelle celle des Noces Funèbres et le côté déluré, le maquillage de Depp nous rappellent BeetleJuice.

Pour conclure, Dark Shadows est un très bon film, peut être un des meilleurs de son réalisateur. Mais à force de nous sortir le même tour de magie noire, tous les secrets du grand magicien nous semblent révélés et le spectacle perd un peu de sa superbe.

Le p’tit plus :

Cette année, pour notre plus grand plaisir, Tim Burton va sortir un nouveau film d’animation :  Frankenweenie, remix d’un de ses premiers courts-métrages !

2 Réponses to “Le côté « dark » de la boule à facettes”

  1. Camille 20 mai 2012 à 20:58 #

    L’un des plus grands de Burton, n’exagérons rien tout de même … Le film est très drôle, l’ambiance plutôt fun (le manoir est quasi le même dans Edward !) et la BO sublime. Mais depuis Sweeney Todd, qui m’a particulièrement fait tiquer, je n’arrête pas d’être déçue par Tim (oui, on est in-tim. Ahah). Mon côté un peu puriste me rend allergique à l’abus d’effets spéciaux trop lisses, trop présents, trop « computer », et je regrette le côté « vintage » voire plastique d’un Beetlejuice ou d’un Batman le défi, où l’on pourrait presque voir les ficelles derrière les marionnettes. Et l’abus de noir/blanc/rouge comme marque de fabrique d’un réal’ qui joue trop souvent sur son côté dark-emo-gothico-punk, ça commence à lasser … Où sont passés les Big Fish, les Jack, les Ed Wood ?
    Je te rejoins en tout cas sur la fin qui semble bâclée; rappelons que le film est tirée d’une série des années 60/70 et soit une suite est effectivement attendue, soit (et ça se comprend) il a été très difficile de condenser l’histoire en moins de 2h …
    Cela dit, il faut toujours que j’aille voir l’expo à la Cinémathèque !
    Des bisous le Point C🙂

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