L’hebdo du Point C #26

22 Avr

par Grégoire.

Son de la semaine : Library Pictures des Arctic Monkeys

Aujourd’hui est un jour important. Pourquoi ? Vous osez me demander pourquoi ? Et bien c’est le Jour de la Terre aux USA, événement initié par le sénateur du Wisconsin (classe) Gaylord Nelson le 22 avril 1970. Nous fêtons aussi les 286 ans d’Emmanuel Kant. Bref, à grand jour, grand groupe (admirez la subtile transition qui me permet d’entrer dans le vif du sujet) : voici Library Pictures du groupe anglais Arctic Monkeys. 

Ce titre est la sixième piste de leur dernier album, « Suck it and see« , sorti en 2011. Enregistré en Californie, le disque a notamment été produit par Josh Homme, leader des Queens of the Stone Age, qui bosse avec eux depuis « Humbug« . Le résultat est époustouflant par sa construction et sa qualité : mené par le chanteur Alex Turner, le groupe envoie à la fois des titres violents et des ballades. Ces petits anglais sont devenus de grands américains

Library Pictures s’ouvre sur un duo basse/batterie survolté, qui permet à Turner de larguer sa voix saturée et pleine d’écho. Le titre est efficace et va droit au but (pas comme l’OM ahah), fortement rythmé et bourré de guitares hurlantes. Quand vous écouterez le passage plus calme du morceau, ne vous méprenez pas : ce n’est qu’une brève éclaircie pendant la tempête.

Notez que les Arctic Monkeys ont refusé 3 fois de faire la couv’ du NME. Classe, non ?

« Don’t believe the hype », comme ils disent…

Oeuvre de la semaine : le Livre de Kells

Pour illustrer « Library Pictures », quoi de mieux qu’un beau livre ? Un livre comme on n’en fait plus, peint et relié à la main… Ahhh, le bon temps ! Ne choisissons pas un livre banal. Prenons le plus beau, le plus riche, le plus… le plus chouette ! Bref, je vous présente une des pages du Livre de Kells, manuscrit daté du début du IXe siècle et conservé à Trinity College à Dublin. 

Soyons clairs : Kells, c’est pas le nom du mec qui a écrit le bouquin, genre Jean-Marc Kells. Non non. Ça aurait pu oui, mais non. Kells, c’est la ville/le village/le bourg/ le coin paumé vers lequel sont partis les moines de l’île écossaise d’Iona, centre de rayonnement de l’évangélisation fondé par St Colomban au VIe siècle, alors qu’ils fuyaient le danger lié aux invasions vikings.

Ce livre, composé de feuilles de vélin (peau très fine de veau mort-né), rassemble les quatre Évangiles, et frappe surtout par sa profusion décorative et sa palette très riche. Aussi étrange que cela puisse paraître, aucune trace d’or dans cet ouvrage ; le bleu, lui, vient d’un lapis-lazuli extrait en Afghanistan. Imaginez un peu. Ici, vous pouvez admirer la page figurant le « Monogramme de l’Incarnation » : les lettres grecques « chi »et « rhô » (premières lettres du Christ) sont noyées au milieu d’ornements végétaux qui dissimulent des animaux, des insectes, mais aussi des anges. Cet art des entrelacs, des labyrinthes et de la couleur est révélateur du caractère insulaire du manuscrit

Le genre de bouquin qu’on ne sort pas dans le métro.

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