Bach to Ecouen

31 Mar

par Camille & Delphine.

Grande fan de J.S. Bach (en abrégé, il a l’air moins impressionnant, non ?), mon sang ne fait qu’un tour lorsque ma boîte mail me sert un mail du Musée d’Ecouen qui s’est ainsi souvenu de son ancienne stagiaire d’un été : j’ai déjà loupé trois fois ses mythiques Suites pour violoncelle, on ne m’y reprendra plus. A ceux pour qui le nom ne dit que vaguement quelque chose, ces suites de Bach sont LES pièces majeures composées pour l’instrument, qu’en tant qu’ancienne pratiquante (oui, le violoncelle c’est un peu comme la religion, on y entre par amour et bonheur mais parfois ça tient franchement du sacerdoce) j’ai longtemps vues comme un Saint Graal vers lequel ma quête musicale tendait. Ni une ni deux, j’ai entraîné ma pauvre Delphine (pas si malheureuse que ça) dans cette folle équipée qui impliquait naturellement le train, puis la grandiose ascension vers le château de Tonton Montmorency à travers bois z’et lotissements d’Ecouen-Ezanville (Bach, ça se mérite tout de même).

De fait, ces suites sont un régal pour l’oreille, exploitant toute la gamme de sensations que recèle le bel instrument à cordes, auquel elles ont contribué à donner ses lettres de noblesse.
Jouant sur les possibilités offertes par la rondeur et la sensualité du son de la Bête, alternant moments légers, dansants de par leur structure-même, et d’autres plus graves, avec Bach il y en a vraiment pour tous les goûts et couleurs. *On a tous une suite qui nous ressemble*
C’est donc à ce monument musical que les deux musiciennes ont choisi de rendre hommage, en montrant leur postérité à travers plusieurs pièces du XXe et XXIe siècle jouées en alternance avec des extraits de Maaître J-S, le tout assorti d’explications illustrées de quelques traits d’archet quant aux liens unissant ces divers morceaux de bravoure.

Bref, on a grand-ouvert nos oreilles en se sentant un minimum préparées au torrent musical qui nous attendait, parées à découvrir des compositeurs contemporains totalement inconnus au bataillon (moi, après Stravinsky ma culture musicale classique me lâche).
Marie Ythier, la violoncelliste, s’installe, et est rejointe par Barbara Giepner, son acolyte altiste pour nous jouer trois petites danses de Bartók qui vont nous ouvrir l’appétit.

Puis vient le prélude de la IVe suite de Bach : pour ma part, c’est déjà le début de la transe.
La violoncelliste, renommée pour son goût et son talent pour le répertoire contemporain, nous prouve avec la première des suites de Britten que sa réputation n’est pas volée. Si j’ai eu un peu peur d’initier mes frêles tympans à cette composition de 1965, le talent de l’interprète, ainsi que la fidélité De Britten aux sources baroques ont raison de mes craintes ; c’est somptueux, audacieux, grandiose (insérez une autre épithète dithyrambique ici).

Cerise sur le gâteau, Marie Ythier a le bon goût de clore sa partie avec la Sarabande de la IVe Suite de Bach : un moment de douce mélancolie, un de mes mouvements favoris : il n’y a pas que pendant les concerts de rock qu’on peut vivre le fameux moment « ils jouent ma chanson ». Je dois vous avouer que si je n’avais pas été dans la même salle qu’une centaine de (pré) retraités j’y serais presque allée de ma larmichette.

Après un petit entracte, c’est autour de l’altiste d’entrer en scène pour la Ve suite de Bach. Cette œuvre a pour particularité d’être un bel exemple de scordatura : l’instrument est accordé en baissant la dernière note d’un ton, ce qui offre de nouvelles possibilités harmoniques que Bach a évidemment pleinement exploitées. Je ne vous cacherai pas qu’à titre personnel, étant – vous l’aurez plus que compris – une grande adepte du violoncelle, l’alto est par définition un chouïa trop aigu à mon goût. Néanmoins, le talent de l’interprète poly-instrumentiste  mérite le détour à plus d’un titre.

Barbara Giepner clôt enfin le spectacle avec la Fuga Libre de Garth Knox (« se prononçant comme le cocktail célèbre », a dit le facétieux compositeur) ; composée pour alto seul, cette Fugue toujours dérivée du modèle euh… Bachien ? (fail) n’a de cesse de surprendre l’auditeur, entre moments où la musique semble presque apprivoisée, et de longues échappées virtuoses qui lui ont valu son nom. Ma découverte du répertoire contemporain pour cordes n’aura pas été une déception, loin de là. Un sentiment qui semblait partagé par le public qui a salué d’un véritable torrent d’applaudissements les deux interprètes, qui décidément n’ont pas fini de faire parler d’elles.

Et on ne va pas en rester là : ce concert n’était (heureusement) pas un unicum, dans cette logique de manifestations « Musique et Patrimoine », en collaboration avec le Conservatoire  national supérieur de musique et de danse de Paris qui fait le bonheur du musée (et de ses visiteurs). Le prochain est programmé pour le samedi 7 avril à 17h30, intitulé « BAROQUE : La première école française de clavecin », donc ruez vous sur les coordonnées plus bas pour réserver vos places ! A noter : les concerts sont gratuits mais les réservations sont obligatoires ; il est même bien possible que le prochain soit déjà complet, mais n’hésitez surtout pas à vous inscrire sur les listes d’attente (ça a bien marché pour nous !). Le suivant aura lieu le 5 mai à 18h « Récits d’enfance et contes de fées », titre pour le moins prometteur !

Toutes les informations dont vous avez besoin pour faire du bien à vos oreilles :
www.musee-renaissance.fr
Réservations :  01 34 38 38 50

Et puis on ne le dira jamais assez, mais profitez en pour découvrir ou revisitez le Château, soyons honnêtes on ne fait pas le détour par Ecouen tous les jours, ça serait bête de ne pas en profiter !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :