Petit voyage dans l’intimité de Frits Lugt

15 Mar

Un univers intime, tableaux de la collection Frits Lugt, du 1er mars au 27 mai, Institut Néerlandais.

par Grégoire.

D’accord, le beau temps débarque, et n’incite pas à s’enfermer dans les musées. On cherche la lumière du soleil, pas celle des halogènes. Mais bon, on sait jamais ce qui peut se passer : tout ça pourrait très bien ne pas durer. Pas que je le souhaite hein, mais bon. Bref, à mes yeux, c’est une raison suffisante pour vous parler d’une petite exposition qui ravira les amoureux de la peinture nordique du XVIIe. Rendez-vous rive gauche, à l’Institut Néerlandais, pour regarder quelques tableaux de la collection Frits Lugt. 

Tout d’abord, quelques précisions s’imposent. Frits Lugt (Amsterdam 1884 – Paris 1970) est le fondateur de l’Institut Néerlandais. Cet érudit collectionna tout au long de sa vie et, en 1921, il publia, en français, Les Marques de collections des dessins et d’estampes, qui est un ouvrage de référence indispensable à tous les amateurs de dessins et d’estampes. Sa collection se compose de pièces de choix qui sont souvent empruntées pour de grandes expositions. Elle présente une cohérence qui a récemment été valorisée par une campagne de restauration et de ré-encadrement

Frits Lugt and his wife (1910, photo: Fondation Custodia)

L’exposition se situe à l’étage, et fait pendant à un accrochage de dessins surréalistes au sous-sol. L’endroit est calme, le personnel est sympa et souriant. A l’achat de votre billet, vous avez droit à un petit guide pour parcourir les salles. Bonne solution : les cartels ne sont pas précis, et si l’on souhaite en savoir plus, on n’a qu’à ouvrir le petit livret. En fait, on a l’impression que l’on a présenté la collection dans son plus simple appareil, comme chez le collectionneur. Avec 115 numéros au catalogue, l’expo est fournie. Je ne vais pas vous mentir : toutes les pièces ne sont pas des chefs-d’oeuvre, mais nombreuses sont celles qui méritent d’être regardées

Scènes de genre, portraits et natures mortes sont amplement représentés, comme on pouvait s’en douter. La peinture nordique s’est en effet largement épanouie dans ces domaines. Certaines oeuvres attisent notre curiosité et demandent un examen détaillé. Des noms célèbres sont accrochés aux murs de l’Institut : Jan Brueghel l’Ancien, Jan Van de Velde,  Van Ostade, Van Goyen et ses paysages humides, Jan Steen, Pieter Lastman (le maître de Rembrandt), Jacob Vrel, Saenredam et ses intérieurs d’église, Ruisdael ou encore Van Kessel. On trouve aussi une quantité de noms qui ne nous pas connus, mais qui gagneraient à le devenir. Leurs oeuvres témoignent de la volonté de Lugt de les mettre en valeur. Voici un petit échantillon des pièces qui, selon moi, sont les plus importantes. 

Jan Brueghel l'Ancien, La visite à la métairie

Pieter Saenredam, Le choeur de l'église Saint Bavon à Haarlem

Pieter Lastman, La baptême de l'eunuque

Jacob Vrel, Femme à la fenêtre faisant signe à une fillette

Jan Val Kessel l'Ancien, Feston, masques et rosettes de coquillages

Mais Lugt était aussi intéressé par d’autres artistes, comme Francesco Guardi et sa vibrante vue de Venise, ou encore Nicolas de Largillière et son fantastique trompe-l’oeil. Par contre, les oeuvres XIXe présentées semblent un peu hors propos par rapport au reste. Pour tout vous dire, n’ayant pas du tout été séduit par cette partie, j’ai parcouru les salles très rapidement. Que voulez-vous, à côté du XVIIe, à côté de ce « Siècle d’or » de la peinture hollandaise, il est difficile de faire le poids

Francesco Guardi, L'église San Giorgio Maggiore vue de la Giudecca

Nicolas de Largillière, Deux grappes de raisin

Malgré un parquet qui grince, cette petite exposition vaut le détour. Vous apprécierez aussi une visite dans le calme, car l’endroit semble peu fréquenté. A tort, certainement. Les salles regorgent de pépites à découvrir. Charmante et intimiste, la présentation oeuvres cherche à les mettre le plus possible en valeur. Certains diront qu’il n’y a pas de propos, pas d’organisation, pas de ligne directrice. A ceux-là je dirai que ça fait du bien d’être simplement confronté à une collection, pour l’apprécier dans son ensemble, et j’ajouterai qu’il vaut mieux une absence de discours, qu’un mauvais discours. 

En bref, on a aimé :

 – les bonnes surprises

– la tranquillité du lieu

– le petit guide d’exposition

On a moins aimé :

– le parquet qui grince

– les oeuvres du XIXe siècle

2 Réponses to “Petit voyage dans l’intimité de Frits Lugt”

  1. Camille 15 mars 2012 à 20:40 #

    Tiens, une nouvelle adresse à découvrir, merci ! Vive les peintures flamandes et nordiques en général …

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