Les folles Nuits du Champo…

7 Mar

Les Nuits du Champo @ Le Champo, 51 rue des Ecoles (Paris 5ème)

par Camille.

Camille, notre nouvelle reporter de l’extrême, a testé pour vous les Nuits du Champo. Intéressant… Suivons-là !

Vous le savez sûrement : à partir du 7 Mars, la Cinémathèque se met à l’heure de Tim Burton. Pour marquer le coup, le Champo suit le mouvement. Mais, qu’est-ce donc que le Champo, et qu’est-ce donc qu’une nuit là-bas ? Patience, lecteur, je vais te conter l’histoire d’une de ces « étranges nuits de Tim Burton » et je compte bien te donner l’envie de participer aux prochaines !

Non, je ne m’aventurerai pas à te présenter l’OVNI qu’est Tim Burton. D’abord parce que j’ai bien peur de ne pas te dire plus qu’une page Wikipédia, mais aussi parce que je ne souhaite pas te gâcher le plaisir de (re)découvrir son univers au travers de l’exposition de la Cinémathèque. Par contre, je vais volontiers te présenter le Champo, et t’entraîner dans mon expérience de la nuit du 3 mars…

Le Champo, c’est un cinéma indépendant jonché au cœur du mythique et magique 5ème arrondissement parisien. En attendant que la nuit commence, je me suis laissée tentée par une balade nocturne, mais conseil perso : pensez à prendre des forces et courrez faire quelques provisions dans les alentours. Et comme ma bonté ne connaît aucune limite, voici un tuyau pour les budgets étudiants : le bar-restaurant Le Reflet, pile en face du cinéma dans la rue Champollion ! (une publicité un bon plan s’est subrepticement glissé dans ce paragraphe, sauras-tu le reconnaître ?) Dans cette même petite rue qui remonte vers la place de la Sorbonne, on trouve également deux autres cinémas où les cinéphiles avertis (ou mêmes les amateurs, comme moi) trouveront leur bonheur : le Reflet Médicis et la Filmothèque (qui propose en ce moment un cycle autour du cinéma muet).

Maintenant que le décor est posé, penchons-nous sur le cas ’Champo’. Pour la petite histoire, le ciné, qui compte aujourd’hui deux salles, ouvre ses portes en juin 1938. L’affaire, transmise de père en fille, affiche dès les années 1990 une programmation largement tournée vers les rétrospectives : Réalisateur, projections thématiques ou actu ciné, tout y passe.

Au tournant du XXIème siècle, le Champo investit les Nuits : dans chaque salle, à partir de minuit, trois films sont diffusés jusqu’à l’aube. Au petit matin, tout le monde se retrouve autour du petit-déjeuner offert par la maison !

Ce n’est pas ma première fois au Champo : deux ans déjà, j’y ai passé une nuit avec Tim Burton, mais aussi Orson Welles et les frères Coen. Des nuits endiablées en somme ! Je suis donc préparée mentalement et physiquement à accuser une nuit entière face à un écran, prête à me brûler la cornée et subir les outrages d’une arthrite précoce causée par non moins de six heures installée sur un siège de salle de cinéma (nous avons tous, cher lecteur, gigoté comme des vers pour trouver LA position idéale, ne le nie pas !). Voici donc le récit de ma nuit.

Accompagnée de ma fidèle Anne, compagnonne régulière de mes nuits (au Champo, j’entends), il est 23h30 quand nous arrivons face à l’édifice. La queue pour chaque salle s’étend déjà de part et d’autre sur le trottoir. Notre choix est fait : au menu ce soir, Ed Wood, Big Fish, et l’Etrange Noël de Mr. Jack. Enfin les portes s’ouvrent et nous nous installons sous un faux plafond étoilé dans la salle 2. Le gérant de la salle se présente à nous, nous explique le concept des Nuits, nous rappelle qu’il faudra nous battre car il n’y aura que 100 croissants pour 200 personnes (ne t’inquiète pas, lecteur, il nous fait le coup à chaque fois), et nous souhaite enfin une bonne nuit. La projection du premier film commence, silence dans la salle. Et, oh surprise ! Je suis assise derrière un géant ! Je passe donc les deux premières heures à (subtilement) contourner le problème, en me dandinant sur mon siège. Mais fort heureusement, le grand jeune homme est un grand gentil jeune homme (non, je n’ai pas son numéro les filles), mais il a bien voulu se décaler pour le reste de la nuit ! Good point !

2h22, première pause après Ed Wood, biographie en noir et blanc du « plus mauvais réalisateur de tous les temps ». Johnny Depp, même en pull angora et jupe secrétaire reste sexy à mourir (on me pardonnera ce commentaire, allez quoi, il était 2h30). On sort prendre l’air (tiens, il fait froid !), un peu de nicotine, un peu d’aspirine, la fatigue commence à se faire sentir mais tenaces nous sommes ! Les gens reprennent des forces et font la queue pour une boisson chaude, la caféine étant un allié indéniable dans ces moments-là. Certains restent au chaud dans la salle, ça papote, du film et de bien d’autres choses, on se ravitaille, on s’étire. La nuit reprend, les lumières s’éteignent et les gens redeviennent silencieux.

4h15, nous assistons tranquillement à la diffusion de Big Fish quand OH MON DIEU, une poussière s’est vicieusement glissée sur le projecteur et joue aux ombres chinoises sur l’écran. Ce que j’aime dans ces nuits, c’est l’ambiance « bon enfant » qui y règne : on se moque de cette poussière, on en rigole, et rien ne vient ruiner la bonne humeur du moment. Après une petite interruption pour nettoyer le tout, le film reprend.

4h44, fin du film. J’ai complètement craqué, comme, à priori, la moitié de la salle que j’entends renifler. Anne a su se retenir, quant à moi j’ai les yeux rougis et le visage mouillé comme une enfant à qui on aurait volé sa sucette. Big Fish, mieux qu’une séance chez le psy. Un thé vert et une petite cigarette s’impose. Il fait toujours aussi froid, les rues sont vides. Pour certains, c’est la première nuit, et c’est très éreintant. Mais on se motive, et on y retourne pour la dernière ligne droite. Dur de garder les yeux ouverts pendant l’Etrange Noël de Mr. Jack, mais l’ayant déjà vu, j’en ai profité pour dormir une petite vingtaine de minutes (comment ça, faible, moi ?).

6h15, c’est la fin de la nuit. On se rue sans se précipiter pour attraper son petit-déjeuner, à savoir un croissant et un chocolat chaud. Il fait encore nuit, même si l’on sent pointer l’aube, et froid. Les visages sont cernés, mais les gens souriants. Il est temps de rentrer, avec la chanson « This is Halloween » qui trotte dans la tête, et que tout le monde a chuchotée au début de la projection (car tout le monde connaît ce film par cœur, n’est-ce pas ?).

Sur le chemin, on croise les couche-tard qui rentrent de soirée, les lève-tôt bien courageux, les matinaux dominicaux, et on ne pense qu’à une chose : enfiler son pyjama et s’enrouler dans sa couette, en se disant qu’on est trop vieux pour ces nuits blanches, mais en ayant hâte d’assister à la prochaine.

Et voilà le court récit de mon étrange nuit autour du bizarre Tim Burton. On découvre, on redécouvre des films. On se prépare ainsi à l’exposition dans une bonne ambiance, dans le cadre authentique d’un cinéma, on rencontre des gens avec qui partager son expérience. J’espère t’avoir donné envie, lecteur, de t’essayer à ces nuits longues mais si plaisantes. Si c’est le cas (et j’en serais très fière !), note les dates suivantes dans ton agenda : les 10 et 17 mars sont les prochaines Nuits Burton. D’autres Nuits, bien sûr, vont par la suite être programmées, sur d’autres thèmes et d’autres réalisateurs. A bon entendeur …

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