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16 Déc

Game Story, une histoire du jeu video. 10 novembre 2011 – 9 janvier 2012, Grand Palais, avec la collaboration du Musée des Arts asiatiques – Guimet et de l’association MO5.com.

par Jean.

Après l’exposition intitulée Des jouets et des hommes – chroniquée ici même par notre Grégoire national –, le Grand Palais nous offre depuis un mois maintenant une autre destination tout aussi ludique, celle des jeux vidéo, à travers sa Game Story. Aujourd’hui souvent tournés en dérision par le commun des mortels, les fanatiques de la souris et du joystick (qui a dit geek ?) ont certainement ressenti avec cette exposition une pointe de satisfaction. Le jeu vidéo pénètre dans le monde de la culture… Barbie et les ours en peluche au Grand Palais ? Mario et Sonic aussi, et c’est peut-être plus étonnant.

Le titre de l’exposition affiche d’entrée la couleur : malgré la relative jeunesse du domaine (la naissance des jeux vidéo remonte au début des années 70) c’est une histoire que l’on nous propose, le parcours de Game Story se veut donc chronologique. Les deux fils conducteurs qui viennent s’ajouter à ce parti pris sont les aspects technique et esthétique. Au risque de survoler certains grands thèmes que peuvent recouper les jeux vidéo, l’approche n’en est pas moins agréable. Une dernière chose avant d’aller plus loin : plus de 80 consoles et jeux sont laissés libres d’utilisation aux visiteurs ! Pour les gamers ayant raccroché, la rechute est un risque potentiel de tous les instants… Et je parle en connaissance de cause (Dieu ait mon âme). A peine entré, je lutte contre l’envie de me ruer à travers l’exposition et prends le temps de parcourir les panneaux d’introduction – d’autres ponctuent régulièrement les grands espaces de l’expo, prenez cinq minutes pour les lire, c’est souvent très intéressant. Ceci fait, la récréation peut commencer…

Les vieux de la vieille ouvrent le bal, sous la forme de bornes d’arcade pour la plupart, le célébrissime Pong en première ligne, sorti par Atari en 1972. Aussi célèbre que Mickey dans le domaine du dessin animé, Pong restera le plus connu de ces jeux qui relevaient à l’époque plus de l’expérience informatique que du divertissement. D’autres titres de légende suivent avec la période suivante, qui s’amorce à la fin des années 70 et nous offre les premiers jeux en couleurs (phénomène initié une fois de plus par Atari) : on retiendra les grands, les très grands Space Invaders et PacMan, sortis respectivement en 1978 et 1980, auxquels il est possible de jouer sur borne d’arcade originale ! Puis les années 80 voient l’apparition des processeurs 8 bits, dopant les capacités des machines. C’est aussi l’apparition des consoles portatives (quel plaisir de pouvoir jouer à nouveau avec une Game Boy de 12kg…), et le début des séries à succès d’origine japonaise : je ne citerai que Mega Man, Kirby, Zelda, et bien sûr Mario, qui devient dès 1985 la mascotte de Nintendo.

Evolution du personnage de Link, héros de la série Zelda

Evolution du personnage de Mario, héros de la série éponyme


Avec les années 90, les choses s’accélèrent, et on pénètre avec l’expo dans un monde « en rouge et bleu »… Je m’explique : avec les nouvelles consoles 16 bits les images s’affinent, les couleurs sont plus nombreuses et les sons plus élaborés, mais c’est aussi la grande période de la rivalité entre Nintendo et Sega, entre la Super NES et la Megadrive, et surtout, surtout entre Mario et Sonic (bébé de Sega né en 1991, censé faire contrepoids au petit gros moustachu en salopette). Pas moins d’une demi-douzaine de jeux consacrés à chacun des deux héros voient le jour durant cette période, dont plusieurs sont jouables à l’expo, entre autres le magnifique Sonic the Hedgehog premier du nom, sorti sur Megadrive en 91. Ce titre fit un tel carton jusqu’à aujourd’hui qu’un opus sorti en 2010 sur les consoles dernière génération – intitulé Sonic the Hedgehog 4 : Episode 1 – n’est en réalité qu’un retour aux sources des 90’s… Comparez les vidéos, c’est flagrant !

La dernière phase de la course débute avec la seconde moitié des années 90, et selon moi elle se poursuit toujours jusqu’à présent. Les consoles et les jeux présentés dans cette seconde partie de l’expo sont peut être ceux qui évoqueront le plus de choses au public le moins averti. C’est la 3D qui prend le relais, et qui d’année en année va proposer des jeux toujours plus beaux. C’est également l’arrivée fracassante de la Playstation, sortie par Sony en 1995 : bien que je ne la porte pas dans mon cœur, il faut avouer qu’elle offre de nombreux titres à succès, comme Rayman, Tekken (dédicace à Hélène qui m’a mis une rouste sur ce jeu durant l’expo…), ou encore les Final Fantasy. Elle domine rapidement et largement ses concurrentes de chez Nintendo – la N64 (1996), à mon sens la plus fun – et de chez Sega – la Sega Saturn (1995), lamentable échec commercial. Mais un autre concurrent rentré en lice depuis la fin des années 80 commence à se tailler une belle part du marché : l’ordinateur. C’est à partir de ce moment là que les jeux sur pc émergent véritablement, en particulier parce qu’ils permettent de jouer en ligne. Tous les fans pourront ainsi profiter d’un poste présentant CounterStrike pour pouvoir fraguer quelques bots sur de_dust. La première version de cette célébrité du « FPS » (First-Person Shooter) est sortie en 1999 en tant qu’un des modes du légendaire HalfLife, et c’est toujours l’un des jeux en lignes les plus appréciés aujourd’hui.

 

Screenshot d’une partie de Rayman, sorti sur Playstation en 1995

Screenshot d’une partie de Final Fantasy VII, premier opus de la série à sortir sur Playstation en 1997

Screenshot d’une partie de Tekken, sorti sur Playstation en 1995

Gordon Freeman, héros de Half-Life, relooké ici lors de la sortie de HL2 en 2004. Hipster un peu le Gordon avec ses lunettes…


La dernière ligne droite de l’expo démontre en quelques instants l’incroyable développement technologique dont ont bénéficié les jeux vidéo ces dix dernières années. Les nouvelles consoles s’enchaînent, les effets graphiques sont sans cesse surpassés, les jeux se diversifient tant et plus… On note que le jeu en ligne prend une importance considérable, en grande partie après le monstrueux succès de World of Warcraft (2004), dont un pc à la Game Story laisse tourner une session en permanence. Aujourd’hui numéro 1 des « MMORPG » (Massively Multiplayer Online Role Playing Games), WoW compte presque 12 millions d’abonnés… Une des nouvelles tendances est aussi de transformer le joueur en manette vivante devant son écran : vous pourrez ainsi tester à l’expo Wii Sports, Samba de Amigo (Wii), ou encore le surprenant Child of Eden (Xbox 360). Enfin, tout simplement, les nouvelles possibilités des consoles (et des pc) permettent des jeux de plus en plus beaux, et souvent de plus en de plus en plus réalistes… En témoigne Crysis 2, sorti en mars dernier sur PC, PS3 et Xbox 360, parfaitement époustouflant et jouable au Grand Palais.

Screenshot d’une partie de World of Warcraft. Notez l’interface tentaculaire…


En résumé, cette courte exposition s’avère très agréable. Elle répond de manière claire et rapide à l’objectif qu’elle s’était fixée, à savoir de présenter une histoire du jeu vidéo. Pouvoir courir d’un stand à l’autre pour (re)jouer à une antiquité ou au dernier bijou technologique est bien sûr l’un des gros points forts de l’expo. En bref, les fans seront aux anges, et les autres passeront un bon moment. De plus, de nombreuses petites plaquettes explicatives sont disposées tout au long de l’expo – définissant des termes comme « 3D » ou « Joystick », etc. – et quelques vitrines renferment des objets ayant un rapport plus ou moins direct avec certains jeux, permettant de recontextualiser leur succès – les jouets Pokémon par exemple, pour ne citer qu’eux. Mais le jeu vidéo mériterait à mon sens un peu plus, une approche plus thématique éventuellement, car même s’il est loin d’être un art – faut pas déconner non plus – il est un véritable phénomène de société, et il se transforme même souvent en un sport ! Peut-être qu’une prochaine fois les championnats internationaux ou des phénomènes tels que le « Tool-Assisted Speedrun » seront abordés…

On a aimé :

– Le marquage chronologique précis, permettant de bien distinguer les différentes périodes (comme en histoire de l’art, si si)

– Le raz-de-marée de souvenirs, pour les mordus de la première heure

– Pouvoir jouer bien sûr !

On a moins aimé :

– Quelques grands absents : où sont certains incontournables comme Bomberman ou Diablo II ?

– L’approche thématique presque inexistante

– Peut-être un peu court… On en veut encore !

Une Réponse to “PRESS START BUTTON”

  1. Jean 16 décembre 2011 à 23:49 #

    Erratum : mille excuses, on m’a confirmé que Bomberman était présent à l’expo…

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