L’hebdo du Point C #9

11 Déc

par Grégoire.

Son de la semaine : Trouble de Metronomy

D’accord, c’est « cool » d’écouter Metronomy. C’est « in », c’est « branché », c’est tout ce que vous voudrez. Mais avant tout, c’est super. Et nous, on aime ce qui est super. On aurait pu présenter l’album entier, tant il regorge de morceaux formidables, mais on n’a choisi que Trouble.

Le morceau commence par une série d’arpèges chauds, doux et mielleux, créant le son que feraient, s’ils le pouvaient, les reflets du soleil sur une mer bleu azur peu agitée. La musique de Metronomy s’écoute en effet très bien allongé sur le sable chaud d’une des rares plages vierges heureusement épargnées par les viols touristiques. On respire lentement, nos yeux peinent à s’ouvrir, les rayons UV caressent doucement notre peau. L’heure est à la détente.  

Très vite, on se prélasse dans ce coussin de basses et de synthés. La voix du chanteur n’a rien d’agressif : elle se pose doucement, en paix. Merde, n’ayons pas peur des mots : ce morceau est un slow. Dansez-le, ne résistez pas au baiser qui n’attend que d’être échangé. Surtout après une dispute… (cf. paroles)

Metronomy résout vos problèmes de couple. 

Oeuvre de la semaine : Vierge et l’Enfant, dite Madone des Guidi de Faenza, de Botticelli

Comment choisir une œuvre qui allie, comme dans Trouble, mélancolie et espoir ? Tournons-nous vers une des Madonnes de Botticelli, conservée au Louvre et datée vers 1465-70. 

Tout d’abord, quelques considérations stylistiques et formelles : Botticelli s’inscrit dans la lignée des Madones de son maître, le fantastique Filippo Lippi (devant un parapet, avec une percée de paysage), et lui emprunte son disegno, c’est à dire ce dessin très net, caractéristique notamment de l’Ecole Florentine à laquelle Alessandro Filipepi (Botticelli) fait partie. Regardez par exemple le voile de la Vierge et tous ses détails. Chez l’artiste, en quelque sorte, le réalisme de sa représentation est plus intellectuel que visuel : il représente le monde tel qu’il le sait, et non tel qu’il le voit. 

Mais laissons de côté ces quelques remarques pour nous pencher sur l’atmosphère des plus mélancoliques qui règne sur cette oeuvre. Le Christ Enfant semble implorer sa mère et lui réclamer de l’attention, tandis qu’elle le tient à distance, les yeux baissés et pleins de tristesse, car elle sait. Elle sait quelle mission son fils va devoir accomplir, quel chemin tortueux il va devoir suivre pour racheter l’Humanité. L’arrière-plan et ses montagnes sèches et escarpées nous en disent suffisamment.

Mais le jeu en vaudra sûrement la chandelle. 

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