Au théâtre ce soir : « L’Enfer, c’est les Autres »

9 Déc

par Baptiste.

La sortie d’un film de Roman Polanski est toujours un événement.

Tout d’abord, avec deux de ses derniers films, le Réalisateur a tout remporté : Palme d’Or, Oscars (3 : Film, Réalisateur, Acteur), Césars (7) avec « Le Pianiste »,  puis 4 Césars (dont Réalisateur), 6 European Films Awards (équivalent des Oscars pour l’Europe), critique Internationale dithyrambique pour « The Ghost Writter ».

Ensuite, le Frenchie organise des campagnes promotionnelles des plus inattendues et surprenantes. Pour la promotion du film « MacBeth », l’auteur nous offre une véritable tragédie digne de Shakespeare : l’assassinat de sa femme, Sharon Tate, par Charles Manson (Something is rotten in the United-States!). Pour « Tess » (hommage qu’il rend à feu sa femme), il est accusé de pédophilie. Bel hommage Roman ! High five… years old ! Pour « The Ghost Writter », il est arrêté une fois le pied mis en Suisse, alors qu’il était venu chercher un Prix (la reconnaissance Suisse sans doute).

Cette tragédie, en 4 Actes, semble avoir pris fin cette année, avec la sortie de son dernier film « Carnage » (terme judicieux pour résumer une vie), quand Roman est allé chercher (ce foutu) « petit-Suisse » pour l’ensemble de sa carrière. Est-il utile de préciser qu’au vu de sa filmographie et de son histoire : J’ADORE POLANSKI !! Oui le Point C fait aussi dans la polémique! Je me suis en effet rué pour voir ce « Carnage ».

Une affiche Pop’Art ultra-classe, un casting 3½ Oscars… Ca suffit amplement ! Il ne m’en fallait pas plus! Mon seul souci vient du fait que le film est l’adaptation d’une pièce de Yasmina Reza, « Le Dieu du Carnage », écrivaine que j’exècre ! Pourquoi cette haine ? Parce que les pièces de théâtre de Reza ne me « parlent » pas, ne me font rien ressentir : je les trouve chiantes, digne d’une masturbation intellectuelle frigide. Mais quand on aime le cinéma…

Synopsis :

Alors que leurs deux bambins respectifs se tapent sur la gueule à la récré, les parents de « la victime » convient les parents du « coupable » pour régler le conflit à l’amiable. Mais la discussion va tourner court, les propos dégénérer et tourner en dispute féroce. Le Dieu du Carnage entre alors en scène…

Verdict :

Au sortir de ce film, j’avoue être partagé. Pour ceux qui aiment le cinéma de Polanski : le film est bon, sans toutefois être un de ses meilleurs. Pour ceux qui n’aiment ni le réalisateur ni ses films, celui-ci ne changera pas la donne. Côté positif tout d’abord : la mise en scène de ce huis-clos, parfaite ! Là-dessus, Roman maîtrise bien le sujet. Les plans fixes, aidés par les jeux de miroirs, permettant ainsi une vue complète sur « la scène », nous donnent immédiatement l’impression d’être au théâtre.

Ensuite, les acteurs, justes, tout simplement. Ils nous donnent un sentiment de fluidité et tous tirent à un moment de la pièce (pardon, du film ! ) leur épingle du jeu. Kate Winslet, Jodie Foster sont égales à elles-mêmes ; John C. Reilly, pourtant le moins connu, tient très bien la route face à ces monstres. Mention spéciale, mais cela commence à devenir une habitude, à Christoph Waltz (oui, j’adore cet acteur avec sa classe froide, et alors?).

Enfin, Reza et Polanski étaient faits pour se rencontrer. J’admets douter à présent de mes opinions concernant le théâtre de Yasmina, et me suis, depuis, replongé dedans (« Art » in first). Tous deux partagent le même sens de l’humour, fait de cynisme : des couples qui imitent leurs enfants, aux alliances Hommes/Femmes jusqu’au gag final (qui n’est pas sans rappeler la fin de « The Ghost Writter »)

Côté regrets : l’absence « d’angoisse » et de « folie paranoïaque » (remplacé par la folie des abus de boissons) thèmes pourtant chers au réalisateur. De plus, certains pourront trouver le film, je l’accorde, plat, mou et répétitif (mais prenez le ce put… d’ascenseur!!).

Au final, « Carnage » est un bon film, sans être le meilleur de Roman Polanski. Une adaptation scrupuleusement fidèle de la pièce de Yasmina Reza. La mise en scène et les acteurs sont justes. Mais cette justesse et le manque de véritable folie ne pourra peut-être pas toucher tout le monde.

Après le Chef d’œuvre qu’est « Le Pianiste » est sorti « Oliver Twist », bon film mais sans plus. Puis, a suivi l’excellent « The Ghost Writter » et « Carnage »…  Amis cinéphiles, nous pouvons d’ores et déjà trembler d’impatience.

Kate Winslet (Les Noces Rebelles, The Reader)

Jodie Foster (Le complexe du Castor, Le Silence des agneaux)

Christoph Waltz (Inglorious Basterds, Les 3 Mousquetaires [ouille!])

John C. Reilly (Chicago, Gangs of New-York)

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