Silence, on tourne !

15 Oct

Par Baptiste.

En 2006, le réalisateur Michel Hazanavicius et son compère Jean Dujardin ont donné un coup de fouet aux comédies Made in France avec « OSS 117 : Le Caire Nid d’Espions » (aussi avec Bérénice Béjo [épouse du réalisateur… bon j’admets, info du niveau des lectrices de « Closer » ou fans de « Twilight »]) puis en 2009 avec sa suite « OSS 117 : Rio ne répond plus ». Ces films deviennent rapidement cultes, avec leurs scènes hilarantes (Qui aurait pu oublier la bataille de poules, le barbecue crocodile, la reprise de « Bambino », la plage avec les Hippies… ?) et leurs dialogues prônant le politiquement incorrect : « Vous avez fait avec ce kiki ce que bon vous semblait pour la France ! », « L’humour Juif c’est quand ce n’est pas drôle et que ça ne parle pas de saucisses », « – Vous confondez les Juifs et les Musulmans ! – Vous jouez sur les mots ! ». A côté d’eux, Danny Boon [« Bienvenue chez les Ch’tis », « Rien à déclarer »] et Frank Dubosq [« Camping », « Bienvenue à bord »] ne cassent pas trois pattes à un canard ! (même pas seulement à côté d’eux d’ailleurs !).

L’annonce d’une nouvelle collaboration, qui ne soit pas un OSS 117 (patience, il arrive !), a tout de suite de quoi aiguiser notre curiosité, la date de sortie guettée et inscrite en rouge dans notre agenda. Surtout quand ce projet se nomme « The Artist », qu’il est tourné en Noir & Blanc et muet (joli contre-pied au Cinéma Américain actuel [beaucoup de bruit, trop de 3D…]), qu’il a été sélectionné à Cannes en compétition et que Jean Dujardin a été fait chevalier par la « légende vivante » Robert DeNiro qui lui a décerné le prix d’interprétation masculine. Dujardin nouveau DeNiro ? Si si, il y a une petite ressemblance, regardez « Le Parrain II ».

Synopsis  

En 1927, George Valentin (Jean Dujardin) est LA vedette du cinéma Hollywoodien. Lors d’une avant première, il rencontre Peppy Miller (Bérénice Béjo), jeune figurante qui va obtenir un rôle dans son prochain film.

En 1929, l’avènement du cinéma parlant sonne le glas pour le muet et l’ensemble de ses acteurs dont Valentin. « Il faut de nouvelles têtes » clame le producteur Al Zimmer (John Goodman) et Peppy Miller est justement annoncée comme future star. Alors qu’elle connaît la célébrité, George Valentin s’entête dans le cinéma muet, il produit et réalise ses propres films. Malheureusement pour lui le succès n’est pas au rendez-vous et le crash boursier de cette année vient à le ruiner. Une longue descente aux enfers commence…

Verdict :

 « The Artist » est une œuvre qui rend hommage à l’âge d’or du cinéma américain, celui des années 20, s’inspirant, notamment pour le scénario, de films tels que « Chantons sous la pluie » (avec Gene Kelly et Debbie Reynolds) ou « Une étoile est née »… dont il en possède les qualités. DeNiro déclarera qu’il aurait aimé lui donner la Palme d’Or, mais le règlement impose une seule récompense par film.

Dans « The Artist », où la musique orchestre l’image, Hazanavicius donne une leçon de cinéma magistrale, égalant les « géants » de l’époque (Fritz Lang [« M, le maudit »,« Metropolis »] ou Orson Welles [« Le Troisième Homme », « La Soif du Mal »]…). Jean Dujardin est à la fois Chaplin (plus cabotin que jamais), Gene Kelly et le Orson Welles de « Citizen Kane ». Il nous éblouit par sa classe et son sourire ravageur, capable de transmettre toutes les émotions ; en un mot : Génial ! Bérénice Béjo (initiales BB ?!) est la nouvelle Debbie Reynolds, une beauté sensible et dynamique, qui nous émeut : Sublime ! Le duo se permet même une prestation digne de Fred Astaire & Ginger Rogers le temps d’un numéro de claquettes (!). Et n’oublions surtout pas Le Chien (Uggy de son vrai nom), fidèle partenaire qui, apportant une touche d’humour, est : Wouaf ! (à noter qu’il a reçu la « Palm Dog » pour son interprétation, prix canin du festival de Cannes… si si !).

Le film ne pouvant concourir aux Oscars dans la catégorie « Meilleur Film Etranger » (car sorti après la date de pré-selection du 30 Septembre), notre représentant sera « La Guerre est déclarée ». Le producteur du film sur le territoire américain, Harvey Weinstein (producteur de Tarantino, « Le Discours d’un Roi », « The Reader »…), mène actuellement une véritable campagne de promotion du film, dans le but qu’il soit retenu aux Oscars dans les catégories les plus prestigieuses (acteur, réalisateur, film…). Hazanavicius successeur de Polanski (« Le Pianiste ») et Jean Dujardin de Marion Cotillard (« La Môme ») ?

Au « The End » on en sort bouleversé, le sourire aux lèvres, émerveillé après être passé du rire aux larmes, de la colère à la peur. Les acteurs nous crient, hurlent (aboient même !) leur amour pour le Cinéma. Et nous, nous en restons sans voix, ébahis par tant de grâce, de talent. Quand un film français s’élève au rang des Mythes du Cinéma, plein d’admiration et muet, on dit : Chapeau l’Artiste !

Casting :

Jean Dujardin (« Le bruit des Glaçons », « Contre-Enquête »)

Bérénice Béjo (« La Traque », « Bouquet Final »)

John Goodman (« The Big Lebowski », « O’brothers »)

James Cromwell (“Babe”, “I,Robot”, “The Queen”)

Malcom McDowell (“Orange Mécanique”, “Le Livre d’Eli”)

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