Son de la semaine : White Winter Hymnal par Fleet Foxes
Ce dimanche, le Point C aimerait passer sa soirée au coin du feu, dans un grand chalet de bois orné de trophées de chasse, le nez encore empli du fumet d’un plat d’hiver. Une ambiance de montagne, de neige et de sapins, que nous évoque bien le groupe Fleet Foxes, dans White Winter Hymnal.
Formé à Seattle, le groupe barbu définit lui même sa musique comme un mélange "baroque harmonique pop". De quoi faire réfléchir ceux qui sont très à cheval sur les noms des styles en musique. Comparés aux Beach Boys, à Band of Horses ou à Crosby, Stills and Nash, ils livrent leur premier EP en 2008, et refuse toujours de signer sur un major label… Authentique.
Ce titre me fait penser à un chant de Noël. En bien plus cool, certes, mais on reste dans l’esprit. La chaussette est accrochée à la cheminée, les flocons tombent épais, insonorisant la nature environnante. Il va être temps de vous procurer votre calendrier de l’Avent les enfants.
Ah, le temps passe si vite.
Oeuvre de la semaine : Chasseurs dans la neige de Pieter Bruegel l’Ancien
Osons regarder dehors. Oui, il faut se lever, se traîner jusqu’à la fenêtre embuée et tenter d’apercevoir quelque-chose. Ce quelque-chose, Pieter Bruegel l’Ancien nous le donne, dans ses Chasseurs dans la neige, oeuvre datée de 1565 et conservée au Kunsthistorisches Museum de Vienne.
Quand il exécute ce tableau, Bruegel est à Bruxelles depuis 1562, et vient d’avoir son premier fils un an auparavant. Issu du foyer anversois, le peintre a une réputation établie à l’époque. Mais un grand mystère entoure ce personnage : peu de documents nous sont parvenus, et son image reste très floue. Toujours est-il qu’il est considéré comme un des maîtres du XVIe siècle flamand.
Cette oeuvre est à rattacher à sa dernière manière : quelques grands personnages à gauche se détachent sur un paysage qui n’est plus qu’un fond. Cette différence brutale d’échelle crée un fort effet de perspective, de profondeur presque fantastique, avec ces montagnes aux crêtes déchiquetées. Les corps, chez Bruegel, sont composés de volumes presque géométriques. On pourrait presque ressentir la difficulté qu’ont les chasseurs de se mouvoir dans la neige. Et regardez ce fond, avec tous ces gens qui patinent sur les eaux gelées !
Son de la semaine : Make you Happy de Mika (Cherokee Remix)
Aujourd’hui, alors que les embruns du port de Marseille auraient pu nous porter vers I Am ou autres Soprano, Notre-Dame-de-la-Garde nous l’a interdit. A tort ou à raison, qu’en savons-nous ? C’est dimanche, et comme chaque dimanche, on se remet d’une semaine difficile, tout en se préparant à en entamer une nouvelle. Laissons-nous donc porter par quelque chose de plus doux, de plus sucré. Voici Make You Happy de Mika, remixé par Cherokee.
Cherokee est un représentant ce que l’on appelle la french touch, qui est fortement influencée par des sonorités des années 1990. Après avoir fait de nombreux remix (notamment Something About Us de Daft Punk), le duo français sort son premier EP en octobre 2012 (American Spirit). Ici, il se plait à réinterpréter un titre du dernier Mika, Make You Happy.
La voix modifiée, le beat simple, et la basse presque funk sont agrémentés par des scintillements de synthétiseurs. L’ensemble produit un effet "smooth et funky" (source : http://www.dynamhit.org/Cherokee-American-Spirit-EP). Car oui, il faut toujours utiliser des mots anglais/rigolos/bizarres pour parler de ce genre de musique.
Alors, heureux ?
Oeuvre de la semaine : The Beatles – Abbey Road par Invader
Restons franco-français, fiers de notre patrimoine ! Mais arrêtons tout de suite ces élans patriotiques plutôt inappropriés. Place ici à un autre genre de remise à la mode des expériences des années 1980 – 1990. On parle de Rubik’s Cube, et de "rubikcubisme", le domaine d’excellence d’Invader, et d’un exemple de sa nouvelle technique : la pochette du célébrissime Abbey Road des Beatles.
Invader, vous le connaissez, inutile de s’attarder trop longtemps sur son cas. C’est lui qui envahit les villes avec ses petits Space Invaders en mosaïques. Vous en voyez tous les jours. Issu des Beaux-Arts de Rouen, l’artiste est très marqué par le pixel art, et considère sa démarche d’invasion proche de celle du hacking en informatique. Après avoir écumé le monde et être devenu un des piliers du street art français, il s’attache dès 2005 à créer des "tableaux" composés de Rubik’s Cubes.
C’est en 2011, à la Générale, qu’il expose un grand nombre de ses créations, et qu’il pose le 1000ème Space Invader. Il propose aussi des gaufres en forme de Space Invader : l’invasion est totale, jusque dans nos bouches. A l’entrée de l’expo, il le dit : il faut utiliser son téléphone portable pour mieux voir l’image, pour que les contours se redéfinissent.
Son de la semaine : Rock and roll Night Club de Mac DeMarco
Ce soir, l’humeur était suave dans les petits cœurs sensibles de la rédac’. Alors, on a choisi de vous présenter Mac Demarco. Ce jeune canadien de 22 ans est arrivé dans nos oreilles tout récemment, et oui, car c’est en Octobre qu’est sorti son album "2". Rock and roll Night Club n’est autre que son premier EP. Difficile de rester de marbre face à ces sons sensuels. Ça sent les vinyles des années 1970 et le vieux whisky. Mais Mac n’a pas toujours fait dans le rock mélancolique, car en 2008, il apparait sur la scène musicale sous le pseudonyme de Makeout Videotape, où les sons étaient moins précis, moins aboutis. Mais le passé est passé, Mac a mûri et il nous emmène ici dans les méandres d’un pub, où on côtoie Johnny Cash et Elvis.
Difficile de refuser.
L’œuvre de la semaine : Bacchus par Le Caravage
Non, le lien entre Johnny Cash, Elvis, Mac et Bacchus ne réside pas dans leur passion pour l’alcool. Mac DeMarco cache, derrière ses airs virils, un penchant pour l’androgynie. C’est bel et bien un thème que l’on retrouve au fil de ses titres, mais c’est aussi une tendance qui s’exprime par le port d’un rouge à lèvres carmin. Et là, ça y est, vous comprenez le lien entre ces deux personnages.
Caravage peint ce tableau de Bacchus en 1597. Le maitre traverse alors sa période "claire", qui précède ses recherches le menant au clair-obscur qui l’a rendu si reconnaissable. Le tableau est découvert en 1913 dans un état inquiétant, et Roberto Longhi l’identifie rapidement comme une œuvre du Caravage. Si les reliefs du visage et du corps du dieu semblent encore un peu hésitants, on reconnait la passion du peintre pour les natures mortes. Les feuilles et les fruits sont animés par une lumière très maîtrisée. Mais ce sont les lignes du vin qui ont marqué les esprits : la surface du liquide divin est animée de cercles concentriques. Surprenant. Les sourcils sombres et fins couronnent alors le visage de Bacchus, prolongeant alors ce physique androgyne.
Son de la semaine : White Rabbit de Jefferson Airplane
Ce dimanche, explorons des contrées étranges, colorées mais inquiétantes, chaleureuses mais angoissantes. Allons au plus profond de notre esprit, entre le rêve et la réalité, et méditons sur le formidable White Rabbit du groupe Jefferson Airplane.
Le groupe nait à San Francisco vers 1965, et se compose de Marty Balin (chant), Paul Kantner (guitare), Jorma Kaukonen (chant), Signe Toly Anderson (batterie), Jerry Peloquin et le bassiste Bob Harvey. Ne faîtes pas comme si vous ne connaissiez pas ces noms (en fait si, vous pouvez). Au départ influencé par les Beatles ou les Byrds, Jefferson Airplane se produit sur San Francisco et obtient un certain succès. Après quelques changements dans le groupe, c’est la chanteuse Grace Slick qui fait son apparition. Elle marquera les morceaux par sa signature vocale hors du commun.
C’est en effet elle qui chante sur White Rabbit, titre qui sort en 1967 sur l’album Surrealistic Pillow. Les paroles, sur fond de rythme presque tango, font référence aux effets hallucinogènes du LSD, en parallèle avec Alice au Pays des Merveilles de Lewis Carroll, ouvrage qui a un impact considérable dans la musique psychédélique de l’époque. Rappelons que c’est en 1967 que sortent aussi deux monuments du rock : le Sergent Pepper’s Lonely Hearts Club Band des Beatles, et The Piper at The Gates of Dawn des Pink Floyd.
Un bien belle année en somme.
Oeuvre de la semaine : la Vierge au Lapin de Titien
Restons chez nos amis les lapins, mais oublions le LSD. Quoique, parfois on a l’impression, vu leurs visages, que la Vierge, le Christ et les saints sont en plein trip. Oublions cette digression, et regardons quelques instants la Vierge au Lapin, toile du Titien datée vers 1530 et conservée au Musée du Louvre.
Dans un paysage qui n’est pas sans rappeler la Vénétie humide et verdoyante, la Vierge est assise. A gauche, sainte Catherine – identifiée grâce à la présence de la roue de son martyre – tend le Christ à sa Mère. A l’arrière-plan on voit un pasteur qui nous fait penser à des motifs que l’on trouve dans des œuvresde Giorgione, artiste aussi fascinant que mystérieux que Titien a fréquenté.
Les objets du premier plan – le panier, le lapin, les fleurs – possèdent une signification symbolique compliquée, ce qui indique que l’oeuvre, de format réduit, était destinée à la dévotion privée. Le white rabbit, par exemple, est symbole de fécondité, mais aussi de la pureté de la Vierge. Les couleurs employées sont caractéristiques de la première maturité de Titien.
Aujourd’hui, l’hebdo fête son 50ème dimanche. Il regarde derrière lui, et se dit que tout ça va très vite. Peut-être trop, oui. Mais en tout cas, c’est grâce à vous qu’il est toujours là ! On continue, on ne lâche rien, et voici Roman par les français de Housse de Racket.
Le groupe au nom étrange est formé en 2005 par Pierre Leroux et Victor le Masne, qui ont l’habitude de jouer avec des groupes frenchies assez peu connus, comme Phoenix ou Air. Hum hum, ça commence bien. Les Français ont commencé à se faire connaître en assurant de nombreuses premières parties de leurs groupes d’origine, mais aussi grâce à leur maxi éponyme, puis leur album Forty Love en 2008. Ne me dites pas que vous ne connaissez pas leur tube Oh Yeah! ?!
En 2011, le groupe prend une nouvelle direction en signant chez Kitsuné puis en sortant leur album Alesia, d’où est tiré le titre Roman. Pour ceux qui ne savent pas ce que le nom du groupe signifie, voici une explication : c’est le résultat du jeu de mots entre l’accessoire de tennis et le fait que les deux musiciens rackettent leur inspiration dans la musique house…
Jeu, set et match !
Oeuvre de la semaine : les Romains de la décadence par Thomas Couture
A quoi pouvait ressembler un lendemain difficile dans l’Antiquité ? Certainement à ce que l’on peut vivre de temps en temps aujourd’hui (modération oblige). Certes l’ambiance devait être un peu différente, je vous l’accorde, mais le fond reste le même. Notez la subtile homophonie avec le titre Roman par Housse de Racket : voici les Romains de la décadence par Thomas Couture, oeuvre datée de 1847 et conservée au Musée d’Orsay.
Couture est né en 1815 et mort en 1879. Après avoir fréquenté les ateliers de Gros et Delaroche, il accède à la reconnaissance au Salon grâce à cette oeuvre, qui montre sa fascination pour le monde antique mais aussi pour l’art de la Renaissance italienne. Une telle composition rappelle en effet les expériences de Raphaël au Vatican, et le portique à la vénitienne nous fait penser à des oeuvres de Véronèse, les Noces de Cana par exemple. La toile mesure aussi presque 5 m par 8 m, ce qui va aussi dans ce sens. En montrant les résultats d’une orgie, Couture dénonce la décadence de la société française de son époque.
C’est grâce à ce succès qu’il obtient la Légion d’Honneur, et qu’il ouvre ensuite un atelier indépendant par lequel passeront des artistes très célèbres comme Pierre Puvis de Chavanne et surtout Edouard Manet…
Ce soir, un peu d’exotisme à la britannique. Envolons-nous vers les contrées d’Extrême-Orient, mais sur des sonorités des années 80. Ce mélange peut sembler effrayant de prime abord, mais il est en fait exquis. Ce soir, sortez vos éventails, voici China Girl de David Bowie.
Ce titre a été composé par Bowie et Iggy Pop, et est sortie pour la première fois sur l’album The Idiot de l’Iguane en 1977. Six ans plus tard, Bowie la reprend seul sur son album Let’s Dance en 1983. Le single se hisse à la deuxième place au Royaume-Uni, derrière Every breath you take de The Police.
Les premiers accords sont très évocateurs, tout comme les refrains. Un peu clichés aussi oui, n’ayons pas peur des mots. Sur cette ambiance, rendue un peu kitsch par les synthés et la batterie très eighties, Bowie pose sa voix si caractéristique, reconnaissable entre toutes.
Le cliché qui fait du bien.
Oeuvre de la semaine : la Grande vague de Kanagawa d’Hokusai
Restons dans la région, vers ces paysages où l’eau, la terre et l’air se mêlent. D’accord, Hokusai n’est pas chinois mais japonais. Mais bon, c’est comme ça. Imprévisible. Voici la Grande vague de Kanagawa, estampe datée de 1831.
Hokusai est un peintre, dessinateur, graveur et auteur d’écrits populaires qui est né en 1760 et mort en 1849. Son œuvre influença de nombreux artistes européens, comme Gauguin, Van Gogh et Claude Monet, mais aussi le mouvement artistique appelé japonisme. Ses estampes ont pu en effet voyager loin de sa terre natale et pénétrer les pays occidentaux.
C’est en 1831 que sort une de ses oeuvres les plus importantes, le recueil d’estampes des Trente-six vues du Mont Fuji, qui représentent cette montagne vue depuis différents lieux, à des saisons différentes. Ces oeuvres sont importantes, car elles témoignent de la connaissance des modes de représentation occidentaux. Le mont, situé à l’arrière-plan, n’est pas le sujet principal de l’oeuvre : c’est bien le rapport entre l’homme et la nature qui est étudié, même si parfois aucune figure n’est présente explicitement dans les paysages.
Son de la semaine : There She Goes Again par The Velvet Underground
Continuons notre petit tour dominical des classiques, avec aujourd’hui un groupe que tous les gens "cool" adorent juste parce qu’une de leur pochette a été conçue par Andy Warhol, n’ayant parfois que faire de la musique et se forçant à aimer Venus in Furs. Vous voyez de quel groupe je parle hein, il s’agit bien sûr du Velvet Underground. Voici leur morceau There She Goes Again.
The Velvet Underground est un groupe de rock américain qui voit le jour au milieu des années 1960. Composé de Lou Reed (guitare/chant), John Cale (piano/violon/chant), Maureen Tucker (batterie) et Sterling Morrison (guitare), le groupe se rapproche du milieu underground new-yorkais et de son pape Andy Warhol vers 1965, en se produisant souvent dans la célèbre Factory. Reed et ses potes font la connaissance de Nico (un mannequin allemand), et commencent l’enregistrement de leur album à la banane en 1966.
Le disque marche peu à l’époque. Néanmoins, son influence sera considérable quelques années après, si bien que Brian Eno aurait dit :« Le premier album des Velvet Underground n’a été vendu qu’à 10000 exemplaires, mais chacun de ceux qui l’ont acheté a fondé un groupe. » Quelques légendes naîtront à son sujet. Par exemple, la colle de l’autocollant serait mélangée à du LSD…
Hum hum…
Oeuvre de la semaine : Portrait d’Helena van der Schalcke par Gerard ter Borch
Peu de rapport évident entre une chanson parlant d’une femme fatale et le portrait de cette petite fille, certes. Mais regardons-la de plus près : voici le portrait d’Helena van der Schalcke par Gerard ter Borch, daté vers 1648 et conservé au Rijksmuseum à Amsterdam.
Ter Borch est un peintre hollandais du XVIIe siècle, qui est un des rares peintres connus à ne pas avoir vécu dans un grand centre artistique – même s’il entretenait des relations commerciales avec des villes comme Amsterdam ou Münster. Il travaille surtout à Deventer, mais voyage beaucoup aux Pays-Bas, en Angleterre, en France, et peint même le portrait de Philippe IV à Madrid.
C’est ainsi à Velasquez qu’il emprunte la formule du portrait en pied devant un fond neutre, sans décor, et sans détermination précise de la ligne de sol. Ter Borch exécute cette oeuvre alors qu’il réalise le portrait des parents de la fillette. Située au centre du tableau, Helena est comme une pyramide stable, assurée, qui acquiert de fait une solidité monumentale, alors que l’oeuvre mesure 34 par 28,5 cm. Son visage n’est pas celui d’une fillette : ses yeux, d’un noir profond, nous fixent intensément. Elle semble sûre d’elle-même, dans sa petite robe minutieusement décrite.
Son de la semaine : Live Those Days Tonight des Friendly Fires
Aujourd’hui, le Point C fête son premier anniversaire. Un an de travail acharné (oui oui), de rencontres, de surprises, et tout ça avec vous ! Alors il faut danser, célébrer ce jour l’esprit léger et coloré. Pour ce faire, écoutez Live Those Days Tonight de Friendly Fires.
Friendly Fires est un groupe britannique composé de Ed Macfarlane (chant), Jack Savidge et de Edd Gibson, qui a sorti son premier album en 2008. Après avoir joué un peu de post-hardcore sous un autre nom, le groupe s’est orienté vers des sons plus dance, plus pop, plus dansants, créant un "shoegazing de luxe".
Live Those Days Tonight est un morceau extrait de leur deuxième album Pala, sorti en 2011. Ce qui est cool dans ce titre, ce sont les différentes percussions, la voix claire du chanteur, les arpèges de guitare effrénés, tout cela sur des nappes de synthé aériennes à souhait. Le genre de morceau qui vous remplit un dancefloor.
Sexy !
Oeuvre de la semaine : Composition VII de Kandinsky
Restons dans les couleurs, et allons faire un tour du côté de l’abstraction avec l’un de ses grands maîtres, Vassily Kandinsky et sa Composition VII, datée de 1913 et conservée à Moscou.
Après des études de droit à Moscou, il part à Munich pour étudier l’art. C’est dans cette ville qu’il découvre Rembrandt et qu’il se fascine pour son usage de la lumière et des couleurs. L’artiste est aussi très influencé par la musique, et insuffle à son art un véritable mysticisme profondément lyrique.
Pour Kandinsky, une composition est une "expression particulièrement lente qui s’élabore en soi et qui est examinée et composée pendant longtemps". A cette époque, il exécute aussi des impressions et des improvisations. Cette oeuvre est une des oeuvres les plus importantes avant la 1ère Guerre Mondiale. Mesurant deux mètres sur trois, elle a été peinte en deux jours environ. Cette symphonie complexe brouille tout repère pour le spectateur. Les couleurs primaires jouent avec les non-couleurs, comme les notes avec les silences.
Son de la semaine : Killing In The Name par Rage Against The Machine
Ce soir, on remet les pendules à l’heure. C’est fini la musique de gentils. Nous, ce qu’on veut, c’est du gros son sur lequel on peut sauter (si si) et crier des paroles que l’on ne comprend pas. Voici la grosse claque de votre fin de weekend, Killing In The Name par Rage Against The Machine.
RATM (rien à voir avec un réseau de métro) est un groupe créé en 1990 à Los Angeles. Les deux fortes personnalités du groupe, Zack De La Rocha (chant ou cris) et Tom Morello (guitare) produisent, jusqu’à la dissolution du groupe en 2000 – avant qu’il ne se reforme en 2007 – un son mêlant métal, funk, hip-hop et punk.
Ce que l’on reconnait chez RATM, c’est les phrases de guitare bien lourdes (Wake Up, Bombtrack, et j’en passe), et le rap de De La Rocha, puissamment orienté vers les idées altermondialistes. Le groupe ne s’est pas privé d’appuyer certains mouvements de revendications sociales. Killing In The Name figure sur le premier album, intelligemment appelé Rage Against The Machine, qui révèle le groupe au public européen. La pochette est cette fameuse photo du bonze qui s’immole par le feu pour protester contre le régime sud-vietnamien.
Et BIM.
Oeuvre de la semaine : la Mort de Marat par David
Aujourd’hui, faisons un peu d’histoire, et revenons aux temps à la fois sombres et pleins d’espoir de la fin du XVIIIe siècle. Le peuple a fait tomber la tête de l’oppression monarchique et s’est érigé en législateur. la voix des tribuns s’est élevée au-dessus des foules et les a menées, parfois à leurs risques et périls. Tournons-nous vers la Mort de Marat, oeuvre de Jacques-Louis-David datée de 1793 et conservée à Bruxelles.
David, c’est un peu THE artiste de la période, le grand champion du courant néoclassique. Très intégré dans les hautes sphères, il devient très vite l’artiste le plus approché de son temps, qui seul peut traduire avec force et conviction les nouvelles idées politiques de l’époque. En 1792 Marat est nommé député de Paris à la Convention, peu après les massacres de septembre. Charlotte Corday, noble de Caen, voit en Marat le principal responsable de ces massacres révolutionnaires, et décide de l’assassiner, ce qu’elle fait en juillet 1793.
Ici, David compare le corps du député au corps du Christ, idéalisé et attirant fortement la lumière. En fait, il détourne l’iconographie chrétienne pour la mettre au service de l’idéologie républicaine d’exemplarité. Ce bel hommage mêle compassion et offense, et reste une des oeuvres de David les plus émouvantes, les plus réussies aussi. D’où les nombreuses versions !
Le point C : derrière ce jeu de mots tendancieux se cache un point de vue Culture, proposé par des étudiants de l’Ecole du Louvre, mais aussi des intervenants extérieurs. La Culture ça passe par les expositions parisiennes, les grands musées, mais aussi des expéditions hors de Paris et des approches différentes, des découvertes, des réflexions qu’on partage.
Pour nous contacter : redaction.lepointc-at-gmail.com