par Grégoire.
Ça y est, il fait froid. L’hiver nous gèle l’esprit, nous rend bougons. Nous préférons rester au chaud dans nos écharpes, nous plissons les yeux pour faire face à son souffle glacial et empêcher une larme solitaire de se cristalliser sur notre joue agressée et rougie.
Ainsi nous marchons, tête baissée, espérant atteindre le plus vite possible notre destination, pour ne pas souffrir ce froid pénétrant. Mains dans les poches, le pas assuré, nous devenons aveugles : l’hiver nous met des oeillères.
Mais nous ratons tellement de choses. S’il fait certes froid, le ciel n’en est pas moins beau. Depuis quelques jours, une lumière dorée caresse les bâtiments de Paris, leur donnant des allures de dunes de sable. Mais ça, à cause du terrible hiver, peu de gens le savent. Peu ont envie de regarder, et de profiter du spectacle en l’échange, peut-être hélas, d’une petite angine.
Je ne suis pas un prophète, non. Je ne cherche pas à vous dire que moi, je le sais. Mais certains l’ont compris, et me l’ont fait comprendre. C’est la raison pour laquelle je vous écris.
Ils ont compris qu’en ce moment, notre champ de vision est limité principalement au trottoir. Ainsi, à certains endroits, on pourra lire ceci :
Astucieux, non ? Il fallait y penser. Le béton, épiderme de la ville, nous parle, nous interpelle, et nous incite à lever la tête, à briser la glace qui entrave nos coeurs gercés. Petit à petit, on lève la tête, pour voir cela :
Ces expériences répétées nous restent en tête, nous réchauffent. Et un matin, c’est le coup de grâce. On ferme sa porte, emmitouflé sous de multiples épaisseurs, prêt à affronter le froid, plein du courage et de l’espoir véhiculés par tous ces petits messages, et on attend l’ascenseur. Il arrive, on monte, rien de plus normal. Mais c’est alors que les portes se ferment : en se dépliant, elles dévoilent un message :
Astucieux, je vous dis. Alors ça y est, on marche la tête haute, on profite de Paris en hiver, quitte à avoir le nez rouge. On s’en moque, il fait beau, on est bien.
Mieux vaut laisser parler les Beatles plutôt que de continuer cet épanchement pseudo-poético-lyrique.




(Les graff "Amour", c’est Jean-Luc Duez si ça intéresse certains.)
merci pour cette précision !
Et on peut également voir des graff "bouquets de fleurs" de toutes les couleurs sur le sol près de l’Hôtel de ville (et d’autres endroits de paris je crois). Bref : c’est doux.
chers amis, j’aime quand vous commentez ! je posterai d’autres photos
Et si par un heureux hasard quelqu’un connait le blase du type qui graffe des foetus sur les trottoirs, je prends.